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Le larynx (du grec, crier ou  gémir ; anglais : the larynx) est l'organe producteur de la voix, c'est-à-dire des sons que les animaux à respiration pulmonaire font entendre, dans certaines conditions, en chassant l'air de leurs poumons.

 

Indépendamment de cette fonction qui lui est propre, il partage avec la trachée et les bronches le rôle de conduit aérifère.

L'existence du larynx est constante dans tous les groupes de Vertébrés depuis et y compris les Amphibiens. Chez ces derniers ainsi que chez les Reptiles et les Mammifères il est toujours unique. Chez les Oiseaux au contraire, sauf quelques rares exceptions, on en observe deux, l'un différencié, comme partout, ailleurs, aux dépens de la partie initiale de la trachée, l'autre constitue par la portion terminale de ce conduit et la portion adjacente des bronches. C'est dans ce deuxième larynx, appelé encore larynx inférieur ou syrinx, et non pas dans le premier, que se trouvent engendrés les sons si variés qui caractérisent la voix de ces animaux.

Situation et dimensions du larynx

Situation

Le larynx est placé dans la région moyenne du cou au-dessous de l'os hyoïde, au-devant de Il colonne vertébrale. Un plan médian sagittal le partage en deux moitiés généralement symétriques.

Sa situation est variable suivant l'âge, suivant le sexe et suivant les individus.

De plus, chez un même sujet, elle est influencée par les mouvements des organes voisins et se trouve modifiée par le fait même de son propre fonctionnement.

D'une façon générale, le larynx est plus élevé, par rapport à la colonne vertébrale, chez l'enfant que chez l'adulte, chez la femme que chez l'homme.

Chez le nouveau-né, d'après Symington, il s'étend du milieu de l'axis à la partie moyenne de la 5ème vertèbre cervicale. Chez l'enfant d'un an il va, d'après le même auteur, du bord inférieur de l'axis, ou un peu au-dessus, jusqu'au bord supérieur du corps de la 5ème vertèbre cervicale. Enfin chez l'enfant de six ans il est compris entre te bord intérieur de la 2ème vertèbre cervicale et le bord inférieur du corps de la 5ème vertèbre cervicale (Ces mesures s'appliquent à toute la hauteur verticale du larynx, depuis le sommet du bord libre de l'épiglotte jusqu'au bord inférieur de la plaque du cartilage cricoïde, Les figures ci-jointes rendront compte de la situation des divers éléments de l'organe, pris en particulier.).

C'est à partir de la puberté seulement que les différences sexuelles et individuelles se manifestent.

Chez l'homme adulte le larynx est habituellement situé au-devant de la partie inférieure de la colonne cervicale et s'étend sur toute la hauteur des quatre dernières vertèbres cervicales. L'étendue de son diamètre vertical n'est, cependant pas proportionnelle la longueur de la colonne cervicale ni à celle du cou. Le fond de l'échancrure thyroïdienne (voir plus loin) répond, dans la majorité des cas, au corps de la 5ème vertèbre cervicale ou au 4ème disque intervertébral le bord inférieur de l'arc du cartilage cricoïde est sur le même niveau que la partie inférieure du corps de la vertèbre cervicale (Taguchi).

Chez la femme le fond de l'échancrure thyroïdienne correspond, en général, au disque qui unit la 4ème et la 5ème vertèbre cervicale; l'arc du cricoïde au bord supérieur du corps de la 7ème  vertèbre cervicale (Taguchi). Le larynx est donc un peu plus élevé chez la femme que chez l'homme.

Ces chiffres expriment seulement la position du larynx dans le plus grand nombre des cas, mais les variations individuelles peuvent être assez considérables pour le relever ou l'abaisser de toute la hauteur d'une vertèbre.

Les mouvements des organes voisins influent, avons-nous dit, sur la situation du larynx considéré jusqu'alors dans un état d'équilibre moyen. C'est ainsi que l'extension de la colonne cervicale s'accompagne d'une élévation du larynx: sa flexion, d'un abaissement. Les mouvements de rotation à droite ou à gauche, au contraire, ne modifient pas sa position (Delitzin).

Des déplacements dans le sens vertical s'observent également à une certaine phase de l'acte de la déglutition et pendant la respiration. Lors d'une forte inspiration le larynx descend il remonte au moment de l'expiration. Tous les muselés extrinsèques du larynx, c'est-à-dire les muscles du pharynx et notamment les stylo-pharyngiens, les muscles sternothyroïdiens, les muscle thyro-hyoïdiens sont les agents essentiels de ces mouvements de va-et-vient qui n'ont pour limites que la tonicité des muscles restés Inactifs et l'élasticité de la trachée. Leur maximum d'amplitude ne dépasse pas 2,5 cm (Braune).

Enfin on peut facilement constater que, pendant son fonctionnement, le larynx est soumis à des alternatives d'ascension et de descente, accentuées surtout pendant le chant. Pendant l'émission des sons graves, le larynx s'abaisse ; il s'élève pendant l'émission des sons aigus.

Le larynx est en outre susceptible de se déplacer dans le sens latéral, mais sous des influences purement mécaniques et sans l'intervention des muscles qui prennent leurs Insertions sur lui. On peut pur exemple, en le saisissant avec la main l’écarter à droite ou à gauche. Dans ces conditions l'on perçoit des craquements qui n'ont rien de pathologique et sont dus au frottement des cartilages laryngés contre la face antérieure des corps vertébraux.

Dimensions.

Les dimensions du larynx varient suivant l’âge, suivant le sexe et suivant les Individus.

Chez le nouveau-né son volume atteint environ le tiers du volume d'un larynx de femme adulte. Il continue à se développer jusqu'à l'âge de trois ans et reste alors stationnaire depuis cette époque jusqu'à la douzième année. Pendant toute cette période il n'y a pas de différences appréciables entre les sexes. Cependant, en ce qui concerne spécialement l'espace laryngé Inférieur, les recherches de Weinberg tendent à montrer que jusqu'à l'âge de 15 ans tous les diamètres sont plus élevés dans les larynx féminins que dans les larynx masculins. Plus tard c'est l'inverse qui est vrai.

Au moment de la puberté le larynx s'accroît rapidement au point que, en moins d'une année, les dimensions de la glotte augmentent dans la proportion de 5/10 chez l'homme, de 5/7 chez la femme (Luschka). Dès cet instant les différences sexuelles sont acquises. Dans certaines conditions cependant le larynx de l'homme subit un arrêt de développement relatif. C'est le cas par exemple chez les Individus qui ont été privés de leurs testicules dans le jeune âge. Le larynx des castrats adultes possède des dimensions intermédiaires à celles du larynx de l'homme normal et à celles du larynx féminin (W. Gruber).

Les transformations dont le larynx est le siège au moment de la puberté s'accompagnent, on le sait, de modifications profondes dans les caractères de la voix, et cela aussi bien chez le jeune garçon que chez la jeune Elle. Ces modifications sont d'ailleurs infiniment plus accentuées chez le premier que chez la seconde.

Après la puberté le larynx continue à s'accroître très lentement. Il acquiert ses dimensions définitives vers l’âge de 20 à 35 ans, un peu plus tôt, semble-t-il, chez la femme que chez l'homme.

Chez l'adulte les différences sexuelles du larynx ne consistent pas seulement en une inégalité de volume, mais elles se manifestent encore par des particularités dans sa configuration extérieure, ires variables du reste suivant les individus.

Le larynx de l'homme possède des dimensions plus considérables dans tous les sens que celui de la femme, et chacun de ses éléments pris en particulier est naturellement aussi plus volumineux (voy. chaque cartilage en particulier). Le diamètre vertical maximum, mesuré du bord libre de l'épiglotte au bord inférieur de l'arc du cartilage cricoïde, atteint 7 centimètres, 'en moyenne, chez l'homme: 5 centimètres chez la femme. Le diamètre transversal mesure centimètres chez le premier: 3,5 cm chez la seconde. Enfin le diamètre antéro-postérieur, du bord inférieur du cartilage thyroïde a la plaque du cartilage cricoïde, est de 3 centimètres chez l'homme; de 2,5 cm chez la femme.

Il ne faut pas perdre de vue que ces chiffres n'ont rien d'absolu et qu'il est souvent impossible, en présence de deux larynx appartenant à des sujets de sexe différent, de distinguer celui qui provient d'un homme et celui qui provient d'une femme.

Les variations de volume du larynx d'un sexe à l'autre et dans le même sexe sont en rapport avec les variations de la voix, c'est dire assez clairement combien elles sont étendues.


Configuration extérieure du larynx

La surface du larynx peut être partagée en deux régions: l'une, antérieure ou cervicale; l'autre, postérieure ou pharyngienne. Pour étudier la première il suffit de disséquer successivement les divers plans : cutané, musculaires et aponévrotiques, de la face antérieure du cou qui la masquent; pour examiner la seconde il faut, après avoir enlevé le larynx en conservant ses connexions avec la langue et le pharynx, inciser la paroi postérieure de ce dernier sur la ligne médiane. On a alors sous les veux dans sa totalité la face pharyngienne et l'orifice pharyngien du larynx.

Surface antérieure

La surface antérieure du larynx comprend trois zones Inférieure, moyenne et supérieure. Les deux premières seules sont superficielles et facilement accessibles à la vue et au toucher.

La zone inférieure, régulièrement convexe dans le sens transversal, est formée par un cartilage, le cartilage cricoïde, recouvert directement à droite et il gauche de la ligne médiane par un muscle, le muscle crico-thyroïdien. Un Interstice, comblé par une lame fibre-élastique, la sépare de la zone moyenne.

Cet interstice crico-thyroïdien est plus élevé dans sa partie moyenne que sur les côtés; il peut atteindre, grâce à l'extensibilité de la lame qui le ferme, une hauteur de 8 à 10 millimètres, et constitue un chemin commode pour pénétrer, sans difficulté et sans crainte de léser quelque organe important, dans la cavité du larynx.

La zone moyenne, au lieu d'être cylindrique comme la précédente, est anguleuse, et fait sous la peau une saillie plus ou moins prononcée suivant les sujets (pomme d'Adam). Elle répond à l'un des cartilages les plus importants du larynx, au cartilage formé, ainsi que nous le verrons plus loin, par la réunion sous un angle variable de deux lames qui divergent, à partir de la ligne médiane, en dehors et en arrière.

Ces deux zones dans toute la hauteur de leur partie moyenne ne sont recouvertes que par une lame aponévrotique épaisse et résistante (ligne blanche cervicale), assez solidement unie au cartilage thyroïde, et par la peau. Celle-ci peut facilement glisser en tous sens sur les plans sous-jacents; parfois même elle est séparée de l'angle saillant du cartilage thyroïde, lorsqu'il est très accentué, par une véritable bourse séreuse.

Il est à remarquer en passant que la zone Inférieure est située un peu plus profondément que la zone moyenne. Sur les parties latérales les rapports sont moins simples. Nous rencontrons successivement de chaque côté au-dessous de la peau la zone la plus interne du muscle peaucier, les muscles sternohyoïdien et omohyoïdien, puis la partie supérieure du muscle sternothyroïdien et le muscle thyro-hyoïdien. Enfin, appliqué directement sur le cartilage cricoïde, le muscle crico-thyroïdien. Lorsque tous ces plans musculaires ont été enlevés, on aperçoit en outre les lobes latéraux du corps thyroïde qui remontent le long des faces latérales du cartilage thyroïde jusqu'à une hauteur variable.

A partir des limites supérieures de la zone moyenne, déterminées par les bords supérieurs des lames du cartilage thyroïde, rien n'est visible à l'extérieur.

Au-dessous des muscles de la région on trouve une membrane qui unit le cartilage thyroïde à l'os hyoïde, et en haut l'os hyoïde lui-même. Il faut poursuivre plus profondément la dissection ou pratiquer une coupe médiane sagittale, et alors on constate que le larynx se prolonge vers le haut, en arrière de la membrane en question et de l'os hyoïde. Sa paroi propre est représentée dans toute cette étendue par une lame cartilagineuse, le cartilage épiglottique, qui s'incline obliquement en arrière et en haut, par suite s'éloigne de plus en plus de la surface antérieure du cou.

La face postérieure de cette lame est revêtue entièrement par la muqueuse laryngée. Sa face antérieure, au contraire, profonde et masquée par des parties moites dans sa moitié inférieure environ, n'est libre et recouverte d'une muqueuse que dans sa partie supérieure. Le nom d'épiglotte a été spécialement réservé à cette partie qui fait saillie à la limite postérieure de la cavité buccale, en arrière de la base de la langue. Nous la décrirons en même temps que la surface postérieure du larynx.

Surface postérieure

La surface postérieure du larynx limite en avant la cavité du pharynx, et la muqueuse qui la recouvre appartient à ce dernier organe. Elle se divise en trois régions, une médiane saillante et deux latérales symétriques, creusées en gouttières.

Région médiane

La région médiane offre à considérer successivement de haut en bas l'épiglotte; l'orifice pharyngien du larynx; une surface correspondant a deux cartilages, les cartilages aryténoïdes; une surface correspondant au cartilage cricoïde.

L'épiglotte se présente sous l'aspect d'une lame haute de 10 à 13 millimètres sur la ligne médiane, Inclinée obliquement en haut et en arrière. Son orientation varie d'ailleurs selon les déplacements de la langue et du larynx.

Pendant l'acte de la déglutition elle s'abaisse en arrière pour venir, comme un couvercle, fermer l'orifice du larynx.

Elle possède deux faces, l'une antérieure ou buccale, l'autre postérieure ou laryngée, et un bord libre. La face antérieure est généralement concave de haut en bas et convexe de droite à gauche; la face postérieure est au contraire convexe de haut en bas et concave dans l'autre sens. Ces courbures sont plus ou moins accentuées. Parfois l'épiglotte est comme pliée en deux dans le sens de sa largeur, de façon que sa face postérieure forme une gouttière verticale.

La face antérieure, revêtue par la muqueuse buccale, est rattachée à la langue et au pharynx par des replis dont il sera question plus loin. La face postérieure, recouverte par la muqueuse laryngée, répond à la partie antéro-supérieure de la cavité du larynx.

Le bord libre, arrondi, ordinairement échancré dans sa partie médiane, se renverse plus ou moins vers la cavité buccale. Il limite en avant l'orifice laryngé et se continue de chaque côté avec le bord libre des replis aryténo-épiglottiques.

L'orifice pharyngien du larynx est orienté très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Sa forme est celle d'un ovale allongé dans le sens antéro-postérieur dont l'extrémité postérieure se prolonge en une fente verticale, l'incisure ou fente inter-aryténoïdienne encore appelée rimule qui descend sur la ligne médiane de la paroi postérieure du larynx.

En avant et en haut cet orifice est circonscrit par le bord libre de l'épiglotte ; sur les côtés, par des replis de la muqueuse qui unissent les extrémités latérales de l'épiglotte aux bords de la rimule. Ces replis aryténo-épiglottiques présentent adroite et à gauche deux saillies dues à la présence de nodules cartilagineux qui soulèvent la muqueuse. L'une, située à peu près à l'union des trois quarts antérieurs avec le quart postérieur de leur bord libre, a reçu le nom de tubercule de Morgagni (Voy. la description du cartilage de ce nom); l'autre se voit tout à fait en arrière à l'union du repli aryténo-épiglottique avec la lèvre de l'incisure inter-aryténoïdienne; c'est le tubercule de Santorini.

L'incisure inter-aryténoïdienne est comprise, comme son nom l'indique, entre les extrémités supérieures des deux cartilages aryténoïdes.

Les dimensions et la forme de l'orifice pharyngien du larynx varient non seulement suivant les sujets, l'âge et le sexe, mais encore chez un même individu suivant les mouvements qu'effectuent, pendant la respiration, la phonation ou la déglutition, les cartilages aryténoïdes et l'épiglotte. Lors d'une forte inspiration sa longueur atteint de 3 à 4 centimètres, sa largeur 1,5 à 2 cm, tandis que pendant l'émission de sons aigus, par exemple, toutes ses dimensions se réduisent considérablement.

L'incisure inter-aryténoïdienne présente également des différences notables d'aspect, selon que les cartilages qui la limitent sont rapprochés ou écartes l'un de l'autre.

La région située au-dessous et en arrière de l'orifice du larynx répond à la face postérieure des cartilages aryténoïdes et du muscle qui les recouvre. Elle a la forme d'un triangle à base inférieure quand, ces cartilages étant rapprochés, les lèvres de la rimule, se touchent, et devient quadrilatère dans le cas contraire. Sa surface est Inclinée obliquement en arrière et en bas. Ses bords latéraux se continuent avec la paroi Interne des gouttières pharyngolaryngées. Toute cette région est revêtue par la muqueuse pharyngienne séparée du muscle sous-jacent par une couche épaisse d'un tissu cellulaire très lâche, presque diffluent, qui lui permet de glisser facilement et de se plisser en tous sens. Cette couche sous-muqueuse s'œdématie avec la plus grande facilité. Dans son épaisseur on rencontre, sur la ligne médiane, un groupe important de glandes muqueuses.

La surface cricoïdienne se présente sous l'aspect d'une saillie cylindroïde. Verticale, fortement proéminente dans la cavité du pharynx. Son bord supérieur forme, en se réunissant à la surface aryténoïdienne, une sorte de bourrelet transversal. En bas elle se continue sans ligne de démarcation bien tranchée avec la paroi antérieure de l'œsophage.

La muqueuse de cette région, comme celle de la précédente, est unie au cartilage et aux muscles qu'elle recouvre par du tissu cellulaire lâche, qui s'infiltre et se gonfle aisément, aussi n'est-elle bien unie qu'à l'état frais et chez des sujets munis d'un larynx parfaitement sain.

Régions latérales

Les régions latérales de la surface postérieure du larynx, connues sous les noms de sinus ou gouttières pharyngolaryngées, sinus piriformes, sillons latéraux du pharynx, sont situées symétriquement de part et d'autre de la région médiane. D'abord larges et déprimées en fossettes profondes, elles atteignent en haut un plan horizontal qui passerait un peu au-dessus des tubercules de Morgagni ; en bas elles deviennent peu à peu moins larges et moins profondes et se perdent finalement sur les parois latérales de l'extrémité inférieure du pharynx.

Les gouttières pharyngolaryngées sont limitées en haut par le repli pharyngo-épiglottique; en dehors sur toute leur hauteur, par la face interne des plaques latérales du cartilage thyroïde en dedans et successivement de haut en bas, par la face externe des replis aryténo-épiglottiques, par les parties latérales des cartilages aryténoïdes et par le bord externe de la plaque du cartilage cricoïde.

La muqueuse qui tapisse ces gouttières glisse facilement sur les couches sous-jacentes. Parfois elle est soulevée par le nerf laryngé supérieur et forme alors un petit repli oblique en bas et en dedans, qui partage la zone supérieure excavée de la gouttière en deux fossettes superposées.


Configuration intérieure du larynx


La configuration intérieure du larynx ne répond en rien à sa configuration extérieure. Pour en prendre une connaissance exacte il faut pratiquer des coupes en différents sens soit sur des organes frais, soit sur des larynx dont les parties molles ont été affermies par un séjour convenable dans des liquides appropriés (alcool, acide chromique, formol). On peut aussi l'étudier sur des moules que l'on obtient sans grande difficulté avec du plâtre, de la paraffine, de l'alliage fusible ou toute autre substance solidifiable. La cavité du larynx est partagée en trois étages qui communiquent librement entre eux. 1° un étage supérieur ou vestibule du larynx ; 2° un étage moyen et 3° un étage inférieur.
Cette division est due à l'existence de deux paires de replis proéminents, tendus horizontalement d'avant en arrière les uns au-dessus des autres et que l'on appelle les cordes vocales, distinguées en cordes vocales supérieures ou fausses et cordes vocales inférieures ou vraies.

Étage supérieur, vestibule du larynx

Le vestibule du larynx a la forme d'un tube aplati dans le sens transversal, dont l'une des extrémités, coupée très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, est représentée par l'orifice pharyngien du larynx, tandis que l'autre, inférieure et horizontale, répond à l'espace limité par les cordes vocales supérieures. Les déplacements de l'épiglotte modifient la capacité de cette cavité. On lui décrit quatre parois : antérieure, latérales et postérieure.
La paroi antérieure ; qui est la plus haute, atteint chez l'homme 4 à 5 centimètres, chez la femme 3 à 4 centimètres. Elle est formée par la face postérieure du cartilage épiglottique et par le ligament qui le rattache au cartilage thyroïde, recouverts tous deux par la muqueuse. D'abord très large (2 à 2,5 cm), cette paroi se rétrécit au fur et à mesure qu'on se rapproche de sa limite inférieure et se termine en pointe entre les extrémités des cordes vocales supérieures. Sa surface est convexe dans son tiers supérieur, concave dans son tiers moyen et de nouveau convexe dans son tiers inférieur. Cette convexité inférieure, généralement très prononcée, se présente sous l'aspect d'un bourrelet qui s'abaisse graduellement et disparaît au voisinage des cordes vocales, ou bien au contraire se relève à cet endroit en une saillie anguleuse, le tubercule épiglottique.
La paroi postérieure est comprise entre les bords internes des cartilages aryténoïdes, plus exactement entre les extrémités supérieures de ces bords. Sa limite inférieure est déterminée par un plan horizontal qui passerait par les extrémités postérieures des cordes vocales supérieures. Sa hauteur ne dépasse pas 1 centimètre et sa largeur varie selon l'écartement des cartilages qui !a limitent droite et il gauche. Si ceux-ci sont juxtaposés, la paroi en question est réduite a une simple fente verticale; à mesure qu'ils s'éloignent, la fente se transforme en une gouttière de plus en plus large (jusqu'à 6 ou 7 millimètres). On voit alors apparaitre sur sa partie supérieure l'échancrure interaryténoïdienne, d'abord étroite, puis plus large par suite de l'écartement des cartilages de Santorini
La muqueuse qui revêt la paroi postérieure du vestibule est très mobile, et présente des plis longitudinaux qui tendent à s'effacer quand cette paroi s'élargit.
Les parois latérales du vestibule du larynx, beaucoup plus hautes, du double environ, en avant qu'en arrière, sont formées par la lame interne des replis aryténo-épiglottiques. Elles sont quadrilatères et, d'une façon générale, concaves aussi bien dans le sens vertical que dans le sens antéro-postérieur. A peu près à l'union de leur tiers moyen et de leur tiers postérieur on aperçoit un bourrelet presque vertical, plus prononcé en haut qu'en bas, qui occupe toute la hauteur de la paroi. Ce bourrelet est dû à la présence d'un cylindre cartilagineux, le cartilage de Morgagni et d'un amas de glandes qui soulèvent la muqueuse; son extrémité supérieure, saillante sur le bord libre des replis ary-épiglottiques, nous est connue, c'est le tubercule de Morgagni. Son extrémité inférieure correspond ti l'extrémité postérieure de la corde vocale supérieure.
En arrière on remarque un deuxième relief beaucoup moins accentué produit par le bord interne du cartilage aryténoïde. Orienté parallèlement au précédent, il en est séparé par une petite gouttière dont l'extrémité inférieure vient déboucher entre les deux cordes vocales, à l'extrémité postérieure de l'orifice du ventricule de Morgagni. Cette gouttière est le filtrum ventriculi de Merkel.
Le rebord antérieur de la paroi latérale du vestibule résulte de la réunion, sous un angle plus ou moins ouvert, du bord externe de la paroi antérieure avec le repli aryténo-épiglottique; le bord supérieur est constitué par le bord libre de ce dernier et répond à l'orifice pharyngien du larynx. Le bord postérieur est formé par le relief que fait sous la muqueuse le bord interne du cartilage aryténoïde. Le bord Inférieur enfin est représenté par la corde vocale supérieure.

Corde vocale supérieure

La corde vocale supérieure limite en haut l'entrée du ventricule de Morgagni. Elle s'étend depuis l'angle rentrant du cartiia.ge thyroïde jusqu'à l'extrémité inférieure du bourrelet correspondant au cartilage de Morgagni, et n'atteint par conséquent pas la limite postérieure de la paroi latérale du vestibule. Sa longueur est en moyenne de 2 centimètres chez l'homme, de 12 millimètres chez la femme. Sa forme est, celle d'une lèvre plus ou moins épaisse, plus ou moins saillante, suivant les sujets, pourvue de deux faces, Interne et externe, et d'un bord libre.
La face interne, inclinée en haut et en dehors, n'est que la partie inférieure de la paroi latérale du vestibule dont rien ne la sépare. La face externe, qui est en même temps inférieure, répond à l'entrée de la cavité ventriculaire. Le bord libre est généralement mousse, à moins que la corde vocale ne soit atrophiée, auquel cas il est mince et tranchant, mais peu en relief.
Les cordes vocales supérieures renferment dans leur épaisseur 1° des faisceaux fibro-élastiques, isolables seulement sous forme d'un cordon dans leur partie antérieure et dans leur partie postérieure, et dont le développement varie d'ailleurs beaucoup suivant les sujets ; 2° des glandes très nombreuses, accumulées surtout dans leur partie moyenne; 3° enfin des faisceaux de fibres musculaires striées (Rüdinger). Elles nous apparaissent en somme comme de simples replis de la muqueuse dus à la présence du ventricule et renforcés par un substratum conjonctif. Leur rôle dans le fonctionnement du larynx comme organes vibrants est nul, aussi le nom de cordes vocales ne leur convient-il pas.

Étage moyen

L'étage moyen du larynx comprend une partie médiane impaire qui répond à l'espace limité sur les côtés, en haut et en bas, par les cordes vocales supérieures et inférieures, et deux parties latérales symétriques, les ventricules du larynx ou de Morgagni, qui s'ouvrent de chaque côté dans l'espace moyen. Celui-ci possède des dimensions variables suivant les sujets, et qui dépendent aussi, on le comprend, de la position que prennent les cordes vocales. Lorsqu'elles sont très rapprochées les unes des autres, il se réduit à une simple fente sagittale.

Ventricules de Morgagni

Connus déjà de Galien, qui les avait découverts chez le porc, bien décrits ensuite par Morgagni, les ventricules du larynx constituent deux diverticules latéraux, relativement beaucoup plus spacieux chez l'homme que chez la femme (Rüdinger), qui s'enfoncent à droite et à gauche dans l'épaisseur des replis aryténo-épiglottiques.
L'orifice par lequel chaque ventricule débouche dans la cavité du larynx est situé entre la corde vocale supérieure et la corde vocale inférieure. Il se présente sous l'aspect d'une fente elliptique, allongée dans le sens antéro-postérieur, et dont les dimensions sont sujettes à variations. Sa longueur est en moyenne, chez l'homme, de 2 centimètres; chez la femme, de 13 millimètres. Sa largeur (ou hauteur) varie de 3 à 6 millimètres. Les extrémités antérieures des deux orifices viennent en avant se terminer dans l'angle rentrant du cartilage thyroïde, de chaque côté de la ligne médiane et immédiatement au-dessous de la pointe de l'épiglotte. Là, elles peuvent rester indépendantes ou bien se continuer l'une avec l'autre, auquel cas prend naissance une petite fossette médiane, la fossette centrale de Merkel.
Dans quelques cas rares, cette fossette prend un développement considérable et se transforme en un véritable ventricule moyen, homologue du sinus sous-épiglottique des Solipèdes. Brœsike a rapporté une observation dans laquelle ce ventricule impair traversait un trou du cartilage thyroïde pour parvenir au-dessous du périchondre antérieur de ce cartilage.
Les extrémités postérieures n'atteignent pas la paroi postérieure de la cavité du larynx mais s'arrêtent contre le bord interne saillant du corps aryténoïde.
La cavité ventriculaire elle-même se subdivise en deux parties : le ventricule proprement dit, compris entre les deux cordes vocales, par suite dirigé horizontalement et l'appendice qui s'en détache pour s'enfoncer verticalement vers le haut dans l'épaisseur du repli aryténo-épiglottique. Le ventricule possède trois parois, Inférieure, supérieure et externe. La paroi inférieure, concave dans tous les sens, notamment dans le sens transversal, répond à la face supérieure de la corde vocale Inférieure. Sa longueur égale celle de l'orifice ventriculaire ou même la dépasse, parce que souvent la cavité se prolonge sous la forme d'une fossette, plus loin que l'extrémité postérieure de cet orifice, en dehors du bord interne du cartilage aryténoïde. Sa largeur atteint son maximum (5 à 7 millimètres) a l'union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs.
La paroi externe n'est le plus souvent qu'un simple bord résultant de l'union des deux parois supérieure et inférieure. Quand elle existe, sa hauteur est toujours minime. Elle se montre alors généralement partagée en deux ou trois zones par des replis semi-lunaires à direction générale verticale. La paroi supérieure est formée par la face inférieure de la corde vocale supérieure. Elle est plane ou légèrement concave. C'est au niveau de sa partie antérieure que se trouve l'embouchure de l'appendice.
L'appendice est, comme nous l'avons déjà dit plus haut, orienté perpendiculairement à la direction du ventricule. Son embouchure est située sur la partie antérieure et externe de la paroi supérieure de celui-ci. Pour bien la voir, il faut enlever complètement la corde vocale inférieure de façon à mettre en évidence toute la face Inférieure de la corde vocale supérieure. On aperçoit alors une fente allongée plus ou moins béante, longue de 5 à 8 millimètres, qui commence en avant au voisinage de l'extrémité de la corde vocale supérieure, et se termine en arrière à l'union de son tiers moyen avec son tiers antérieur ou un peu plus loin. Elle est limitée en dehors par le bord ou par la face externe du ventricule continue en haut avec la paroi externe de l'appendice en dedans, par la face inférieure de la corde vocale supérieure.
Du reste l'aspect sous lequel se présente cet orifice n'est pas toujours absolument le même.
L'appendice lui-même s'enfonce dans l'épaisseur du repli aryténo-épiglottique ou plutôt entre son feuillet interne et la lame latérale du cartilage thyroïde. Sa profondeur est variable suivant les sujets, souvent fn6me, d'un côté a l'autre, chez le même individu. Parfois il est très réduit et, quoique rarement, si peu profond qu'il semble faire totalement défaut. Habituellement sa longueur est de 1 centimètre, mais il n'est pas rare qu'elle soit plus considérable.
En règle générale il n'atteint pas le niveau d'un plan horizontal qui passerait par le bord supérieur du cartilage thyroïde. On l'a vu cependant arriver jusqu'à cette hauteur et même, mais le fait est rare, remonter plus loin, jusqu'à l'os hyoïde ou jusqu'au-dessous de la muqueuse qui recouvre l'extrémité postérieure de la base de la langue.
W. Gruber, notamment a publié un certain nombre de cas de ces « sacs ventriculaires extra-laryngiens » unilatéraux ou bi- latéraux homologues des diverticules si étendus qu'on rencontre normalement chez certains singes (le gorille et l'orang par exemple).
La paroi externe de l'appendice est, dans sa partie inférieure, en rapport avec des fibres des muscles thyro-aryténoïdien et thyro-épiglottique; sa paroi interne renferme également quelques faisceaux de fibres musculaires striées. Toutes deux sont entourées d'un tissu cellulaire très lâche et de glandes abondantes et volumineuses.
Sa cavité est souvent cloisonnée d'une façon plus ou moins complète par des brides ou des lames fibreuses disposées sans régularité.

Étage inférieur

L'étage inférieur a pour limites en haut, les deux cordes vocales inférieures et la fente médiane appelée glotte, qu'elles délimitent en bas, le bord inférieur du cartilage cricoïde circonscrivant l'orifice trachéal.
On peut le diviser en deux réglons, qui d'ailleurs se continuent l'une avec l'autre sans ligne de démarcation, mais diffèrent par leur forme et par la constitution de leurs parois. Le plan unissant la partie moyenne du bord inférieur du cartilage thyroïde au bord supérieur du cartilage cricoïde les séparerait.
La région inférieure est presque cylindrique. Son diamètre transversal est cependant toujours inférieur de quelques millimètres à son diamètre antéro-postérieur. Elle correspond à la face interne du cartilage cricoïde ainsi qu'à la face postérieure de la membrane qui, en avant, unit ce cartilage au cartilage thyroïde. Toutes ces surfaces sont revêtues par une muqueuse lisse, mince et assez adhérente. La forme de cette région ne change jamais, grâce à la rigidité de sa paroi,
La région supérieure est pyramidale
On peut lui décrire trois faces, deux latérales symétriques et une postérieure.
Les faces latérales, inclinées de bas en haut et de dehors en dedans, ne sont que les prolongements des parois latérales de la région précédente. Chacune est formée en avant, par la face interne du muscle thyro-aryténoïdien et la face inférieure de la corde vocale inférieure; en arrière, par la face interne de l'apophyse vocale du cartilage aryténoïde qui fait un relief très prononce sous la muqueuse.
La face postérieure est constituée par la partie inférieure de ce que l'on a appelé l'arrière-fond de la cavité du larynx, c'est-à-dire de l'espace creusé en gouttière plus ou moins large qui se trouve compris entre les bords internes des cartilages aryténoïdes et ferme en arrière successivement le vestibule, la région médiane de l'étage moyen et enfin la région supérieure de l'étage inférieur. Cet espace est occupé par une muqueuse sillonnée de plis longitudinaux.
En avant les deux faces latérales convergent l'une vers l'autre et se rejoignent au niveau de l'angle rentrant du cartilage thyroïde depuis son bord inférieur jusqu'au point d'attache des deux cordes vocales inférieures. Immédiatement au-dessous de ce point on observe quelquefois la présence d'un bourrelet transversal réalisant une sorte de commissure entre les extrémités antérieures de ces cordes.

Cordes vocales inférieures

Les cordes vocales inférieures marquent la limite supérieure des parois latérales de l'étage inférieur du larynx. Comme les supérieures elles se montrent sous l'aspect de deux lèvres ou replis proéminents, tendus d'avant en arrière. Seulement la saillie qu'elles font est plus accentuée que celle des cordes supérieures; en d'autres termes elles se rapprochent plus de la ligne médiane que celles-ci. Il s'ensuit que, quand on explore la cavité du larynx par le haut, c'est-à-dire par le vestibule, on aperçoit d'abord les deux cordes supérieures, puis plus profondément tes cordes inférieures qui les dépassent d'une étendue notable. Si, au contraire, on regarde par la trachée on ne voit que les cordes Inférieures.
En avant, les cordes vocales partent de l'angle rentrant du cartilage thyroïde, immédiatement de chaque côté de la ligne médiane, et à 2,5 mm (en moyenne) au-dessous des cordes vocales supérieures. D'après les recherches de Taguchi la distance comprise entre leur point d'attache et le fond de l'incisure thyroïdienne est en moyenne : chez l'homme de 8,5 mm chez la femme de 6,5 mm et chez l'enfant de 4 millimètres. En arrière, elles se continuent chacune avec l'extrémité antérieure du relief produit par la présence de la face interne de l'apophyse vocale du cartilage aryténoïde. Sur les coupes sagittales on voit que, chez l'homme adulte, elles sont situées à la hauteur de la 3° vertèbre cervicale ou du 4° disque intervertébral.
La forme de la corde vocale inférieure est celle d'un prisme triangulaire dont la face externe est confondue avec la paroi latérale du larynx ; La face supérieure nous est connue, c'est elle qui constitue le plancher du ventricule de Morgagni.
La face interne, d'abord presque verticale dans une certaine étendue, s'incline ensuite en dehors et en bas. Le bord libre de la corde est horizontal et tranchant ; en arrière, il se perd, en s'élargissant, sur la face interne du cartilage aryténoïde.
Divers éléments entrent dans la constitution des cordes vocales la muqueuse, un cordon fibro-élastique (le ligament thyro-aryténoïdien inférieur), et un muscle, le muscle thyro-aryténoïdien. La muqueuse, dont les caractères histologiques seront étudiés plus loin, est mince, transparente et solidement unie a ta couche sous-jacente. Sa couleur est très pâle, blanchâtre, comme nacrée. Au voisinage de l'extrémité antérieure de la corde on aperçoit souvent une petite tache blanc-jaunâtre (Macula flava) due à la présence du nodule sésamoïde antérieur situé dans l'épaisseur du cordon sous-jacent. De même en arrière la pointe fibro-cartilagineuse du cartilage aryténoïde se reconnaît à la coloration jaunâtre de la muqueuse qui la recouvre.
Le ligament et le muscle seront décrits ultérieurement.
Envisageons maintenant l'espace que délimitent les cordes vocales inférieures et que l'on désigne sous le nom de fente glottique ou de glotte.

Glotte

Le terme de glotte, appliqué d'abord à l'ensemble des parties molles du larynx, a été détourné de son sens primitif. Aujourd'hui il désigne non plus les parois d'une cavité, mais une partie de cette cavité et spécialement l'espace compris entre les cordes vocales inférieures et les faces internes des apophyses vocales. La fente qui sépare les cordes supérieures est appelée quelquefois aussi glotte. Pour la distinguer, et parce que son rôle dans la phonation est nul, on la nomme glotte fausse (glotis supria) par opposition à la glotte vraie (glotis vera), la seule qui doit nous occuper.
La glotte proprement dite est donc subdivisée en deux zones, une antérieure ou glotte membraneuse, glotte interligammenteuse, et une postérieure ou glotte cartilagineuse, glotte interarythénoïdienne. On les connaît aussi, la première sous le nom de glotte vocale, la seconde sous le nom de glotte respiratoire, parce qu'en effet elles possèdent chacune des attributions différentes.
Les dimensions et la forme de la glotte varient non seulement suivant le sexe et les Individus, mais encore et surtout, chez un même sujet, selon les diverses phases de la respiration et de la phonation.
Sur le cadavre, les deux cordes vocales, à partir de leur extrémité antérieure, divergent en arrière et se continuent en droite ligne chacune avec la face interne de l'apophyse vocale correspondante. La glotte totale a donc la forme d'un triangle isocèle dont la base, qui répond au fond de l'espace inter-aryténoïdien, mesure de 4 à 5 millimètres, tandis que les grands côtés varient de 25 à 30 millimètres chez l'homme, de 20 à 23 millimètres chez la femme.
Selon Moura, la longueur moyenne de la glotte, c'est-à-dire son étendue antéro-postérieure, serait à l'état de repos chez l'homme, de 23 millimètres (18 à 31) dont 15,5 mm (10 à 22) pour la portion membraneuse, et 7,5 mm (4 à 12) pour la portion cartilagineuse ; chez la femme, de 17 millimètres (12 à 22), dont 11,5 mm (8 à 15) pour la première région et 5,5 mm (3 à 9) pour la seconde. Par distension la glotte atteint, chez l'homme, 27,5 mm (21 à 36) [port. memb. =19, 5 mm (13 à 26), portion cartilagineuse, 8 millimètres (4 à 13)]; chez la femme, 20 millimètres (16 à 24) [portion membraneuse = 14 millimètres (10 à 19), port. cartilagineuse= 6 millimètres (3 â 9)].
L'examen du larynx, pratiqué sur le vivant au moyen du miroir laryngoscopique, nous renseigne sur les transformations de la glotte. Toutes dépendent, on le conçoit, des déplacements que subissent les cordes vocales et les cartilages aryténoïdes.
Nous indiquerons ici brièvement, d'après Merkel, les divers aspects de l'image laryngoscopique normale, et, pour l'étude des agents qui mettent en mouvement ces organes, nous renverrons le lecteur au paragraphe, Muscles du larynx.
L'image laryngoscopique varie beaucoup selon la position que l'en donne au miroir. En le déplaçant on peut explorer à volonté chacune des parois de la cavité du larynx. De plus cette Image est très changeante à cause de la mobilité des organes qu'on examine. Quoi qu'il en soit, l'orifice du larynx se montre circonscrit en avant par l'épiglotte, et sur les côtes par les replis aryténo-épiglottiques.
L'épiglotte se présente sous des aspects très différents selon sa forme et selon sa situation. Elle peut être inclinée en arrière au point de masquer presque entièrement l'intérieur du larynx, ou bien en avant sur la base de la langue. On l'aperçoit alors en raccourci sous forme d'une bandelette étroite. Sa configuration en selle est toujours très appréciable et caractéristique, mais plus ou moins accusée. Enfin son épaisseur est variable suivant l'état de santé du sujet. Lorsque la muqueuse est mince et exsangue, le cartilage qu'elle recouvre se manifeste par une coloration jaunâtre.
En arrière du milieu concave de l'épiglotte, fait saillie dans l'intérieur du larynx une éminence, le épiglottique, qui figure plutôt un bourrelet allongé qu'un bouton arrondi. On ne le confondra pas avec une tumeur. Des deux côtés partent les replis ary-épiglottiques. On ne voit pas, dans les conditions habituelles, leurs extrémités antérieures, cachées qu'elles sont par les bords latéraux de l'épiglotte sous lesquels elles semblent s'enfoncer. Vers leur terminaison on remarque de chaque côté deux saillies plus ou moins volumineuses et régulières, parfois mal délimitées. Ces saillies répondent, l'antérieure au tubercule de Morgagni, la postérieure au tubercule de Santorini. Lorsque la respiration est calme, les tubercules de Santorini sont séparés par un intervalle notable occupé par un repli de la muqueuse tendu en pont. Pendant l'émission des sons ils se rapprochent, l'intervalle de séparation devient alors une sorte, d'encoche.
L'espace entouré comme il vient d'être dit renferme les deux paires de cordes vocales et la fente glottique. Les cordes vocales inférieures attirent immédiatement l'attention parce qu'elles proéminent plus que les supérieures. Elles se distinguent par leur couleur blanche, leur aspect presque tendineux, nacré même. En arrière apparaît la pointe de l'apophyse vocale comme une tache jaunâtre.
La direction des cordes est très variable puisque c'est d'elles que dépend la variété des sons. Seule leur extrémité antérieure est fixe. Lorsque les deux cordes sont très rapprochées, la glotte se réduit à une fente linéaire médiane. Sont-elles au contraire écartées au maximum, alors l'image est celle d'un triangle dont la hase postérieure est concave en avant et dont les côtés forment un coude dont le sommet dirigé en dehors répond à l'union de la portion membraneuse et de la portion cartilagineuse de la corde. Dans le cas où les cordes vocales se rapprochent, le coude est orienté en sens inverse; son sommet est tourné en dedans.
Les cordes vocales supérieures ont la coloration rouge habituelle des muqueuses très vasculaires. Leur direction n'est pas toujours parallèle celle des cordes Inférieures. Elles peuvent se rapprocher complètement et se juxtaposer.
En dedans de leur bord libre on voit une ligne sombre qui correspond à l'orifice du ventricule de Morgagni.
L'examen laryngoscopique permet encore d'explorer les gouttières pharyngolaryngées et la face antérieure, laryngée, du pharynx. Si la glotte est largement ouverte et l'éclairage intense, on peut apercevoir l'intérieur de la trachée jusqu'à sa bifurcation.

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