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 Les articlulations tarsiennes font parties des articulation du pied avec les articulations tarso-métatarsiennes, métatarsiennes, métatarso-phalangiennes et phalangiennes.

 

Articulations du tarse postérieur ou astragalo-calcanéennes (articulations sous-astragalienne)

L'astragale et le calcanéum s'articulent par quatre facettes articulaires qui, opposées deux à deux, forment deux articulations distinctes, séparées par un canal osseux, le sinus du tarse (voir ostéologie du tarse et du calcanéum). De ces deux articulations, l'une est postérieure, articulation astragalo-calcanéenne postérieure ; l'autre est antérieure, et sa cavité continue en arrière, par ses surfaces articulaires, l'articulation astragalo-scaphoïdienne.

Articulation astragalo-calcanéenne postérieure

On la range généralement parmi les arthrodies; cependant ses surfaces articulaires en segment de cylindre la rapprochent davantage des trochoïdes.

Surfaces articulaires

La face inferieure de l'astragale présente, dans sa partie postéro-externe, une large facette articulaire, limitée en avant par la gouttière astragalienne. Cette facette articulaire offre des formes et des dimensions très variables, au milieu desquelles on peut cependant trouver un type plus constant ; elle est, en général, de contour ovalaire, a grand axe transversal; elle représente assez bien un segment de cylindre creux, d'un rayon d'environ 3 cm, dont l'axe traverseral, très obliquement le calcanéum d'arrière en avant et de dehors en dedans, croisant l'axe antéro-postérieur du pied suivant un angle qui varie de 25 à 30°. Comme le pied est normalement dévié en dehors, l'axe du cylindro astragalien est à peu près antéro-postérieur. La concavité de la facette regarde en bas et un peu en arrière.

La face supérieure du calcanéum présente dans sa partie moyenne, en arrière de la gouttière calcanéenne, une large facette articulaire c'est un segment de cylindre plein, qui vient se loger dans le segment de cylindre creux astragalien ; de contour en général assez irrégulier, la facette postéro-externe du calcanéum a une forme analogue à celle de la facette astragalienne. La convexité, opposée à la concavité de la facette astragalienne, regarde en haut et un peu en avant.

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Un cartilage d'encroûtement, épais d'environ 2 mm recouvre ces surfaces articulaires.

 

Moyens d’union

Une capsule, très mince, unit tes deux os elle s'insère immédiatement sur le bord du cartilage d'encroûtement, excepté en arrière et en dehors, où son insertion descend sur le calcanéum à près d'un centimètre au-delà du bord cartilagineux. Elle présente trois renforcements ou ligaments, de développement variable.

Le ligament astragralo-calcanéen externe, faible en général, est formé par quelques faisceaux descendant obliquement, de l'astragale vers le calcanéum il est situé au-dessous et un peu en ayant du ligament péroneo-calcanéen de l'articulation tibio-tarsienne sur lequel se fixent quelques-unes de ses fibres.

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Le ligament astragralo-calcanéen postérieur, plus fort que le précédent:, s'insère sur l'astragale au bord inférieur et au tubercule externe de ta gouttera du long fléchisseur du gros orteil, et descend vers le calcanéum sur lequel il se fixe à 5 ou 6 mm du rebord cartilagineux-, à l'union des faces supérieure et interne de l'os.

Le ligament astragalo-calcanéen interosseux, commun aux deux articulations astragalo-calcanéennes, extrêmement fort, occupe le sinus du tarse. Il se compose de trousseaux fibreux, aplatis, réunis en lamelles que sépare du tissu adipeux; ses faisceaux se détachent du fond de la gouttière calcanéenne, et montent, les uns verticaux, les autres obliques, vers le fond de la gouttière astragalienne.

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On peut reconnaître au ligament interosseux deux couches et le comparer à une double haie fibreuse, dont chaque feuillet confine à chacune des deux articulations astragalo-calcanéennes.

Les fibres qui répondent à la partie interne du sinus tarsien sont plus courtes que celles qui répondent à la partie externe. En effet, au niveau de l'excavation calcanéo-astragalienne, embouchure du sinus, les deux couches du ligament interosseux, nettement séparées, forment deux gros trousseaux montant de la face supérieure de la grande apophyse du calcanéum vers les faces inférieure et externe du col astragalien. Le faisceau postérieur, comme la haie postérieure, appartient à l'articulation astragalo-calcanéenne postérieure dont il forme le ligament antérieur le faisceau antérieur, continuation plus ou moins directe de la haie antérieure, appartient à l'articulation astragalo-calcanéenne antérieure, dont il renforce la partie postérieure et externe.

On rencontre assez souvent entre les deux feuillets du ligament interosseux astragalo-calcanéen une petite bourse séreuse.

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Synoviale

La synoviale déborde en dehors et en arrière l'interligne articulaire, formant à ce niveau un gros cul-de-sac qui communique parfois avec le cul-de-sac postérieur de l'articulation tibio-tarsienne.

Vaisseaux et nerfs

Les artères sont fournies 1- par une branche de la tibiale postérieure qui pénètre dans le sinus tarsien; 2- par une branche de la dorsale du tarse; 3- par des rameaux de la malléolaire externe et de la péronière. Les nerfs sont fournis par le tibial postérieur ou une de ses branches de bifurcation.

Varia

A. Les deux faisceaux externes du ligament interosseux astragalo-calcanéen, visibles dans l'excavation calcanéo-astragalienne, ont été décrits comme ligaments distincts des ligaments interosseux par nombre d'auteurs, Krause, Henle, etc. Il serait préférable de les rattacher à ce ligament avec les feuillets duquel ils sont souvent en continuité.

Articulation astragalo-calcanéenne antérieure

Les surfaces articulaires de l'articulation astragalo-calcanéenne antérieure, tant du côté du calcanéum que du côté de l'astragale, sont continues avec celles de l'articulation astragalo-scaphoïdienne. La séparation de ces deux articulations est donc tout à fait artificielle. En effet, l'articulation astragalo-calcanéenne antérieure, fermée en arrière et sur les côtés, s'ouvre largement en avant dans l'articulation astragalo-scaplioïdienne avec laquelle elle forme une seule artioutation, aussi bien au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique.

Surfaces articulaire

Du côté de l'astragale, nous trouvons une facette convexe, en forme de semelle étranglée vers sa partie moyenne, à grand axe obliquement dirigé en avant et en dehors. Taillée en partie sur la tête de l'astragale, cette facette s'étend aussi sur la face inférieure du col Son revêtement cartilagineux continue en avant celui de la tête astragalienne. Très souvent cette facette est subdivisée en deux parties par un sillon répondant à un gros faisceau du ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

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Du côté du calcanéum nous trouvons une facette concave, oblongue, à grand diamètre dirigé en avant, et en dehors, séparée de la facette postérieure par la gouttière calcanéenne. Son extrémité postérieure, qui est la plus large, repose sur la petite apophyse du calcanéum. Souvent cette facette est subdivisée en deux facettes nettement séparées par un large sillon dans lequel s'attache un fort trousseau du ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

Moyens d’union

La capsule fibreuse, continuation de la capsule astragalo-scaphoïdienne, se fixe au pourtour de la facette calcaneenne, tandis que, du cote de l'astragale, elle gagne le fond de la gouttière osseuse, s'éloignant à 4 ou 5 mm du revêtement cartilagineux. Elle est renforcée par un ligament postérieur et par deux ligaments latéraux.

Le ligament postérieur et le ligament externe sont représentés le premier, par le feuillet antérieur du ligament interosseux astragalo-calcanéen le second, par le trousseau fibreux qui continue en dehors ce ligament dans l'excavation astragalo-calcanéenne.

Le ligament interne est représenté par le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

Synoviale

La synoviale est commune avec la grande synoviale astragalo-scaphoïdienne.

Vaisseaux et nerfs

Des branches de l'artère plantaire interne et de la dorsale du tarse vascularisent l'articulation astragalo-calcanéenne antérieure. Ses nerfs viennent le plus souvent de la branche externe du tibial antérieur.

Mouvements des articulations du tarse postérieur

Les mouvements qui se passent dans les articulations astragalo-calcanéennes ne peuvent être séparées des mouvements qui ont pour siège l'articulation médio-tarsienne que nous décrivons plus loin.

Au point de vue physiologique l'astragale nous apparait, en effet, comme articulé d'une part avec la jambe, d'autre part avec le reste du tarse. Dans les mouvements de flexion et d'extension, l'astragale fait corps avec le pied et tous les mouvements se passent entre lui et la jambe: au contraire dans les mouvements de latéralité et de rotation, l'astragale fait corps avec la jambe et tous les mouvements se passent entre lui et, le reste du pied.

Morel Math. Duval ont fixé cette intéressante remarque en comparant fort à propos le rôle physiologique de l'astragale dans les mouvements entre la jambe et le pied au rôle que joue l'atlas dans les mouvements entre la colonne vertébrale et la tête.

Les articulations, sous-astragaliennes et médio-tarsienne, inséparables au point de vue physiologique, sont le siège de ces mouvements combinés de latéralité et de rotation que j'ai réunis sous le nom de mouvements de torsion en dedans et en dehors. Ces mouvements ont pour complément indispensable des mouvements dans l'articulation calcanéo-cuboïdienne qui intervient dans les mouvements de l'articulation astragalo-scaphoïdienne, au même titre complémentaire que les mouvements de l'articulation astragalo-calcanénne postérieure.

On voit combien est complexe le mécanisme de ces mouvements de torsion qui se passent à la fois dans un si grand nombre d'articulations il est difficile et bien artificiel de donner les éléments séparés de cet ensemble physiologique.

On reviendra sur l'ensemble après avoir décrit l'articulation médio-tarsienne.

La partie des mouvements de torsion qui se passe dans les articulations astragalo-calcanéennes comprend des mouvements de glissement entre les surfaces cylindriques emboîtées de ces deux articulations. Ces mouvements, si on les limite exactement par l'immobilisation des articulations voisines, ont peu d'étendue. Ils se font en sens inverse quand l'astragale glisse en dehors sur le cylindre calcanéen postérieur, il glisse de dedans en dehors dans le cylindre calcanéen antérieur; les deux extrémités de l'astragale se meuvent donc en sens inverse. Ces mouvements s'exécutent autour d'un axe antéro-postérieur; leur centre répond à l'insertion du ligament interosseux dans la gouttière calcanéenne. Les deux lames entrecroisées de ce ligament se comportent au cours de ces mouvements à peu près comme les ligaments croisés dans les mouvements de rotation du genou. Ces mouvements sont limités par la tension du faisceau moyen des ligaments latéraux de l'articulation tibio-tarsienne la torsion du pied en dehors est arrêtée par la tension du faisceau tibio-calcanéen, la torsion en dedans est arrêtée par la tension du ligament péronéo-calcanéen.


Articulations médio-tarsienne (Articulation de Chopart).

L'articulation médio-tarsienne unit le tarse postérieur au tarse antérieur elle est en réalité formée de deux articulations séparées et placées côte à côte l'astragale articulé avec le scaphoïde en dedans le calcanéum articulé avec le cuboïde en dehors. Je décrirai séparément ces deux articulations composantes de la grande articulation médio-tarsienne.

Articulation astragalo-scaphoïdienne

Formée par la tête de l'astragale reçue et tournant dans la concavité du scaphoïde, cette articulation appartient au genre des énarthroses.

Surfaces articulaires

La tête de l'astragale, éminence arrondie, allongée, à grand axe presque transversal, plus étendue que le scaphoïde avec lequel elle s'articule, s'aplatit dans sa partie inférieure et s'allonge d'avant en arrière en une facette qui répond a la facette antéro-interne du calcanéum. Entre ces deux portions, l'une scaphoïdienne, l'autre calcanéenne, la tête astragalienne présente, dans sa partie moyenne, un méplat qui répond au ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur. Un revêtement cartilagineux continu, d'épaisseur variable, est appliqué sur ces trois champs de la tête astragalienne (champ scaphoïdien, champ ligamenteux, champ calcanéen) séparés seulement par des crêtes émoussées.

Du côté du scaphoïde, nous trouvons une cavité, formée par la face postérieure de cet os assez profonde, oblongue à grand axe obliquement dirigé en bas et en dedans, cette cavité répond au champ scaphoïdien de la tête astragalienne.

La cavité de réception de la tête astragalienne est continuée et complétée en arrière 1° par le ligament calcanéo-scaphoïdien, 2° par la facette calcanéenne antérieure. Ces trois parties de la cavité répondent aux trois champs de la tête astragalienne. J'ai déjà insisté, en traitant de l'articulation astragalo-calcanéenne antérieure, sur la communauté et la continuité de cette articulation avec l'articulation astragalo-scaphoïdienne.

Moyens d'union

La capsule dont l'insertion empiète de près d'un centimètre sur les faces supérieure et interne du col astragalien est renforcée par quatre ligaments.

Le ligament calcanéo-scaphoïdien postérieur nous est déjà connu ce n'est autre chose que le feuillet antérieur du ligament interosseux astragalo-calcanéen, dont le faisceau le plus externe, visible dans l'excavation astragalo calcanéenne, s'élève du calcanéum vers la face externe du col astragalien.

Le ligament astragalo-scaphoïdien dorsal est un plan fibreux large et mince ; ses fibres parallèles, un peu obliques en avant et en dedans, naissent de la face supérieure et externe du col de l'astragale, s'enroulent et brident la tête astragalienne qui tendrait à sortir de sa cavité quand l'avant-pied s'abaisse et se porte en dedans ; elles vont se fixer d'autre part, sur la face dorsale du scaphoïde, à quelque distance du revêtement cartilagineux.

Le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur, en forme de gouttière à concavité supérieure, remarquable par sa force et son épaisseur, unit le calcanéum au scaphoïde et prend part à la formation de la cavité dans laquelle est reçue la tête de l’astragale. Il s'attache en arrière à la petite apophyse du calcanéum et dans l'excavation qui sépare cette apophyse de la facette cuboïdienne de la, ses fibres vont en irradiant s'attacher à la face interne du scaphoïde, près du tubercule de cet os. Epais dans sa partie inférieure, ce ligament devient plus épais encore dans sa partie interne où il répond au bord interne du pied : dans cette, partie formée par les fibres allant de la petite tubérosité du calcanéum à la face interne du scaphoïde près du tubercule, le ligament reçoit un grand nombre de fibres appartenant au faisceau moyen du ligament latéral interne de l'articulation tibio-tarsienne. Ses faisceaux inférieurs, divergents, ménagent des orifices par lesquels jouent de gros lobules adipeux qui font saillie dans l'articulation sous la forme de franges synoviales. Dans la partie qui répond au bord interne du pied, le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur présente d'ordinaire un noyau fibro-cartilagineux, qui répond par sa face externe au tendon du jambier postérieur, et par sa face articulaire à la face moyenne de la tête astragalienne, Morris insiste sur le rote du jambier postérieur venant renforcer cette portion ligamenteuse de la cavité qui reçoit et soutient la tête astragalienne.

Le ligament calcanéo-scaphoïdien externe, moyen d'union appartenant en propre à l'articulation astragalo-scaphoïdienne, est un trousseau ligamenteux épais, qui se détache de la partie la plus antérieure de la face supérieure de la grande apophyse du calcanéum, et va se fixer à la partie externe du contour de la facette scaphoïdienne; cloison sagittale, plus ou moins haute et que l'on ne peut voir dans son entier qu'après avoir enlevé l'astragale, ce ligament forme la branche interne du ligament en Y, ou mieux en V, que l'on désigne sous le nom de clef de l’articulation de Chopart.

Synoviale

Elle s'insère au pourtour du revêtement cartilagineux, et forme à la partie supéro-interne un cul-de-sac demi-circulaire j'ai déjà indiqué les grosses franges synoviales qu'elle présente à la partie inférieure entre les faisceaux du ligament calcanéo-scaphoïdien Inférieur ; par l'Insufflation ou l'injection on met en évidence de petits prolongements synoviaux, qui s'engagent avec des lobules graisseux dans les interstices du ligament.

Articulation calcanéo-cuboïdienne

Cette articulation, qui forme la moitié externe de l'articulation médio-tar- sienne, n'est point une arthrodie, mais une articulation par emboîtement réciproque.

Surfaces articulaires

a) La facette du calcanéum qui comprend toute la face antérieure de cet os est convexe de haut en bas et concave transversalement ; son grand axe est transversal son extrémité interne s'allonge en une saillie qui donne attache aux ligaments calcanéo-scaphoïdien et calcanéo-cuboïdien, les deux branches du ligament en V de Chopart parfois le sommet de cette saillie s'aplatit en une facette étroite par laquelle le calcanéum s'articule avec le scaphoïde.

b) Du côté du cuboïde, nous trouvons une facette inversement conformée com- prenant toute la face postérieure de l'os, convexe transversalement, concave de haut en bas parfois cette concavité verticale est très marquée par le fait d'une apophyse, sorte de &ec cuboïdien, qui se prolonge sous la face inférieure du calcanéum.

Moyens d'union

La capsule fibreuse qui s'insère Immédiatement au pourtour cartilagineux, sur la partie interne de l'articulation, s'en éloigne vers la partie externe, où ses insertions se font à 3 ou 4 mm de l'interligne, tant sur le calcanéum que sur le cuboïde. Donc, serrée en dedans, l'articulation est lâche en dehors le contraire s'observe dans l'articulation astragalo-scaphoïdienne dont la capsule serrée en dehors devient lâche en dedans.

La capsule est renforcée en haut, en dedans et surtout en bas.

Le ligament calcanéo-cuboïdien dorsal unit la face dorsale des deux os c'est un trousseau fibreux, aplati, de largeur variable, formé de fibres parallèles dont les plus inférieures descendent sur la face externe du calcanéum.

Le ligament calcanéo-cuboïdien interne forme la branche externe du ligament en V de l'articulation médio-tarsienne. Il se détache de l’extrémité interne de la facette calcanéenne et va s'insérer après un très court trajet à la face interne du cuboïde. Sur le calcanéum son insertion se rapproche de celle du ligament calcanéo-scaphoïdien externe, tandis qu'en avant les deux ligaments divergent à la façon des deux branches d'un V.

Le ligament calcanéo-cuboïdien inférieur (grand ligament de la plante) présente l'aspect d'une large bande à fibres nacrées, étroite en arrière, plus large en avant, étendue de la face inférieure du calcanéum à l'extrémité postérieure des trois derniers métatarsiens.

Le grand ligament plantaire comprend deux couches séparées par un peu de tissu cellulo-graisseux la couche superficielle répond à ce que nous venons de décrire fixée à toute cette partie de la face inférieure du calcanéum qui est en avant des tubérosités postérieures, elle franchit l'interligne calcanéo-cuboïdien, adhère par quelques-unes de ses fibres au sommet de la crête oblique du cuboïde, et va, par ses fibres les plus superficielles, s'attacher sur la base des trois ou quatre derniers métatarsiens; elle transforme ainsi la gouttière du cuboïde en canal ostéo-fibreux, le canal du long péronier latéral.

La couche profonde, plus épaisse, plus courte et plus forte, s'attache à la tubérosité antérieure de la face inférieure du calcanéum d'une part et va se fixer d'autre part à la face postérieure de la crête oblique du cuboïde et à toute la partie de la face inférieure du cuboïde qui est en arrière de la crête. Remarquons que le ligament calcanéo-cuboïdien inférieur est continué en dedans par le ligament calcanéo-scaphoïdien Inférieur le rôle de ce plan ligamenteux si épais et si large est des plus importants comme soutien de la voûte plantaire.

Synoviale

Un peu moins lâche que celle de l'articulation astragalo-calcanéenne, elle forme cependant dans sa partie externe un cul-de-sac qui, après injection, dessine sa saillie sur le bord externe du pied.

Vaisseaux et nerfs

Les artères de l'articulation médio-tarsienne sont fournies par la tibiale antérieure, par des branches qui viennent dos anastomoses entre la dorsale du tarse et la dorsale du métatarse, enfin par la plantaire interne. Les nerfs sont ordinairement fournis par la branche externe du tibial antérieur.

Mouvements

Les trois articulations astragalo-scaphoïdien, astragalo-calcanéenne postérieure, et calcanéo-cuboïdienne, sont parfaitement solidaires-, elles forment un ensemble articulaire dont les diverses parties sont inséparables. J'ai l'habitude de les réunir en une seule articulation que j'appelle articulation de l'entorse. L'articulation médio-tarsienne a été artificiellement séparée c'est une articulation chirurgicale.

Ces trois articulations sont le siège des mouvements de torsion en dedans et en dehors.

Le mouvement de torsion en dedans est notablement plus étendu que le mouvement de torsion en dehors ; dans la torsion on dedans, l'excavation calcanéo-astragalienne bâille ; elle se ferme et ses parois viennent au contact dans la torsion en dehors.

Les mouvements qui se passent dans l'articulation calcanéo-cuboïdienne sont complémentaires des mouvements de l'articulation astragalo-scaphoïdienne au même titre que les mouvements de l'articulation astragalo-calcanéenne postérieure ; quand le pied est tordu en dedans, le cuboïde glisse de haut en Bas et de dehors en dedans, comme le scaphoïde, dégageant l'extrémité antérieure du calcanéum qui vient faire saillie sur la face dorsale du pied.

L'axe de ce mouvement d'ensemble n'est point exactement antéro-postérieur ; il passe par te centre de la tête astragalienne, puis par la partie moyenne du sinus tarsien ; il est donc oblique d'avant en arrière et de haut en bas. Dans ces mouvements, les extrémités dos parties en présence, pied d'une part, astragale d'autre part, se meuvent en sens inverse ; dans la torsion en dedans, quand la pointe du pied s'élève et se porte en dedans, l'extrémité postérieure du calcanéum s'abaisse et se porte en dehors ; le déplacement du calcanéum, qui se renverse avec tout le pied, est moins sensible que celui de la pointe du pied à cause de la longueur différente des deux leviers. Réciproquement, lorsque la jambe se tord sur le pied Ëxé, la tête de l'astragale se meut en sens inverse de son extrémité postérieure.


Articulations du tarse antérieur

Les articulations qui réunissent entre eux les cinq os de la deuxième rangée du tarse sont toutes extrêmement serrées elles appartiennent au genre des arthrodies leurs ligaments, très courts, témoignent du peu d'étendue de leur mouvement. Le tarse antérieur, ainsi formé de pièces juxtaposées et étroitement unies, forme un ensemble solide en même temps qu'élastique.

Ces articulations sont au nombre de sept.

Articulation scapho-cuboïdienne

Surfaces articulaires

Sur la face externe du scaphoïde, est une facette étroite à grand axe vertical, dont le cartilage est continu avec celui qui revêt la facette par laquelle le scaphoïde s'articule avec te troisième cunéiforme. On trouve, d'autre part, sur la face interne du cuboïde, une facette, de même forme, dont le revêtement cartilagineux est aussi continu avec celui de la facette par laquelle le cuboïde s'unit au troisième cunéiforme. Accidentellement le scaphoïde et le cuboïde restent à distance il ne s'établit point de contact direct entre eux et t'union se fait seulement au moyen de ligaments.

Moyens d’union

Le ligament scapho-cuboïdien dorsal, triangulaire, se détache de la face dorsale du scaphoïde et va se fixer par sa base élargie sur le tiers moyen de la face dorsale du cuboïde ; il passe sur l'angle du troisième cunéiforme auquel il envoie parfois quelques faisceaux.

Le ligament scapho-cuboïdien plantaire est un trousseau fibreux, très développé, qui unit la face plantaire des deux os.

Le ligament scapho-cuboïdien interosseux, fort et épais, occupe toute la hauteur de t'espace interosseux et quelquefois toute la largeur de cet espace lorsque les deux os n'entrent point en contact direct.

Articulations scapho-cunéennes

Surfaces articulaires

La face antérieure du scaphoïde, légèrement convexe en avant, est articulaire dans toute son étendue; deux crêtes mousses, verticales, légèrement concaves en dehors, la subdivisent en trois facettes dont chacune répond à la base d'un cunéiforme; Ja forme de ces facettes reproduit exactement la forme de la face postérieure du cunéiforme avec lequel elles entrent en contact la facette interne, qui répond au premier cunéiforme, est triangulaire à base inférieure la facette moyenne est trapézoïde; l'externe est de forme ovalaire.

Moyens d’union

La capsule est renforcée par a) des ligaments dorsaux, bandelettes assez minces, plus ou moins nettement séparées, se rendant t obliquement de la face dorsale du scaphoïde à la face dorsale de chacun des cunéiformes b) par des ligaments plantaires; plus ramassés que les précédents, surtout l'externe et l'interne, ils unissent la face plantaire du scaphoïde aux faces plantaires des cunéiformes ils sont masqués par les expansions du tendon jambier postérieur. Ces expansions, de même que les ligaments scapho-cunéens plantaires, se dirigent obliquement en avant et en dehors. Un ligament scapho-cunéen interne, très épais, va du tubercule du scaphoïde à la face interne du premier cunéiforme.

Articulations inter-cunéennes et cunéo-cuboïdienne

Surfaces articulaire

Le premier et le deuxième cunéiforme s'articulent par une facette longue et étroite, en forme d'équerre, longeant le bord supérieur et le bord postérieur des faces correspondantes des deux os. Dans le reste de leur étendue, ces faces, rugueuses, donnent attache à. un ligament interosseux qui unit les deux os.

Le deuxième et le troisième cunéiformes s'articulent par une facette étroite, rétrécie en son milieu, longeant le bord postérieur des faces correspondantes des deux os ; dans quelques cas, Ils s'articulent encore par une autre facette très petite, répondant a l'angle antéro-inférieur des faces en regard. Dans le reste de leur étendue, ces faces, rugueuses, donnent insertion à des ligaments interosseux.

La face externe du troisième cunéiforme présente une facette triangulaire répondant à son angle postéro-supérieur une facette de même forme se rencontre à l'angle postéro-supérieur dela face externe du cuboïde, Immédiatement t en avant de la facette par laquelle cet os s'articule avec, le scaphoïde. Dans le reste de leur étendue, les deux faces en présence présentent les rugosités d'Insertion d'un ligament interosseux.

Moyens d’union

La capsule fibreuse de ces articulations est renforcée a) par des ligaments dorsaux au nombre de trois, ils sont dirigés transversalement, unissant les cunéiformes entre eux et le troisième cunéiforme au cuboïde b) par des ligaments plantaires, au nombre de deux l'un, très fort, nait du premier cunéiforme et se dirige obliquement en avant et en dehors pour aller se fixer au sommet du deuxième; l'autre, plus faible, oblique en avant et en dedans, unit [e cuboïde au troisième cunéiforme.*°' f) par des ligaments interosseux; ces ligaments, très épais, occupent tonte la hauteur des faces en présence attachés sur toute !a partie de ces faces qui n'est point occupée par la facette articulaire, ils confinent, en haut, aux ligaments dorsaux, en bas aux ligaments plantaires.

Synoviale du tarse antérieur

Les synoviales des articulations scapho-cuboïdienne, intercunéennes et cunéo-cuboïdienne sont de simples culs-de-sac de la grande synoviale scapho-cunéenne. Lorsque, ce qui est l'ordinaire, le ligament interosseux qui unit le premier cunéiforme au deuxième n'occupe pas toute la hauteur des faces en regard, la grande synoviale du tarse antérieur communique avec la synoviale tarsométatarsienne moyenne. Elle communique aussi parfois avec ta synoviale tarsométatarsienne interne.

Vaisseaux et nerfs

Les articulations tarse antérieur sont vascularisées par les artères plantaires et la dorsale du métatarse : elles sont inncrv6cs par te tibial antérieur et les nerfs plantaires interne et externe.

Mouvements

Les mouvements des articulations du tarse antérieur sont très limités. Ce sont de simples mouvements de glissement : on peut dire d'une façon générale que leur étendue croit au fur et à mesure qu'on envisage une articulation plus éloignée de l’axe du pied c'est ainsi que le troisième cunéiforme est moins mobile que le premier et que le cuboïde. Si peu étendus qu'ils soient, ces mouvements donnent au tarse son élasticité.

D'après traité d'Anatomie Humaine P. Poirier

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