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La loge antérieure de l'orbite représente la forme d'une capsule et est exclusivement occupée par le globe de l'œil.

Le globe de l’œil est un sphéroïde suspendu dans la cavité de l'orbite, ou il est maintenu par deux forces qui, tendant à le porter l'une en arrière, l'autre en avant, se font équilibre et l'empêchent d'exécuter d'autres mouvements que ceux de rotation sur place. Il repose en arrière sur un plan fibreux, lequel est lui-même doublé d'une couche épaisse de graisse qui lui forme un point d'appui moelleux. Il glisse avec la plus grande facilité sur cette toile fibreuse, qui présente à cet effet une surface lisse et unie dont quelques auteurs ont fait une séreuse. En avant, il est en contact avec la face postérieure des paupières, sur- tout de la supérieure, qui se moule sur lui.

Le globe de l'œil affecte une position très-variable par rapport à la base de l'orbite : parfois il affleure cette base, d'autres fois il la déborde, et peut enfin être plus ou moins débordé par elle. Ce fait n'est pas sans avoir une certaine importance dans l'opération de la cataracte un œil saillant, en effet, expose davantage à l'issue du corps vitré un œil enfoncé offre de sérieuses difficultés pour bien exécuter le temps de la ponction et de la contre-ponction. Bien qu'il y ait des variétés dans le volume du globe, il ne faudrait pas croire cependant que sa saillie en avant traduise une augmentation réelle de volume. Ces différences tiennent surtout a. ce que l'œil est plus ou moins porté en avant. Quelles sont les dimensions respectives du globe de l'œil et de la cavité orbitaire ? La cavité de l'orbite présente des dimensions très-variables, puisque nous avons donné comme longueur à l'axe antéro-postérieur de cette cavité 4 à 5 centimètres. J'admets les chiffres suivants comme suffisamment exacts pour le chirurgien

Il résulte du rapprochement, de ces dimensions que le globe occupe environ la moitié antérieure de la cavité orbitaire, ce qui varie du reste suivant la saillie plus ou moins grande qu'il fait en avant. Il n'est éloigné des parois supérieure et inférieure que de quelques millimètres la distance qui le sépare des parois latérales est un peu plus considérable. Si l'on ajoute que l'œil n'est pas symétriquement placé dans l’orbite, mais qu'il est plus rapproché de la paroi interne que de l'externe, on arrivera à cette conclusion déjà formulée précédemment que c'est par le côté externe qu'il faut pénétrer de préférence dans l'orbite pour pratiquer l'énucléation du globe de l'œil.

Voici d'ailleurs comment je conseille de procéder à cette opération: Diviser la conjonctive et le fascia sous-conjonctival avec des ciseaux courbes, au niveau de l'attache à la sclérotique du muscle droit externe diviser le tendon de ce muscle; au lieu de continuer la section des tendons tout autour dela cornée, porter immédiatement les ciseaux par la boutonnière conjonctivale jusque sur le nerf optique diviser ce nerf à son entrée dans le globe de l'œil saisir le pôle postérieur du globe avec une pince à griffes et l'attirer au dehors à travers la boutonnière conjonctivale achever ensuite l'opération en rasant la sclérotique.

Cette énucléation d'arrière en avant se fait avec une grande rapidité et met, plus que les autres procédés, à l'abri de l'ouverture de la loge postérieure de l'orbite.

Le poids du globe de l'œil est de 7 à 8 grammes.

A la naissance, l'œil présente des dimensions relativement très-considérables ; elles diffèrent de 3 ou 4 millimètres seulement de celles qui précèdent. Nous avons signalé une disposition analogue pour l'appareil de l'ouïe, ce qui d'ail- leurs est en rapport avec le développement considérable du système nerveux à cette époque de la vie. Le globe de l'œil peut être, au contraire, frappé à la naissance d'un arrêt de développement portant sur sa totalité, ce que l'on désigne sous le nom de microphtalmie.

L'axe antéro-postérieur du globe est normalement en rapport avec la puissance de l'appareil dioptrique ou réfringent de l'œil. C'est ce qui a lieu chez l'emmétrope. Mais il n'en est pas toujours ainsi.

Cet axe, qui est de 24 millimètres, je suppose, chez un sujet emmétrope, peut-être ou plus long ou plus court avec un même appareil dioptrique. Il en résulte des maladies de la réfraction qui sont la myopie et l'hypermétropie.

A l'état normal, l'appareil dioptrique de l'œil est disposé de façon que le foyer se fasse sur la rétine mais supposons un même appareil dioptrique avec un axe antéro-postérieur trop long qu'arrivera-t-il ? Le foyer se fera, non plus sur la rétine, mais en avant de cette membrane sur laquelle se produisent des cercles de diffusion. Cet état constitue la myopie.

Supposons, au contraire, un diamètre antéro-postérieur trop court : l'appareil dioptrique est disposé pour faire converger les rayons lumineux à 24 millimètres en arrière de la cornée si l'écran rétinien se trouve seulement à 22 millimètres, il est évident que le foyer se fera à 2 millimètres en arrière de l'écran, qui ne recevra, lui, qu'une image très-diffuse. Cet état, dont nous devons la con- naissance à l'illustre Donders, constitue l'hypermétropie.

La myopie et l'hypermétropie sont donc deux affections dépendant d'un vice de conformation du globe de l'œil. Le diamètre antéro-postérieur est trop long dans le premier cas, il est trop court dans le second, eu égard, bien entendu, à l'appareil dioptrique, c'est-à-dire aux milieux le myope a besoin de divergence, ce que lui donnent des verres concaves l'hypermétrope n'a pas assez de convergence, il l'obtient par des verres convexes.

La myopie et l'hypermétropie, étant le résultat d'un vice de conformation, sont par là même congénitales, et la myopie ne tarde pas en effet à se manifester chez l'enfant. Mais comment se fait-il que l'hypermétrope ne s'aperçoive de son infirmité qu'à un âge quelquefois avancé, 25, 30 ans, par exemple ? Cela tient à ce que l'agent actif de l'accommodation (muscle ciliaire) vient en aide à l'appareil de la réfraction pour forcer la convergence à se faire sur la rétine. L'équilibre entre les deux appareils, qui est physiologique chez l'emmétrope, n'est obtenu chez l'hypermétrope que grâce à un effort du pouvoir accommodatif, et, cet effort étant instinctif, le sujet n'en a pas conscience. Mais il arrive un moment où le muscle de l'accommodation se fatigue et devient impuissant à fournir ce qui manquait de réfraction. L'hypermétropie devient alors manifeste, de latente qu'elle était. Voici comment elle se manifeste en général le sujet commence un travail de lecture, d'écriture ou de couture ; pendant 10 minutes, un quart d'heure, la vision est nette, mais bientôt les lettres deviennent confuses un instant de repos suffit à ramener la netteté des images. Le sujet recommence son travail, et les mûmes phénomènes se reproduisent. Surviennent ensuite des douleurs circum-orbitaires très-vives et du larmoiement. Le repos de l'organe ra- mène encore tout dans l'ordre, et ainsi de suite.

Ce qui manque à l'hypermétrope, ai-je dit, c'est de la réfraction : il faut donc lui en fournir à l'aide de verres convexes. Il est un préjugé du monde et qui règne encore parmi bon nombre de médecins : il ne faut pas, dit-on, s'accoutumer à porter des lunettes : erreur grave qui peut faire succéder à une lésion purement dynamique au début des altérations organiques. Aussitôt que l'hypermétropie deviendra manifeste, on fera porter (pour la vision rapprochée seulement, puisque l'hypermétrope voit très-bien A distance) des verres convexes en rapport avec le degré de la maladie.

Eu égard à la forme que présente le globe de l'œil, et en le comparant a une sphère, on lui a reconnu un pôle antérieur correspondant au centre de la cornée, et un pôle postérieur, au point diamétralement opposé. Les deux pôles sont situés aux deux extrémités de l'axe antéro-postérieur du globe ou axe optique. Le pôle postérieur correspond, non pas à l'entrée du nerf optique -dans l'œil, mais à 3,50 mm environ plus en dehors, au niveau de la tache jaune, ou macula lutea : aussi, quand on veut examiner la tache jaune à l'ophtalmoscope, faut-il faire regarder le malade directement en face.

Ces données générales étant connues, abordons l'étude des parties constituantes de l'œil.

Mon but étant de m'attacher seulement aux détails d'anatomie nécessaires pour comprendre la pathologie et la médecine opératoire, c'est uniquement à ce point de vue que j'envisagerai l'appareil de la vision. Le globe de l'œil est composé de membranes et de milieux.

Membranes de l'œil

Les membranes de l’œil sont, en procédant de dehors en dedans la sclérotique et la cornée ; la choroïde et l'iris ; la rétine ; la membrane hyaloïde.

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