articulation scapulo-humérale

Les mouvements qui se passent dans l'articulation scapulo-humérale sont étendus, mais pas autant qu'on le dit et qu'on pourrait le croire au premier abord. En effet, Duchenne de Boulogne, et plus récemment Cathcart d'Édimbourg (Journ. of Anatomy, 1884) ont montré que la ceinture thoracique prenait une très grande part aux mouvements de l'articulation scapulo-humérale.

D'ordinaire, c'est l'humérus qui prend son point d'appui sur l'omoplate et se meut avec elle et la clavicule sur le thorax; plus rarement, c'est l'omoplate qui se meut sur l'humérus immobilisé.


Flexion et extension

L'humérus peut se porter en avant et en arrière; ces mouvements se font autour d'un axe qui, partant du centre de la glène, traverse la tête en s'inclinant un peu en bas et en avant; l'axe huméral correspond & celui du col anatomique, tel que le décrit Krause. Dans le mouvement, en avant ou de flexion, la partie postérieure de la capsule se tend ainsi que le muscle petit rond qui la double. Le mouvement en arrière ou d'extension est beaucoup plus limité la partie antérieure de la capsule et le sous-scapulaire résistent. En étudiant ces mouvements sur un sujet vivant, on s'aperçoit que la iloxion n'est point, comme on le dit, limitée par la rencontre de la petite tubérosité avec la coracoïde; à peine l'extrémité inférieure de l'humérus s'est-elle portée de dix centimètres en avant, que déjà l'omoplate suit le mouvement. En fait, la rencontre fia la petite tubérosité avec la coracoïde ne peut s'obtenir sur le cadavre ou sur le vivant que par un mouvement communiqué, non physiologique.
Dans ces mouvements de flexion et d'extension, la capsule subit un commencement de torsion.

Abduction et adduction

L'abduction est le mouvement par lequel l'humérus se porte en dehors; l'adduction, celui par lequel il se porte en dedans. Ces mouvements se font autour d'un axe antéro-postérieur passant par la tête humérale. Dans l'abduction, la tête se meut do haut en bas dans la cavité glénoïde; lorsque le mouvement est porté à un certain degré (abduction à. angle droit), la partie supérieure de la tête cartilagineuse entre en contact avec la cavité glénoïde, tandis que la partie inférieure vient se mettre en rapport avec le ligament capsulaire dans l'aisselle.
L'abduction est limitée, dit- on, par le contact de la grosse tubérosité avec l'acromion ou avec la partie supérieure du rebord glénoïdien. Cependant, il suffit d'observer sur le vivant, pour voir, comme Cathcart l'a bien remarqué, que l'omoplate se met en mouvement dès que l'abduction commence, et tant qu'elle dure. On a voulu faire le départ de ce qui revenait à l'humérus et à la ceinture thoracique dans ce mouvement si étendu d'abduction; cela n'est guère facile, pour ne pas dire impossible.
L'adduction est rapidement limitée par la rencontre du bras avec te tronc on peut même dire que l'adduction pure n'existe pas, puisqu'il y a, quand le bras pend au repos, contact du col humerai avec le coussinet élastique du bourrelet glénoïdien. Quand on force l'adduction pure, par exemple pour mettre le coude en contact avec le tronc, c'est l'omoplate qui se meut.
Il ne faut pas confondre les mouvements d'abduction et d'adduction avec ceux d'élévation et d'abaissement comme le font certains auteurs. Les mouvements d'élévation et d'abaissement ne peuvent exister dans l'énarthrose scapulo-humérale; ils ne pourraient se faire que par glissement des surfaces or, le glissement en haut est rendu impossible par le contact de la tête avec la voûte acromio-coracoïdienne.

Circumduction

La circumduction est formée par ta succession de ces divers mouvements en passant par les degrés intermédiaires. Dans ce mouvement, le bras décrit un cône dont la base regarde en dehors, en bas et en avant. La ceinture thoracique prend une grande part à la circumduction, et te sommet du cône, décrit par te membre, est bien plus à l'articulation sterno-claviculaire qu'à la scapulo-humérale.
Rotation. Les mouvements de rotation en dedans et en dehors se font autour d'un axe vertical qui répond à peu près à celui de la diaphyse humérale. Ils sont très peu étendus et limités par la tension de la capsule et des muscles qui la doublent.
Mouvements de la ceinture complémentaires des mouvements de l'articulation scapulo-humérale. Los mouvements de l'omoplate ont été étudias par Duchenne de Boulogne: il distingue des mouvements partiels et des mouvements de totalité ou en masse. Dans les mouvements partiels, l'omoplate se déplace autour d'un axe antéro-postérieur place au voisinage de l'un de ses angles. Ces mouvements ont été comparés à. ceux que décrivent les deux branches d'une pièce métallique courbée à angle droit et fixée par cet angle. Dans l'omoplate, les angles supérieur et externe peuvent être pivots l'angle intérieur ne t'est jamais. Ces mouvements do l'omoplate commencent ainsi par un premier temps de mouvement partiel, auquel succède un mouvement de totalité qui déplace l'os en avant.
Ces mouvements de l'omoplate sont accompagnés de mouvements de glissement se passant dans l'arthrodie acromio-cIaviculaire. La clavicule, ainsi associée à l'omoplate, s'élève, s'abaisse, se porte en avant et en arrière.
Morris a décrit longuement ces mouvements de la ceinture scapulaire associés aux mouvements de l'articulation scapulo-humérale. Ils ont non seulement pour effet d'augmenter l'étendue des mouvements de l'épaule, mais ils servent aussi et surtout à orienter la cavité glénoïde de telle sorte qu'elle reçoive, sous l'incidence la plus favorable, les pressions qui lui sont transmises par le membre supérieur.

D'après traité d'anatomie humaine par P. Poirier.

 

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