Index de l'article

Choroïde.

Membrane éminemment vasculaire, la choroïde est étendue de l'entrée du nerf optique à l'iris, avec lequel elle offre les connexions les plus intimes. Très-mince en arrière, où elle mesure 1/6 de millimètre, elle s'épaissit en avant et atteint 1 millimètre en D (fig. 75) au niveau du point désigné sous le nom de zone choroïdienne.

La choroïde est formée de trois couches une couche extérieure, lamelleuse une couche intérieure, pigmentaire, et une couche intermédiaire, vasculaire. La couche vasculaire est elle-même composée d'artères, de veines et de capillaires. La couche des capillaires, désignée encore sous le nom de membrane chorio-capillaire, est la plus rapprochée du centre de l'œil, et c'est elle qui donne au fond de l'œil cet aspect rouge uniforme que les débutants en ophtalmoscopie voient tout d'abord avant de distinguer la papille et les divers autres détails. La partie antérieure de la choroïde ou zone choroïdienne se continue directe- ment avec la choroïde en arrière dans un point désigné sous le nom d'ora serrata expression dont se servent encore parfois les ophtalmologistes. L'ora serrata est placée en avant de l’équateur de l'œil à 5 ou 6 millimètres environ en arrière de la circonférence de la cornée. La zone choroïdienne est donc cette portion de la choroïde située entre l'ora serrata en arrière et la circonférence de la cornée en avant.

Elle présente à considérer une face externe, en rapport avec la sclérotique une face interne, continue a la membrane sous-jacente, la rétine, qui dans ce point porte le nom de zone de Zinn une extrémité postérieure, simple, se continuant directement avec la choroïde, et une extrémité antérieure qui se divise en deux parties l'une externe E (fig. 75) ou muscle ciliaire, et l'autre interne F (fig. 75) ou procès ciliaires.

Deux couches de fibres musculaires lisses constituent le muscle ciliaire (ancien

Fig. 75 Schéma montrant le biseau cornéen et la terminaison de la choroïde en avant.

  • A, sclérotique.
  • B, cornée.
  • G, canal de Schlemm.
  • C. biseau cornéen.
  • H, iris.
  • D, choroïde.
  • I, chambre postérieure.
  • E, muscle ciliaire.
  • J, chambre antérieure.

ligament ciliaire) une couche; externe radiée (muscle de Brücke) s'étendant du canal de Schlemm en avant a la zone choroïdienne en arrière, qu'il contribue a former, et une couche interne circulaire (muscle de Rouget et H. Müller). Cc muscle, appelé encore muscle tenseur de la choroïde, joue un rôle absolument déterminé aujourd'hui c'est le muscle de l'accommodation. II exerce une com- pression circulaire sur le cristallin, dont il modifie la courbure de façon à diminuer ou à augmenter la convergence des rayons lumineux. J'ai déjà parlé de l'action de ce muscle dans l'hypermétropie.

Hancock a voulu faire jouer au muscle ciliaire un rôle important dans la production du glaucome aigu, qui pour lui ne serait autre chose qu'une contracture de ce muscle. Il proposa en conséquence de traiter cette affection par la section en travers des fibres musculaires, et il obtint des résultats heureux. Mais je ferai remarquer qu'une ponction faite sur un point quelconque du globe diminue la pression intraoculaire, aussi bien que l'iridectomie proposée par de Graeffe, et qu'il est impossible d'affirmer qu'une ponction au niveau du muscle ciliaire agit seulement en brisant l'anneau musculaire contracture.

Les procès ciliaires (f, fig. 74) forment autour du cristallin une couronne com- posée d'une soixantaine de plis rayonnes. Ils présentent une face externe en rapport avec le ligament ciliaire une face interne en rapport avec la zone de Zinn et la grande circonférence du cristallin; une extrémité postérieure et supérieure se continuant avec la zone choroïdienne une extrémité antérieure et inférieure libre, flottante dans la chambre postérieure, contiguë à la face postérieure de l'iris.

Placés entre le muscle ciliaire et le cristallin, les procès ciliaires sont manifestement destinés à contribuer, comme agents passifs, à la production du phénomène si important de l'accommodation de l'œil aux différentes distances ils répartissent uniformément la pression sur la lentille en même temps qu'ils la protègent contre une action trop énergique du muscle.

La choroïde est susceptible d'être envahie par des tumeurs sarcomateuses, tantôt blanches, le plus souvent chargées de pigment (1).

La marche de ce sarcome est très-insidieuse il débute par une petite tumeur qui, appréciable seulement à l'ophtalmoscope, décolle d'abord la rétine et modifie à peine le champ visuel. Il progresse peu à peu, finit par abolir complétement la vision et provoque les violentes douleurs de la compression intraoculaire. Il détruit la coque de l'œil, fait irruption à l'extérieur et peut franchir les limites de l'orbite pour gagner la joue, le sinus maxillaire, la tempe et la cavité crânienne, ainsi que j'en ai observé dernièrement un triste exemple. Il faut exiger impérieusement du malade le sacrifice complet de l'œil aussitôt que le diagnostic aura été établi, avant surtout que le produit morbide ait gagné les parois de l'orbite.

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion