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Iris.

L'iris représente un diaphragme tendu verticalement en arrière de la cornée, au-devant du cristallin, et percé, à son centre, d'un trou qui forme la pupille.

Cette membrane est, comme la choroïde, essentiellement vasculaire, et des vaisseaux communs établissent entre elles de si intimes relations, que ces deux membranes ne constituent en réalité qu'un seul système aussi l'inflammation les envahit-elle très-rarement d'une manière isolée et constitue-t-elle une véritable irido-choroïdite.

L'iris, par sa grande circonférence, répond au bord postérieur du biseau cornéen, au point de jonction de la cornée, de la sclérotique, du muscle ciliaire et du canal de Schlemm.

Il est fixé en ce point par la réflexion de la lame élastique postérieure ou membrane de Descemet, qui constitue une sorte de ligament auquel on a donné le nom de ligament ~ee il est encore fixé par quelques fibres du muscle ciliaire, et aussi par les nombreux vaisseaux et nerfs qui de la sclérotique et de li choroïde se rendent à l'iris.

Malgré ces divers moyens d'union, les attaches de l'iris sont loin d'être résistantes, et elles cèdent à une légère traction, comme aussi à une contusion du globe de l'œil.

Tendu verticalement en avant du cristallin, sur lequel il semble se mouler, l'iris circonscrit entre cet organe et la cornée deux espaces auxquels on donne

(1) Étude clinique et anatomique sur le sarcome de la choroïde et sur la mélanose intraoculaire par le Dr Léon Brière. (Thèse de Paris, 1873.) le nom de chambre de l’œil  et que nous retrouverons plus loin à propos des milieux.

L'iris est mobile, comme flottant dans les chambres de l'œil, sur les parois desquelles il peut contracter adhérence dans certains cas d'iritis ou de kératite (synéchies).

La couleur de l'iris présente des nuances infinies. Elle est en général en harmonie avec celle des cheveux bleue chez les sujets blonds, brune chez les sujets noirs. Sa surface est lisse et présente un reflet brillant. Elle devient terne et change de couleur sous l'influence du processus inflammatoire. L'iris peut manquer complétement ou n'être représenté que par un anneau très-étroit, ce que nous expliquera plus loin l'étude du développement de l'appareil de la vision. Cette aniridie est congénitale et ordinairement héréditaire. On remédiera facilement à ce vice de conformation par des lunettes appropriées.

Quelquefois l'iris est fendu du bord pupillaire à sa grande circonférence, comme s'il existait une pupille artificielle c'est une division congénitale coïncidant souvent avec une division semblable de la choroïde et qui est désignée sous le nom de Coloboma.

La pupille peut n'être pas centrale (corectopie). Elle peut être complètement oblitérée par la persistance de la membrane capsulo-pupillaire, qui existe chez le fœtus (acorie). Enfin, au lieu d'un seul orifice, l'iris peut en présenter plusieurs (polycorie).

La structure de l'iris comprend f une couche épithéliale en avant ; 2° une couche épaisse de pigment en arrière 3° une couche intermédiaire musculo- vasculaire.

Les fibres musculaires sont lisses les unes, circulaires, entourent la pupille les autres, radiées, se portent de celles-ci à la grande circonférence de l'iris, ou elles se continuent avec les fibres de la couche profonde du muscle ciliaire. Ce sont ces fibres qui donnent à l'iris la propriété si remarquable de resserrer la pupille (myosis) ou de la dilater (mydriase) sous l'influence de la lumière ou de certains agents thérapeutiques, tels que la fève de Calabar ou la belladone.

Les vaisseaux qui s'y distribuent sont très-nombreux : les artères proviennent des deux ciliaires longues et des ciliaires courtes antérieures (branches des musculaires~. Elles constituent deux cercles artériels, le grand et le petit cercle, au niveau de la grande et de la petite circonférence de l'iris.

Les veines suivent un trajet analogue à celui des artères. Se réunissant au niveau de la grande circonférence en une sorte de plexus veineux, elles forment le canal veineux, canal de Fontana ou de Schlemm.

Ce canal veineux (G, fig. 75), aboutissant du système veineux de l'iris, est exactement situé au point d'union de la cornée, de la sclérotique, du muscle ciliaire et de l'iris. On conçoit donc que, si l'incision cornéenne dans la cataracte empiète trop sur la sclérotique, si elle dépasse la lèvre postérieure du biseau cornéen, ce canal sera ouvert et fournira un écoulement de sang assez abondant. C'est là un des reproches les plus sérieux à faire à la méthode primitive de de Graeffe.

Les nerfs de l'iris émanent du ganglion ophtalmique, à la composition du- quel concourent le moteur oculaire commun, la branche ophtalmique de Willis et un rameau carotidien du grand sympathique. Le moteur oculaire commun se distribue aux fibres circulaires et préside par conséquent a. la contraction de la pupille ; le grand sympathique anime les fibres radiées et préside à la dilatation de la pupille de là le rôle important que joue l'examen de cet orifice dans la paralysie des différentes branches nerveuses qui se distribuent dans l'iris.

Par suite de sa grande vascularité, l'iris s'enflamme fréquemment, et sous l'in- fluence de causes très-diverses. L'inflammation est aiguë ou chronique une iritis aiguë peut survenir à la suite d'une plaie, d'une contusion de l'œil elle accompagne ordinairement les ophtalmies purulentes, mais en général l'iritis a plutôt une marche chronique. Elle est parfois sous la dépendance de l'affection rhumatismale, mais la cause par excellence de l'iritis est la syphilis. Bien que l'iritis syphilitique n'ait pas en réalité de caractère pathognomonique, on peut cependant dire qu'elle a une physionomie particulière qui trompera peu un observateur exercé. Je rappellerai que la déformation de la pupille, le change- ment de couleur de l'iris, la perte de son aspect brillant, les irrégularités de sa surface, qui parfois forment de véritables petites tumeurs, le cercle gris péri-kératique et de violentes douleurs circum-orbitaires, sont les principaux symptômes auxquels on reconnaîtra l'iritis. Souvent des exsudats se déposent dans le champ pupillaire, obscurcissent plus ou moins complétement la vision, déterminent la production de synéchies, et, si un traitement énergique et spécifique n'intervient pas, la vision peut être à jamais perdue. L'iritis est une maladie très-insidieuse, l'iritis syphilitique surtout, en ce que, à un examen superficiel, l'œil paraît à peine malade, à cause du peu de réaction produit sur la conjonctive et sur la cornée.

L'iris est depuis quelques années le siège d'une opération qui a fortement agité le monde chirurgical, nous voulons parler de l'iridectomie.

L'iridectomie consiste retrancher une portion plus ou moins grande d'iris que l'on a attirée à l'extérieur à travers une incision faite à la cornée. Jusqu'en 1852, l'incision, le décollement, l'excision ou l'arrachement de l'iris, désignés dans les traités spéciaux par des noms plus difficiles à retenir que le manuel opératoire lui-même, n'avaient qu'un seul but, ne répondaient qu'à une seule indication ouvrir une porte aux rayons lumineux à travers un iris oblitéré en un mot, pratiquer une pupille artificielle, ce qu'avait fait pour la première fois, en 1728, le chirurgien anglais Cheselden.

Le champ des indications opératoires a été singulièrement agrandi par de Graeffe. Ce chirurgien, ayant rattaché la production du glaucome à une irido-choroïdite, eut la pensée logique de combattre cette terrible affection en s'attaquant directement à la cause immédiate. Il fit l'iridectomie et réussit. Appliquée au traitement du glaucome aigu, l'iridectomie est une conquête précieuse, quel que soit d'ailleurs son mode d'action. Pour bien fixer le but qu'il se proposait, de Graeffe la désigna sous le nom d'iridectomie antiphlogistique, en opposition à l'iridectomie pratiquée pour rétablir la pupille obstruée par une cause quel- conque, qu'il appela :)' optique.

On a appliqué l'iridectomie au traitement du glaucome chronique, mais sans succès, à cause des désordres irréparables qui succèdent dans les milieux de l'œil à la pression intraoculaire longtemps prolongée. L'iridectomie antiphlogistique a été souvent tentée également contre divers états inflammatoires chroniques de l'œil les kératites vasculaires, par exemple, dont je parlais plus haut. J'ai plusieurs fois combiné ce traitement avec la tonsure conjonctivale, mais sans résultat sérieux.

L'iridectomie optique et l'iridectomie antiphlogistique sont donc deux opérations ou plutôt deux indications dont la valeur est indiscutable.

Il n'en est pas de même d'une troisième application.

De Graefe, à la recherche du 100 pour 100 de succès dans les opérations de cataracte, fut amené à modifier profondément notre méthode française de Daviel, la kératotomie à lambeau. Il imagina un couteau spécial, diminua de moitié la largeur de l'incision, la fit linéaire au lieu de la faire a lambeau et la recula en arrière de la cornée sur la sclérotique au niveau même de l'insertion de l'iris. L'opération devenait ainsi beaucoup plus difficile. L'un des obstacles les plus puissants à la sortie du cristallin était l'étroitesse de la plaie scléroticale, et aussi la présence de l'iris, contre lequel venait butter la lentille. L'iris gênant la sortie du cristallin, on le coupa. Telle est l'origine de l'iridectomie appliquée à l'opération de la cataracte. Elle a donc un but purement mécanique, celui de favoriser la sortie du cristallin. On a ajouté plus tard que l'iridectomie dans ce cas était encore une mesure prophylactique contre l'iritis consécutive. Cela est vrai, mais le but prophylactique est néanmoins secondaire dans la méthode de de Graefe.

L'iridectomie dans l'extraction de la cataracte n'a jamais été franchement acceptée par tous les chirurgiens, et elle perd de plus en plus de terrain. On la considère comme un auxiliaire dangereux dont on voudrait pouvoir se passer. Aussi plusieurs chirurgiens Küchler, Notta, Liebreich, ont-ils peu à peu rapproché leur incision du centre de la cornée pour pouvoir se dispenser de cou- per l'iris. Je dois dire cependant que la plupart restent fidèles à la méthode de de Graefe, modifiée par l'auteur lui-même, et qu'ils pratiquent la section linéaire de la cornée avec iridectomie. D'ailleurs, il n'y a pas actuellement de méthode classique pour l'extraction de la cataracte c'est une question à l'étude et en voie d'enfantement.

Des corps étrangers, tels que paillettes métalliques, éclats de capsule, fragments de verre, grains de plomb, etc., peuvent, après avoir traversé la cornée, s'implanter dans l'iris et y produire de très-graves accidents. Si on ne peut les dégager avec une pince, il faut exciser le morceau d'iris où ils sont implantés.

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