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De la couleur du tympan.

La couleur de la membrane du tympan à l'état physiologique est un des points les plus importants et les plus difficiles à déterminer de son étude. Il est important, parce que toute maladie de la caisse ou de la membrane s'accompagne d'un changement de coloration, et difficile en ce que, dans un certain nombre de cas, ce sont des nuances seulement qui séparent l'état normal de Fêtât pathologique.

D'après Trœltsch, « la membrane est brillante, transparente et d'une couleur gris-perle. » D'après Politzer « la membrane du tympan est un milieu transparent, mais trouble, qui réfléchit une partie de la lumière qu'il reçoit et en laisse passer une autre qui éclaire la caisse du tympan. La caisse, ou plutôt le promontoire qui se trouve placé en face de la membrane, renvoie à travers cette dernière, vers l’œil de l'observateur, une partie de la lumière qu'il a reçue. La couleur du tympan est donc une couleur composée de sa coloration propre de celle de la lumière qui sert à l'éclairage, et enfin de la couleur et de la quantité de lumière que renvoie le promontoire. A l'état normal et vue à la lumière ordinaire du jour, cette couleur peut être le mieux comparée au gris neutre, auquel s'ajoutent de légers tons violets et jaune brunâtre clairs. La membrane du tympan à l'état physiologique présente, selon moi, une couleur grise tirant un peu sur le violet: elle est brillante, miroitante, et offre l’aspect velouté d’un fruit qui a conservé sa fleur.

La coloration du tympan est plus foncée chez l'enfant, ce qui tient à l'épaisseur plus grande de la membrane elle est plus blanchâtre chez le vieillard.

A l'état pathologique, elle peut être noire, qu'elle soit infiltrée de sang, on que le sang soit contenu dans la caisse. Elle peut présenter des ecchymoses partielles. J'en constatai une sur un jeune confrère (lui en prenant un bain chaud s'était amusé à refouler l'eau dans le conduit auditif avec son doigt. Dans le point on siégeait l'ecchymose, en arrière du marteau, existe aujourd'hui une plaque grisâtre la membrane est à ce niveau flasque et complètement privée de résistance ; l'acuité auditive a un peu diminué de ce côté.

La membrane peut être rouge, très vascularisée, dans la myringite aiguë, par exemple; on déterminera cette coloration rouge en injectant de l'eau tiède dans le conduit, on bien en éclairant la membrane pendant un certain temps avec une vive lumière. La rougeur est encore très-prononcée lorsqu'on vient d'enlever un bouchon cérumineux. Elle occupe surtout alors le pôle supérieur au niveau de l'apophyse externe, et m'a paru former une arcade à concavité inférieure, divisée en deux parties à peu près symétriques par le manche du marteau, comme la luette divise le bord libre du voile palatin. Lorsque la myringite n'est pas primitive, mais secondaire, qu'elle succède à une inflammation suppurative de la caisse, les vaisseaux m'ont paru affecter une disposition différente de celle qui précède.

La pièce qui a servi à ce dessin me fut apportée toute fraîche à Clamart par mon élève et ami le docteur de la Bellière. M. C. Labbé la dessina aussitôt. Le malade était phtisique et la caisse pleine de pus.

D'après ce que j'ai vu, la membrane du tympan présenterait une vascularisation différente, suivant que son inflammation procède du conduit auditif où bien de la caisse. Dans le premier cas, lorsque la myringite n'est en définitive qu'une otite externe profonde, il n'y a d'hyperémie que dans le point où se distribuent les vaisseaux qui vont du conduit auditif et de l'artère stylo-mastoïdienne à la membrane du tympan, c'est-à-dire vers le pôle supérieur. Dans le second cas, lorsque la myringite n'est que la conséquence d'une otite interne, l'hyperémie occupe surtout le département où vont se distribuer les branches du rameau tympanique qui se rendent de la caisse à la membrane. Les premiers vaisseaux vont principalement à la portion sus-ombilicale et les seconds à la portion sous-ombilicale du tympan.

La membrane du tympan, au lieu d'être grise comme à l'état normal, peut présenter une teinte blanc mat plus ou moins uniforme. C'est ce qu'on observe dans l'otite scléreuse, et cette coloration est due à l'absence des vaisseaux, qui finissent par s'atrophier et disparaître dans cette maladie; les vaisseaux de la portion sus-ombilicale m'ont paru s'atrophier en dernier lieu au début de cette maladie on aperçoit encore une artère qui descend en côtoyant te manche du marteau, tandis qu'à une période plus avancée on n'en voit plus de traces, même après un examen prolongé à une vive lumière. Cette marche dans l'atrophie des vaisseaux tend bien à prouver que les altérations du tympan sont consécutives A colles de la caisse.

On y trouve aussi des plaques blanches, qui sont de nature très-diverse quelquefois elles traduisent seulement à l'extérieur certains états de la caisse, ainsi qu'on aperçoit, par exemple, à travers la cornée, les épanchements de pus ou de sang dans la chambre antérieure. Quand elles occupent l'épaisseur même de la membrane, ces plaques peuvent être des concrétions crétacées, compatibles avec une acuité auditive normale, ou bien des exsudats qui témoignent d'une myringite interstitielle antérieure et que l'on peut comparer très justement, quant à leur forme, leur couleur et leur mode de production, aux leucomes de la cornée. Les tympans représentés figure 39 montrent combien ces taches blanchâtres sont fréquentes et variées à l'état physiologique. Peut-être sont-elles le résultat des inflammations si communes dans la première enfance. Une fois j'ai observé une concrétion qui se ramollit et s'ulcéra de façon à perforer la membrane; je la rattachai alors à un tubercule à cause de l'état général du sujet, qui était tuberculeux. J'ai recherché plusieurs fois cette myringite tuberculeuse primitive sans la retrouver, tandis que la myringite est au contraire très-fréquente à la suite de l'otite interne des tuberculeux, comme l'a démontré M. de la Bellière dans sa thèse inaugurale. Enfin la membrane du tympan peut présenter une teinte blanc jaunâtre, lorsqu'elle est indurée de pus tout détail de sa surface a disparu sous une couche uniforme. M faut prendre garde que cet aspect peut être dû non pas à une infiltration, mais à une simple application du pus à sa face externe. Nous avons signalé plus haut les bourgeons charnus que l'on trouve souvent dans ce dernier cas au-dessous du pus, et qui, s'ils sont multiples, donnent à la membrane du tympan un aspect framboisé.

La membrane du tympan est d'une minceur extrême et peut être comparée sous ce rapport à une feuille de baudruche. Malgré cela, et comme la baudruche elle-même, elle est tenace et relativement fort résistante, grâce à la disposition des couches qui la constituent. La minceur est une condition physique indispensable au fonctionnement régulier du tympan, et c'est en anéantissant cette propriété que les myringites déterminent un certain degré de dysécie. Il est assez facile d'ailleurs de constater l'épaississement du tympan sur le vivant à l'absence absolue de transparence qui en résulte.

Cette membrane n'est douée, à l'état normal, que d'une très-légère élasticité, ce que démontre le peu d'écartement des deux bords d'une plaie qu'on y pratique.

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