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Cristallin.

On donne le nom de cristallin à une lentille biconvexe, offrant la transparence du cristal, située entre le corps vitré, qui est en arrière, et l'iris, qui est en avant.

Le cristallin est reçu dans une sorte de cupule que lui présente la face antérieure du corps vitré. Par sa circonférence, le cristallin répond, de l'intérieur à l'extérieur du globe : 1° à la zone de Zinn, qui y adhère intimement 2° à la zone choroïdienne 3° au muscle ciliaire 4° à la sclérotique, immédiatement en arrière du biseau cornéen et du canal de Fontana.

Les deux faces de la lentille cristallinienne n'offrent pas la même courbure la face postérieure est légèrement plus courbe que l'antérieure. Le diamètre transversal du cristallin mesure de 9 à 10 millimètres, et son épaisseur est de 4 1/2 à 5 millimètres son poids varie de 20 à 28 centigrammes.

Le cristallin se compose de deux parties absolument distinctes une enveloppe ou capsule, et un contenu, ou substance propre du cristallin. Ces deux parties du même organe présentent des aptitudes physiologiques et pathologiques très-différentes.

Capsule cristalline

La capsule entoure le cristallin de toutes parts, et on lui donne généralement, à cause de sa transparence absolue, le nom de cristalloïde, que l'on divise en antérieure et postérieure.

Quoique très-mince, la capsule est résistante les chirurgiens savent quelle difficulté parfois insurmontable elle oppose à la sortie du cristallin, malgré des pressions assez fortes, tant qu'elle n'a pas été ouverte.

Elle est, de plus, très-élastique. On le constate en l'insufflant elle se laisse distendre par l'air et revient aussitôt sur elle-même. On le constate également en la déchirant en effet, dès qu'une simple déchirure linéaire a été pratiquée à sa surface, les deux lèvres de l'incision s'écartent aussitôt l'une de l'autre et laissent à nu la substance propre du cristallin, qui s'échappe par cette ouverture sous l'influence de la plus légère pression, et même spontanément. Les deux moitiés de la capsule se replient, s'enroulent sur elles-mêmes, et s'il reste* encore des couches corticales du cristallin non opacifiées (ce qui a lieu dans les cataractes incomplètes), les débris de la capsule entraînent avec elles ces couches, que le chirurgien n'aperçoit pas dans le champ de la pupille, à cause de leur transparence, et qui deviennent bientôt le point de départ d'une cataracte secondaire.

La capsule du cristallin est donc une pierre d'achoppement dans l'opération de la cataracte ; c'est elle qui offre le seul obstacle à la sortie du cristallin (quand l'incision cornéenne est convenable), et c'est elle qui est à peu près toujours la cause ou le point de départ des cataractes secondaires aussi les chirurgiens ont-ils dirigé avec ardeur leur attention de ce côté. C'est dans le but de prévenir l'emprisonnement des couches corticales dans les débris de la capsule que M. le docteur Perrin a modifié le kystitome. Au lieu d'une seule dent, son kystitome en présente plusieurs, ce qui lui donne la forme d'un petit râteau qui divise la cristalloïde en languettes isolées et impuissantes à faire une poche fermée de toutes parts.

Le problème serait encore bien mieux résolu, si dans l'opération de la cataracte on pouvait enlever le cristallin avec sa capsule. Mais cela est-il possible ? C'est ici le lieu de rappeler que la zone de Zinn, portion antérieure de la ré- tine, vient s'attacher et se confondre, au niveau de la grande circonférence du cristallin, avec la cristalloïde antérieure; que dans ce même point la membrane hyaloïde ou enveloppe du corps vitré est tellement confondue avec cette zone, qu'elle ne paraît faire avec elle qu'une seule membrane et nous avons vu du reste que pour certains auteurs modernes la membrane hyaloïde n'est autre chose que la couche la plus interne de la rétine. Le cristallin et le corps vitré sont donc unis de la manière la plus intime par leurs enveloppes, celles-ci étant continues l'une à l'autre.

Pour démontrer cette intimité, je fais dans mes cours l'expérience suivante : le corps vitré et le cristallin étant extraits du globe, je tourne et retourne cette masse en tous sens : l'humeur vitrée s'échappe peu à peu des cloisons qui la retiennent, le corps vitré s'affaisse, mais le cristallin reste toujours en place tant que la cristalloïde n'a pas été ouverte mais, à peine fait-on à cette dernière la moindre déchirure, que le cristallin s'échappe aussitôt. J'en conclus ceci : Il est matériellement impossible, à l’état normal, d’enlever le cristallin avec sa capsule, sans faire sortir en même temps le corps vitré, c’est-à-dire sans vider l'œil. On ne saurait, par conséquent, édifier une méthode opératoire qui ait pour but l'extraction du cristallin avec sa capsule, et cependant il est incontestable que le fait peut se produire, mais à l’état pathologique et malgré le chirurgien. Le docteur Notta, de Lisieux, m'adressa un cristallin à gros noyau qu'il venait d'extraire l'examen histologique fait par M. le docteur Grancher, chef de laboratoire à Clamart, démontra l'existence d'une couche de cellules épithéliales à la surface du cristallin et, par conséquent, l'existence de la capsule elle-même. Ainsi donc, sous l'influence de certaines conditions pathologiques, absolu- ment inconnues et qu'il y aurait grand intérêt à déterminer, les adhérences de la cristalloïde avec le corps vitré ont assez diminué pour que l'appareil cristallinien puisse être extrait en entier.

La cristalloïde est d'une transparence presque inaltérable, et il est très-rare qu'elle participe à l'opacité dans la cataracte. Malgaigne avait dit jamais, afin de frapper l'esprit des chirurgiens et d'y faire regarder de plus près. Ces opacités de la capsule coïncident avec les cataractes molles, et elles se présentent sous la forme de petites taches blanches, isolées à la surface du cristallin, situées sur un plan superficiel, ce qu'on peut apprécier aisément avec un bon éclairage latéral.

Substances propres du cristallin

La substance propre du cristallin se compose de deux couches distinctes l'une superficielle, molle, l'autre profonde ou centrale, plus ferme.

La couche superficielle présente sur le vivant une consistance gommeuse et se résout après la mort en un liquide appelé liquide de Morgagni. Elle est, en général, la dernière à s'opacifier dans la cataracte, et c'est précisément cette substance molle qu'entraîne avec elle la capsule en se rétractant après la kystotomie, et qui plus tard produit à son tour les cataractes secondaires.

La couche profonde est composée de fibres qui forment deux plans superposés le premier plan, de beaucoup le plus mince, renferme des fibres creuses à noyaux, appelées encore tubes. Cette couche, dans la cataracte, constitue l'enveloppe blanche et molle qui entoure à peu près constamment le noyau d'où le nom de demi-molle donné à cette variété de cataracte, parce qu'elle est molle à sa périphérie et dure au centre. Elle est la plus fréquente de toutes. Le second plan constitue la partie centrale et la presque totalité du cristallin. Il est plus ferme, plus dense, et a reçu le nom de noyau ; c'est à peu près constamment par l'opacité de ce noyau que débutent les cataractes l'opacité rayonne ensuite pour gagner la périphérie. Aussi les malades, au début de la cataracte, voient-ils beaucoup mieux quand la pupille est dilatée, circonstance qu'exploitent certains individus en instillant dans l'œil un collyre à l'atropine. Ce plan est constitué par des fibres dites fibres dentelées ou fibres propres du cristallin. Ces fibres présentent sur leurs bords des dentelures par lesquelles elles s'engrènent les unes avec les autres de façon à former une mince lamelle. Toutes les lamelles sont superposées et emboîtées les unes dans les autres, comme les lames d'un oignon.

Le plan des cellules et des tubes s'enfonce profondément dans l'épaisseur de la couche des fibres suivant trois lignes qui se rendent en divergeant du centre à la circonférence du cristallin sous forme de rayons. Si les cellules qui forment ces méridiens deviennent granuleuses, tandis que les parties voisines restent transparentes, elles se présentent alors sous l'aspect de trois lignes blanchâtres rayonnant du centre à la circonférence du cristallin ce qu'on a désigné du nom de cataracte à trois branches. Le cristallin prend dans la vieillesse une teinte jaunâtre.

Si la cristalloïde devient très-rarement opaque, il n'en est pas de même de la substance propre celle-ci s'altère très-facilement, et la plus légère blessure du cristallin détermine la production d'une cataracte traumatique. Le cristallin cataracte présente une coloration très-variable. Il peut être d'un blanc laiteux (cataracte liquide), d'un blanc nacré (cataracte demi-molle), de couleur jaune ambrée (cataracte dure); il peut même être noir. La consistance de la lentille oscille à l'état pathologique entre la consistance liquide et une dureté presque pierreuse.

Des expériences faites sur les animaux ont démontré que la capsule était susceptible de pouvoir reproduire le cristallin après son extraction.

Quant à son développement, le cristallin naît aux dépens d'un prolongement digitiforme de l'épiderme de l'embryon (voir Développement).

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