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Membrane hyaloïde et corps vitré.

Le corps vitré est constitué par une masse fluide ressemblant à du verre fondu, absolument transparente il occupe les quatre cinquièmes de la coque oculaire, répond en avant à la face postérieure du cristallin, et dans le reste de sa surface à la rétine, qui prend sur lui ses points d'appui. La consistance normale du corps vitre ressemble à celle du blanc d'œuf et présente une certaine cohésion, mais il est susceptible de se ramollir, de devenir tout fait liquide. Il subit alors dans les divers mouvements de la tête des oscillations qui sont trans- mises à l'iris d'où le tremblement de cette membrane, le tremulus iridis comme symptôme du ramollissement du corps vitré.

De même que la consistance diminue, la transparence du vitré peut égale- ment s'altérer. On y trouve souvent des flocons de forme très-variable qui voyagent dans son intérieur, se déplacent à chaque instant et donnent lieu au phénomène dit mouches volantes. Il n'est pas rare de trouver au milieu du corps vitré ramolli, au lieu de ces flocons, des cristaux de cholestérine qui produisent à l'ophtalmoscope l'effet de paillettes d'or douées d'un mouvement incessant; phénomène désigné en pathologie sous le nom de synchysis étincelant.

L'humeur vitrée est revêtue par une membrane spéciale la membrane hyaloïde dont quelques auteurs ont, à tort selon moi, contesté l'existence, prétendant qu'elle n'est autre que la couche la plus interne de la rétine, dite membrane limitante.

Ce qu'il est permis d'affirmer, car il suffit pour cela d'y regarder à l'œil nu, c'est que l'humeur vitrée est emprisonnée de toutes parts dans une enveloppe d'une transparence parfaite, de la face profonde de laquelle se détachent des cloisons qui la divisent en plusieurs loges. Quoiqu’extrêmement mince, cette membrane suffit pour maintenir l'humeur vitrée en une masse unique tant qu'on ne l'a pas divisée. Quand on vide un œil frais, ne voit-on pas le corps vitré sortir en bloc et rester ainsi un certain temps à l'état de masse bien limitée, ce qui implique nécessairement l'existence d'une enveloppe périphérique ?

Le chirurgien n'est-il pas souvent obligé de couper avec des ciseaux la portion du corps vitré qui vient parfois s'engager entre les lèvres de la plaie dans une opération de cataracte, ce qui ne s'explique que par des cloisonnements intérieurs ?

Voici comment je comprends la membrane hyaloïde, dont les connexions en avant offrent un intérêt chirurgical de premier ordre.

Contiguë à la face interne de la rétine, à laquelle elle n'adhère en aucune façon, l'hyaloïde enveloppe de toute part l'humeur vitrée, dont elle est inséparable. Arrivée au voisinage de la grande circonférence du cristallin, la membrane hyaloïde se divise en deux feuillets l'un, antérieur (H, fig. 76), s'applique à la face interne de cette zone et se confond avec elle pour aller ensuite s'unir ensemble à la cristalloïde antérieure l'autre, postérieur (I, fig. 76), passe derrière le cristallin, tapisse la niche dans laquelle est reçue cette lentille et se confond avec la cristalloïde postérieure E.

L'écartement des deux lames de l'hyaloïde limite au pourtour du cristallin un canal triangulaire F désigné sous le nom de canal godronné ou de Petit, à cause de la forme régulièrement bosselée qu'il revêt quand il est distendu. Je n'ignore pas que cette description est quelque peu schématique et qu'il se- rait aussi exact de dire la membrane hyaloïde se termine en avant en se con- fondant avec la face interne de la zone de Zinn, qui se divise elle-même en deux feuillets, l'un antérieur, l'autre postérieur. Quoi qu'il en soit, le fait indiscutable, c'est que la zone de Zinn et la membrane hyaloïde ne forment en avant qu'une seule et même membrane, et que cette membrane s'unit de la manière la plus intime avec l'enveloppe du cristallin et, pour dégager encore davantage de la question anatomique ce qu'il importe à un haut degré que sache le chirurgien, nous dirons : Le corps vitré présente avec l’appareil cristallinien des connexions si intimes que, si l’on tente, dans l’opération de la cataracte, de faire sortir le cristallin sans avoir préalablement détruit ces connexions, le corps vitré s'échappe en bloc à l’extérieur.

Le corps vitré, débordant légèrement le cristallin sur sa circonférence, est en rapport à la périphérie du globe de l'œil avec les procès ciliaires et se trouve très-peu éloigné de la grande circonférence de l'iris. Une conséquence importante résulte de ce rapport. Nous avons vu plus haut que, grâce au biseau cornéen, l'incision dans l'opération de la cataracte peut porter sur la sclérotique sans que pour cela le couteau cesse de cheminer dans la chambre antérieure en avant de l'iris. Mais on conçoit qu'il suffise d'un bien faible écart en arrière pour ouvrir la membrane hyaloïde et donner issue au corps vitré. Aussi est-ce là un accident presque inséparable de la méthode primitive de de Graefe c'est la raison principale qui a engagé l'auteur et ses élèves à rapprocher de plus en plus l'incision du limbe sclérotical.

L'issue du corps vitré doit, en effet, toujours être considérée comme un accident qu'il faut chercher à éviter, sans toutefois s'en préoccuper outre mesure lorsqu'il n'en est sorti qu'une faible quantité car, ainsi que le docteur Piermé l'a démontré, le corps vitré se reproduit assez rapidement.

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