Les articulations de la main comprennent : les articulations carpo-métacarpiennes, les articulations métacarpo-phalangiennes et les articulations phalangiennes.

­Articulations carpo-métacarpiennes

 

L'articulation du carpe avec le métacarpe comprend trois articulations distinctes : l'articulation commune aux trois métacarpiens moyens, deuxième, troisième, quatrième ; l'articulation carpo-métacarpienne du pouce, ou trapézo-métacarpienne ; l'articulation carpo-métacarpienne du petit doigt, ou unci-métacarpienne. Les articulations des métacarpiens extrêmes diffèrent des articulations des métacarpiens moyens, tant par leur constitution que par l'étendue de leurs mouvements.

 

Articulation commune aux trois métacarpiens moyens

 

Les trois métacarpiens moyens sont unis au carpe par une série d'articulations serrées que l'on classe d'ordinaire parmi les arthrodies, bien qu'elles se rapprochent plus, par la forme de leurs surfaces articulaires, des articulations par emboîtement réciproque. Ces articulations, communiquant entre cites, se succèdent en plans brisés et forment un interligne articulaire fort complexe.

 

Surfaces articulaires

 

Elles sont ainsi constituées de dehors en dedans :

 

La face interne du trapèze présente une petite facette rectangulaire qui s'unit a angle droit avec une facette semblable du trapézoïde, formant avec elle un angle dièdre dans lequel vient se loger l'apophyse externe du deuxième métacarpien.

 

La face inférieure du trapézoïde conformée en dos d'âne entre en contact, avec la selle creusée sur l'extrémité supérieure du deuxième métacarpien.

 

L'apophyse interne du deuxième métacarpien juxtaposée à l'apophyse externe du troisième vient se loger dans une rainure dont les parois sont formées par le trapézoïde et le grand os.

 

La face supérieure du troisième métacarpien entre en contact par une facette quadrangulaire avec la face inférieure du grand os.

 

La face inférieure de l'os crochu subdivisée en deux facettes s'articule avec la face supérieure des deux derniers métacarpiens. Il faut ajouter que l'apophyse externe du quatrième métacarpien s'articule aussi par son versant radial avec la face inférieure du grand os. Aucune de ces surfaces articulaires n'est parfaitement plane, toutes décrivent des courbes plus ou moins accentuées.

 

Considéré dans son ensemble et par la face dorsale, l'interligne carpo-métacarpien, assez simple dans sa partie interne, est surtout brisé dans sa partie externe par la pénétration dans le carpe de l'apophyse externe du deuxième métacarpien dans la première partie il décrit une courbe légère à concavité supérieure; dans la seconde il représente assez bien un M très aplati.

 

Moyens d'union

 

Les os de la seconde rangée du carpe sont unis aux trois métacarpiens moyens par une capsule qui s'insère sur le rebord cartilagineux des deux surfaces articulaires cette capsule est renforcée par des ligaments palmaires, dorsaux et interosseux.

 
Ligaments palmaires
 

Les ligaments qui unissent en avant les os de la deuxième rangée du carpe aux trois métacarpiens moyens affectent la disposition suivante.

 

De la face palmaire du trapèze et non de la crête de cet os, part un faisceau large et puissant qui se dirige vers l'axe de la main et va s'insérer au deuxième et surtout au troisième métacarpien.

 

Un autre faisceau plus petit naît du trapézoïde et se rend au troisième métacarpien.

 

Du grand os se détachent trois faisceaux qui vont aux, deuxième, troisième et quatrième métacarpiens ces faisceaux, courts et profonds, sont beaucoup moins forts que les précédents.

 

De la base de l'apophyse unciforme de l'os crochu se détachent quelques faisceaux qui descendent très obliquement vers le troisième et le quatrième métacarpien. Ces faisceaux sont assez faibles étant suppléés par le ligament pisi-métacarpien.

 

Il convient d'ajouter comme moyens d'union carpo-métacarpiens en dedans, le tendon bifurqué du grand palmaire qui va s'insérer par son tendon principal au deuxième métacarpien et par une expansion au troisième ; en dehors, le ligament pisi-métacarpien, dont j'ai déjà parlé, qui descend verticalement et se réfléchit sur l'apophyse unciforme pour aller se fixer par ses trois branches aux troisième, quatrième et cinquième métacarpiens; le ligament pisi-métacarpien est recouvert par le faisceau qui va de l'os crochu au cinquième métacarpien.

 
Ligaments dorsaux
 

Courts et résistants, ils prennent insertion très près des surfaces articulaires et s'étendent plus ou moins obliquement des os de la deuxième rangée du carpe à la base des quatre derniers métacarpiens.

 

Le deuxième métacarpien est uni par de petits ligaments au trapèze et au trapézoïde.

 

Le troisième métacarpien est uni au carpe par deux ligaments qui se détachent de son apophyse et divergent vers le trapézoïde et le grand os un autre ligament unit encore son extrémité supérieure au grand os. Ces ligaments sont recouverts par les tendons des deux radiaux.

 

Le quatrième métacarpien est uni au grand os et à l'os crochu par un ligament en V.

 
Ligament interosseux
 

Le ligament interosseux situé entre le grand os, l'os crochu et le troisième métacarpien est, dit-on, une dépendance du ligament interosseux qui unit le grand os à l'os crochu; ce n'est pas ainsi que les dissections le montrent.

 

Ce ligament est constitué par deux faisceaux qui s'insèrent à la face interne du grand os et à la face externe de l'os crochu, au-dessous du ligament interosseux qui unit ces deux os. De cette origine le ligament se porte directement en bas, se dégage de L'Interligne des deux os sous la forme d'un cordon fibreux, et traverse l'interligne articulaire pour s'engager dans l'intervalle des troisième et quatrième métacarpiens; la, il chemine dans le canal osseux que ménagent, en se juxtaposant, les quatre facettes adjacentes des deux os, et s'insère enfin sur la face externe de la base du troisième métacarpien.

 

Ayant pris à cœur d'élucider ce point trop négligé d'anatomie, j'en ai fait disséquer un certain nombre par M. Friteau au cours de nos dissections, nous avons observé fréquemment qu'une des branches du ligament contourne par un trajet curviligne la facette du troisième métacarpien.

 

Synoviale

 

La synoviale revêt la face interne de la capsule fibreuse on la voit presque à nu entre les ligaments qui unissent les divers os elle communique, entre le grand os et le trapézoïde, avec la synoviale médio-carpienne.

 

Les trois interlignes des os de la deuxième rangée carpienne, et les trois interlignes des quatre derniers métacarpiens forment autant de fentes s'ouvrant dans l'articulation carpo-métacarpienne, dont la cavité se prolonge entre ces différents os, jusqu'au niveau des ligaments interosseux qui les unissent.

 

Rapports

 

Les articulations carpo-métacarpiennes moyennes sont en rapport en avant avec le contenu de la grande gouttière carpienne, en arrière avec les tendons extenseurs.

 

Mouvements

 

C'est pour avoir rangé parmi les arthrodies les articulations carpo-métacarpiennes moyennes que l'on s'est accordé, chez nous du moins, à enseigner que ces articulations ne jouissaient que de mouvements de glissement peu étendus. Or, elles se rapprochent toutes, plus ou moins, de l'articulation par emboîtement réciproque. Les mouvements principaux que l'on y constate sont des mouvements de flexion et d'extension.

 

Ces mouvements sont beaucoup plus étendus que ne le pourrait faire croire l'examen du cadavre, sur lequel les articulations apparaissent si serrées ils sont particulièrement étendus sur le quatrième métacarpien; le médius est moins mobile l'index est presque immobile. On constate aussi des mouvements de latéralité qui permettent le rapprochement des deux métacarpiens voisins.

 

La combinaison des mouvements de flexion avec ceux de latéralité permet le mouvement dans lequel les métacarpiens extrêmes se portent en avant et en dedans; la paume de la main s'excave, ses bords se relèvent, ainsi qu'il arrive lorsque nous voulons puiser de l'eau dans cette coupe que Morris appelle la coupe de Diogène.

 

Varia.

 

A. De la crête du trapèze partent seulement, quoi qu'on en ait dit, des faisceaux fibreux appartenant a la gaine du grand palmaire ils ne peuvent être comparés comme force au puissant ligament qui va de la face palmaire du trapèze aux deuxième et troisième métacarpiens en passant sous le tendon du grand palmaire.

 

B. Le ligament interosseux unissant l'os crochu et le grand os au troisième métacarpien, ne doit pas être confondu avec une cloison celluleuse qui, de l'intervalle des grand os et os crochu, descend sur la base du quatrième métacarpien, subdivisant cette base en deux facettes cartilagineuses dont l'interne, de beaucoup la plus grande, s'articule avec l'os crochu.

 

Cette cloison celluleuse contient quelques fibres ligamenteuses qui laissent la trace de leur insertion sur la base du quatrième métacarpien. Beaucoup d'auteurs ont confondu cloison et ligament. Un repli de la synoviale tapisse les deux faces de cette cloison cellulo-fibreuse et enveloppe en même temps le ligament interosseux en V. Les auteurs qui parlent du ligament interosseux sans l'avoir vu ne lui accordent d'autre importance que de cloisonner la grande articulation carpo-métacarpienne, il n'en est rien le ligament existe bien avec la forme et les dispositions que je lui ai décrites.

 

Ce ligament en V a été fort bien décrit par Weitbrecht (Syndesmologia, 1742, sectio secunda, ligamenta artuum superiorum, page 71) « soluto ac remoto osse metacarpi annularis, ad latus capituli ossis metacarpi medii internum, egregium ligamentum rectum perpendiculare conspicitur satis tenax et nonnunquam duplicatum etc. ».

 

C. La cloison cellulo-fibreuse, dont j'ai parlé dans la remarque précédente, est très rarement complète, comme on l'admet généralement ; a ce niveau, la synoviale présente une frange rougeâtre qui va et vient dans les mouvements.

 

Depuis il n'en a plus été question si ce n'est dans le remarquable traité de Sappey; les autres le mentionnent comme une cloison cellulaire négligeable; d'aucuns représentent à sa place un ligament intermétacarpien transversal.

 

Articulation carpo-métacarpienne du pouce (Articulation métacarpienne).

 

C'est une articulation par emboîtement réciproque, complètement isolée des autres articulations carpo-métacarpiennes et remarquable par l'étendue de ses mouvements.

 

Surfaces articulaires

 

La facette inférieure du trapèze, quadrilatère, allongée transversalement, regarde en bas, en dehors et un peu en avant; elle présente une convexité antéropostérieure très prononcée, et une concavité transversale beaucoup moindre.

 

La facette du premier métacarpien revêt la forme d'un triangle à base postérieure, dont les angles sont très arrondis elle présente une convexité transversale, notablement plus prononcée que la concavité transversale de la facette trapézienne ; tandis que sa concavité antéropostérieure parait appartenir à une courbe de même rayon que la convexité antéropostérieure de la facette du trapèze. La facette métacarpienne est beaucoup plus étendue que celle du trapèze sur laquelle elle se meut.

 

Chaque surface articulaire est revêtue de cartilage hyalin.

 

Moyens d'union

 

Un ligament capsulaire s'étend du pourtour de la facette trapézienne au pourtour de la facette métacarpienne. On ne décrit point de faisceaux de renforcement à cette capsule; seuls, Morel et Mathias Duval disent qu'elle est plus forte aux parties antérieure et postérieure qu'aux parties latérales.

 

Il existe cependant un ligament postéro-externe très fort et très long il va du tubercule de la face postérieure du trapèze au tubercule médian de la J'ace dorsale du métacarpien c'est lui qui limite le mouvement d'opposition du pouce. En dedans de ce ligament, la capsule très amincie est doublée par les tendons extenseurs.

 

La capsule est encore renforcée en avant par quelques fibres allant de la face antérieure du trapèze au tubercule médian de la face antérieure du métacarpien ; ce ligament antérieur se tend quand le pouce est porté en extension.

 

La partie interne de la capsule présente aussi quelques fibres de renforcement. En dehors, la capsule est mince, étant suppléée parte tendon du long abducteur du pouce ce tendon est séparé du ligament postéro-externe par une petite bourse séreuse qui communique quelquefois avec la synoviale articulaire.

 

Synoviale

 

La synoviale qui double la capsule est lâche elle présente quelques franges au niveau de l'interligne articulaire.

 

Rapports

 

L'articulation trapézo-métacarpienne est recouverte en avant par les insertions des muscles thénariens en arrière, par les tendons extenseurs du pouce en dehors, par le tendon du long abducteur; en dedans, elle est en rapport avec l'insertion du premier interosseux dorsal et l'artère radiale qui traverse la base du premier espace interosseux pour gagner la paume de la main.

 

Mouvements

 

Le premier métacarpien est de tous le plus mobile, Il peut se porter en dehors (abduction) et en dedans (adduction).

 

Le mouvement d'adduction, qui le rapproche du deuxième métacarpien est plus étendu que le mouvement d'abduction un muscle puissant, l'adducteur du pouce, y préside au cours do ce mouvement, le premier espace interosseux devient plus étroit et les muscles qui le remplissent viennent faire saillie à la face dorsale et à la paume de la main au contraire, l'abduction agrandit le premier espace interosseux.

 

Le pouce peut encore se porter vers la paume de la main (flexion), ou en sens opposé (extension). A première vue, la flexion parait très étendue il n'en est rien si l'on considère ce qui se passe uniquement dans l'articulation trapézo-métacarpienne, En effet, la flexion ayant pour siège cette articulation, est assez vite limitée par la rencontre du tubercule antérieur du métacarpien avec la crête du trapèze; la flexion du pouce s'achève par un mouvement additionnel se passant dans l'énarthrose scapho-trapézienne.

 

La flexion combinée avec l'adduction constitue le mouvement d'opposition.

 

La circumduction est le résultat de la succession de tous ces mouvements.

 

Articulation carpo-métacarpienne du cinquième doigt

 

L'articulation du cinquième métacarpien avec la facette interne de la face inférieure de l'os crochu, trop souvent confondue dans une description commune avec les autres, doit être mise à part elle présente de grandes analogies avec l'articulation carpo-métacarpienne du pouce. Comme celle-ci c'est une articulation par emboîtement réciproque.

 

Surfaces articulaires. A la convexité frontale de la facette de l'os crochu répond une concavité frontale du cinquième métacarpien tandis qu'à la concavité sagittale de l'os crochu le métacarpien oppose une convexité sagittale.

 

Moyens d'union

 

La capsule fibreuse de cette articulation est renforcée en dedans par un ligament partant de la face postérieure de l'os crochu pour gagner le tubercule interne du métacarpien. Le ligament pisi-métacarpien lui tient lieu de renforcement antérieur. En dehors, l'articulation communique largement avec l'articulation carpo-métacarpienne commune aux trois métacarpiens moyens.

 

Synoviale. Elle est commune avec la grande synoviale carpo-métacarpienne.

 

Rapports

 

L'articulation unci-métacarpienne est recouverte en avant parles muscles hypothénariens, en arrière par le tendon du cubital postérieur.

 

Mouvements

 

Le cinquième métacarpien est, après celui du pouce, le plus mobile. Tandis que les métacarpiens moyens ont des mouvements de flexion et d'extension très limités, le cinquième peut se mouvoir dans tous les sens, sauf en dehors où ses mouvements sont limités par le contact avec le quatrième. Mais la flexion, l'extension, l'adduction et la circumduction ont une assez grande étendue.

 

Connexions des métacarpiens entre eux

 

Les métacarpiens s'articulent entre eux par leurs bases; leurs extrémités antérieures ou tètes sont unies à distance par des ligaments qui empêchent leur écartement ces ligaments seront décrits avec les articulations métacarpo-phalangiennes.

 

Articulations des extrémités carpiennes

 

Les bases des quatre derniers métacarpiens entrent en contact par des surfaces articulaires de forme et d'étendue variables. La ou les facettes par lesquelles les faces latérales des bases métacarpiennes s'articulent ont été décrites en détail. Le cartilage d'encroûtement qui les revêt est continu avec le cartilage qui revêt les facettes carpiennes.

 

Des ligaments dorsaux, palmaires et interosseux s'ajoutent comme moyens d'union à une capsule fibreuse allant du pourtour d'une surface articulaire au pourtour de l'autre.

 

Les ligaments interosseux au nombre de trois, sont très courts et très résistants.

 

Les ligaments dorsaux vont transversalement de la face dorsale des, deuxième, troisième et quatrième métacarpiens à la face dorsale des, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens.

 

Les ligaments palmaires sont formés de trois petites bandelettes, allant de la face antérieure d'un métacarpien à celle du métacarpien voisin; l'un unit le deuxième au troisième l'autre unit le troisième au quatrième, le dernier s'étend entre le quatrième et le cinquième. L'interligne des 4ème et 5ème, celui du 3ème et du 4ème sont dans des plans droits celui du 3ème et du second est dans un plan curviligne a concavité externe.

 

Chaque articulation métacarpienne possède une petite synoviale prolongement de la grande synoviale carpo-métacarpienne ce prolongement descend jusqu'au ligament interosseux.

 

Articulations métacarpo-phalangiennes

 

Ces articulations appartiennent au genre des énarthroses.

 

Surfaces articulaires

 

Chaque métacarpien offre une tête en segment de sphéroïde, très aplatie sur les côtés; la surface articulaire est en forme de condyle à grand axe sagittal s'élargissant de la face dorsale vers la face palmaire, sur laquelle elle se prolonge davantage et où elle se termine par deux tubercules. De chaque côté cette tête aplatie offre un tubercule très saillant et au-dessous et en avant de celui-ci la large empreinte d'insertion des ligaments latéraux.

 

Du côté des phalanges, on trouve une cavité glénoïde, peu profonde, à contour ovalaire, à grand axe transversal de chaque côté de celle-ci et vers la face primaire, un gros tubercule qui marque l'insertion du ligament latéral.

 

En regardant de profil une tète de métacarpien on constate assez souvent qu'elle est décomposée en deux champs articulaires l'un, qui répond à la cavité glénoïde de la phalange; l'autre à la portion glénoïdienne de la capsule. Cette conformation est parfois très accentuée, et l'arête qui sépare les deux territoires articulaires est très sensible. Le fait est intéressant pour la pathogénie de l'affection connue sous le nom de doigt à ressort.

 

Fibrocartilage

 

Un fibrocartilage, décrit par Bichat et ses successeurs sous le nom de ligament antérieur, agrandit en bas et en avant la cavité de la phalange. Ce fibrocartilage, en forme de croissant, circonscrit la partie palmaire de la cavité glénoïde ; il s'insère sur les côtés de celle-ci par deux trousseaux fibreux très nets. En avant, il répond au bord palmaire de la glène, mais en reste séparé par un sillon profond dans lequel la synoviale envoie un prolongement.

 

Par sa face concave, il répond à la cavité articulaire par sa face convexe, II répond à la gaine des tendons fléchisseurs et se fusionne de la manière la plus intime avec elle. Sappey considère ce ligament antérieur comme un fibrocartilage glénoïdien.

 

On peut concilier les opinions de Bichat et de Sappey en effet, s'il existe des fibres allant en anse d'un bord à l'autre de la cavité glénoïde, il en est d'autres, les plus externes, qui vont de la glène, à la tête métacarpienne; quelques-unes s'entrecroisent en X sur la ligne médiane et vont se joindre au ligament latéral du côté opposé.

 

Moyens d'union

 

La capsule des articulations métacarpo-phalangiennes est lâche ses insertions, à la face dorsale, se font tout près du pourtour cartilagineux des surfaces articulaires à la face palmaire, elles se font à distance du revêtement, surtout sur le métacarpien sur les côtés, la ligne d'insertion s'arrête à l'empreinte des ligaments latéraux, c'est-à-dire à une notable distance du revêtement cartilagineux.

 

La capsule présente latéralement des faisceaux de renforcement dits ligaments latéraux ; elle est doublée en avant par les tendons fléchisseurs et leur gaine, en arrière par les tendons extenseurs.

 

Les ligaments latéraux, larges, épais et résistants, s'insèrent sur l'empreinte qui creuse latéralement les têtes métacarpiennes et sur le tubercule qui surplombe cette empreinte, vers la face dorsale du métacarpien. Cette insertion extrêmement large et forte, empiète notablement sur la face dorsale du métacarpien à l'index et au médius. De cette insertion supérieure les ligaments latéraux descendent obliquement d'arrière en avant et de haut en bas pour se terminer sur le tubercule latéro-palmaire de la première phalange.

 

De la même facette métacarpienne naissent des faisceaux d'abord obliques puis horizontaux qui viennent s'entrecroiser avec ceux du côté opposé au niveau de la partie antérieure de la capsule quelques-uns se fixent sur l'appareil glénoïdien d'autres, les plus élevés, se continuent manifestement avec ceux du côté opposé et forment une sorte de jugulaire qui enserre étroitement la partie antérieure de la tête métacarpienne. Cette partie de l'appareil fibreux est décrite d'ordinaire sous le nom de faisceau glénoïdien des ligaments latéraux.

 

Ainsi renforcée au niveau de sa partie antérieure par le ligament glénoïdien et par le ligament transverse inter-métacarpien palmaire, la capsule acquiert une grande épaisseur. Assez souvent des os sésamoïdes se développent dans son épaisseur du côté palmaire ceux de l'index et du petit doigt peuvent être regardés comme constants il y en a toujours deux à l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce. Ces os sésamoïdes développés dans l'épaisseur de la capsule du côté palmaire ont une face articulaire revêtue de cartilage hyalin.

 

En arrière, une lame épaisse, assez facile à séparer de la paroi capsulaire, et résultant de l'épaississement de la mince aponévrose qui recouvre les interosseux dorsaux, vient renforcer encore la capsule. Cette lame est distincte du tendon épanoui de l'extenseur, dont elle est parfois séparée par une bourse séreuse, jusqu'au point où elle descend se fixer sur la base de la première phalange.

 

Au niveau de l'espace interosseux, l'aponévrose dorsale se sépare en deux feuillets; l'un, prolongeant le revêtement aponévrotique des Interosseux, va d'un métacarpien au métacarpien voisin, formant ainsi un mince ligament inter-métacarpien dorsal l'autre descend sur les côtés de l'articulation métacarpo-phalangienne, sans contracter d'adhérences avec la capsule pour aller rejoindre l'aponévrose palmaire profonde des interosseux, devenue, à ce niveau, ligament transverse inter-métacarpien palmaire. Les deux feuillets d'union des aponévroses palmaire et dorsale qui descendent dans un espace interosseux, limitent un canal dans lequel passent [es muscles interosseux, séparés eux-mêmes par une mince couche celluleuse.

 

En avant, la capsule est encore renforcée par l'aponévrose palmaire profonde, ou aponévrose des muscles interosseux. Au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, cette aponévrose est renforcée par un grand nombre de fibres transversales, décrites sous le nom de ligament transverse inter-métacarpien.

 

Ce ligament va du deuxième au cinquième métacarpien en passant sur la face antérieure des têtes métacarpiennes intermédiaires; il s'unit intimement à la capsule par sa face postérieure, tandis que sa face antérieure, excavée en gouttière, fait partie de la gaine des tendons fléchisseurs. Au niveau des espaces interosseux, le ligament transverse inter-métacarpien forme un trait d'union entre deux métacarpiens voisins; il reçoit là les expansions latérales venues de l'aponévrose interosseuse dorsale. Les rapports du ligament inter-métacarpien avec les aponévroses palmaires ont été décrits dans un récent travail de Legueu et Juvara (Société anatomique, 1892).

 

Synoviale

 

Chacune des articulations métacarpo-phalangiennes possède une synoviale, très lâche, surtout vers la face dorsale.

 

Articulation métacarpo-phalangienne du pouce

 

Semblable aux précédentes dans ses traits généraux, elle en diffère cependant par quelques détails.

 

La surface articulaire du métacarpien est en forme de trapèze à angles arrondis, dont la petite base est dorsale et la grande palmaire (Farabeuf). Ses tubercules palmaires, très prononcés, sont devenus des condyles, séparés par une échancrure intercondylienne chacun de ces tubercules est aplati par une facette répondant à un os sésamoïde. De cet aplatissement des tubercules résulte une sorte de crête mousse, divisant plus ou moins nettement la surface articulaire en deux territoires ou champs un champ phalangien qui répond à la cavité glénoïde de la phalange, et un champ sésamoïdien répondant à la partie sésamoïdienne de la capsule. La décomposition de la tête phalangienne en deux champs se voit mieux en regardant le métacarpien de profil elle n'est pas constante.

 

Dans la partie antérieure de la capsule, on trouve constamment deux os sésamoïdes l'externe est plus large et excavé Gillette l'a qualifié scaphoïde ; l'interne, plus épais, est pisiforme.

 

L'appareil ligamenteux présente ceci de particulier, qu'en raison de la présence et du volume des os sésamoïdes, les fibres latérales, que nous avons nommées faisceaux glénoïdiens de l'appareil latéral, sont devenues un véritable ligament, le ligament métacarpo-sésamoïdien. De telle sorte que l'on trouve sur chaque côté de l'articulation deux ligaments nettement dessinés, un ligament métacarpo-phalangien et un ligament métacarpo-sésamoïdien. Weitbrecht a parfaitement décrit ces divers ligaments.

 

Farabeuf, qui a minutieusement étudié cet appareil ligamenteux pour en déduire la cause vraie de l'irréductibilité de certaines luxations du pouce, a montré que ces ligaments étalent plus résistants en dedans qu'en dehors. Il va sans dire cependant que les os sésamoïdes, logés dans l'épaisseur du ligament glénoïdien, qui est solidement fixé à la phalange, doivent être considérés comme inséparables de la phalange qu'ils accompagnent dans tous ses déplacements.

 

Rapports

 

Les articulations métacarpo-phalangiennes sont en rapport en avant avec les tendons fléchisseurs et leur gaine en arrière avec les tendons extenseurs, sur les côtés avec les muscles interosseux et lombricaux qui glissent sur la capsule par l'intermédiaire d'un organe séreux plus ou moins développé.

 

Elles reçoivent leurs artères des collatérales des doigts et des branches descendantes de l'arcade palmaire profonde. Leurs nerfs sont fournis par les collatéraux des doigts et les nerfs des muscles interosseux.

 

Mouvements

 

Les doigts se fléchissent et s'étendent sur les métacarpiens; ils ont aussi des mouvements d'inclinaison radiale et d'inclinaison cubitale très prononces. Par la succession et la combinaison de ces mouvements le doigt peut décrire un mouvement étendu de circumduction. Enfin on observe encore dans les articulations métacarpo-phalangiennes des mouvements de rotation.

 

Tous ces mouvements, à l'exception du dernier, ont une grande amplitude, en rapport avec la laxité de la capsule.

 

Les mouvements de flexion et d'extension sont les plus étendus. Dans la flexion, les phalanges glissent d'arrière en avant sur la tête du métacarpien correspondant elles parcourent ainsi un arc de 90 degrés environ et deviennent perpendiculaires aux métacarpiens, abandonnant la plus grande partie de la surface articulaire du métacarpien qui se trouve presque complètement recouverte par le tendon des extenseurs. Pour le pouce, le mouvement de flexion est moindre et ne dépasse guère 70 degrés.

 

Dans le mouvement de flexion, les ligaments latéraux se tendent fortement dans leur faisceau phalangien, tandis que le faisceau glénoïdien se relâche. Cette tension des ligaments latéraux dans la flexion rend impossibles les mouvements d'inclinaison latérale et de rotation. J'ai fait remarquer que la tension maximum de ces ligaments ne répond pas à la fin de la flexion, mais au moment où la phalange passe sur la crête qui sépare la tête métacarpienne en deux territoires articulaires. Quand les surfaces articulaires sont déformées, ou lorsque l'appareil ligamenteux est plus serre qu'à l' ordinaire, le passage de la phalange sur la crête est marqué par un temps d'arrêt suivi d'une brusque reprise da mouvement c'est là le phénomène dit du doigt à ressort. On attribuait autrefois le mouvement- de ressort à l'accrochement d'une nodosité développée sur un tendon fléchisseur je crois avoir démontra (P. Poirier, le doigt à. ressort. Arch. gén. de médecine, août-septembre 1889) que la cause de ce phénomène doit être cherchée dans la configuration même des surfaces articulaires, et que le doigt à ressort n'est pour ainsi dire que l'exagération d'un phénomène physiologique.

 

Dans l'extension normale, c'est-à-dire lorsque la phalange continue en ligne directe Faxe du métacarpien, les ligaments latéraux sont allongés, mais nullement tendus cela est si vrai que, si l'on vient alors à exercer une forte traction sur la phalange, sa face articulaire abandonne celle du métacarpien et s'en éloigne de quelques millimètres. On entend alors un bruit de claquement sec et la pression atmosphérique déprime les tissus dans le sillon qui sépare les surfaces articulaires. Il est évident que ce mouvement ne pourrait se produire si les ligaments latéraux avaient été tendus, comme on le dit, dans l'un ou l'autre de leurs faisceaux. Cependant, il ne faudrait pas croire que l'écart obtenu entre les deux surfaces résulte du seul relâchement des ligaments dans l'extension il y faut joindre un déplacement de la totalité de la phalange, qui porte celle-ci sur un plan postérieur à celui qu'elle occupait primitivement, tandis que le métacarpien est attiré sur un plan antérieur ; faites craquer par décollement vos articulations métacarpo-phalangiennes et vous assisterez à ce déplacement de la phalange. En exagérant ce mouvement d'extension, on peut voir les surfaces articulaires se séparer en bâillant par la face glénoïdienne nombre d'individus obtiennent ainsi et très facilement, en forçant un peu l'extension, le bruit ou claquement sec qui accompagne la séparation des surfaces articulaires.

 

Articulations phalangiennes

 

Ce sont des articulations trochléennes.

 

Surfaces articulaires

 

L'extrémité inférieure des premières et des secondes phalanges, aplatie d'avant en arrière, présente une gorge trochléenne unissant deux emmenées ou condyles. La surface articulaire va en s'élargissant de la face dorsale à la face palmaire et la trochlée, à peu près demi-circulaire, s'étend plus vers la face palmaire que vers la face dorsale.

 

Sur les côtés, l'extrémité inférieure des premières et des secondes phalanges présente une empreinte d'insertion, analogue à celle que nous avons relevée sur les parties latérales des têtes métacarpiennes et répondant comme celle-ci à l'insertion des ligaments latéraux (V. Jarjavay, Archiv. de Méd., 1849).

 

L'extrémité supérieure des deux dernières phalanges également aplatie d'avant en arrière offre une surface articulaire formée de deux cavités glénoïdes séparées par une crête mousse, antéropostérieure, répondant à la gorge trochléenne. Ces deux surfaces articulaires ont toutes les deux leur grand axe transversal leurs dimensions dans ce sens sont sensiblement égales. Par contre le diamètre antéropostérieur de la surface trochléenne est notablement plus grand que celui de la surface opposée; ainsi, dans l'extension, toute la portion palmaire des condyles entre en rapport avec le ligament capsulaire.

 

Moyens d'union

 

Ils présentent la plus grande analogie avec ceux des articulations métacarpo-phalangiennes. La capsule fibreuse mince en arrière où elle est en quelque sorte suppléée par le tendon extenseur dont les languettes terminales viennent s'insérer à l'extrémité supérieure des deux dernières phalanges, se montre forte et épaisse en avant; là elle présente un appareil glénoïdien qui sert à la fois de moyen d'union et de nbro-cartila.ge prolongeant le bord palmaire de la facette supérieure des seconde et troisième phalanges, et prenant part à la formation de la gaine des tendons fléchisseurs.

 

Les ligaments latéraux présentent les mêmes dispositions que les ligaments latéraux des articulations métacarpo-phalangiennes. Là encore, des expansions venues des côtés du tendon extenseur descendent suries parties latérales de l'articulation et vont rejoindre la gaine du tendon fléchisseur. Jarjavay (loc. cit.) a bien étudié ces connexions de l'appareil ligamenteux avec les tendons.

 

Signalons la présence assez fréquente d'un os sésamoïde dans l'épaisseur du ligament glénoïdien de l'articulation des deux phalanges du pouce, et de l'articulation phalango-phalangienne de l'index.

 

Synoviale

 

Il faut remarquer que sur la phalange supérieure les insertions de la capsule remontent très haut à la face palmaire en ce point, la synoviale qui va du pourtour d'un revêtement cartilagineux au pourtour de la surface cartilagineuse opposée, forme un cul-de-sac.

 

Mouvements

 

Les mouvements de flexion et d'extension sont tout à fait semblables à ceux dos articulations métacarpo-phalangiennes. Les mouvements de latéralité existent également, mais très limités, car ces articulations sont beaucoup plus serrées que les précédentes.­

­D'après Traité d'anatomie humaine P. Poirier.

­

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion