Index de l'article

Le pancréas est une glande volumineuse annexée au duodénum, dans la cavité duquel il déverse le produit de sa sécrétion, le liquide pancréatique.

Par ses caractères extérieurs comme par sa structure, il présente la plus grande analogie avec les glandes salivaires, d'où le nom de glande salivaire abdominale (Bauchspeicheldrüse) que lui donnent les anatomistes allemands. Le pancréas fait défaut chez les invertébrés ; il manque encore dans quelques groupes de poissons ; mais il existe, à des degrés de développement variables, chez tous les autres vertébrés.

Considérations générales

Situation et moyens de fixité

Le pancréas est situé dans l'abdomen supérieur, au-devant de la première et de la deuxième lombaire, en arrière de l'estomac, entre la rate qui répond à son extrémité gauche et l'anse duodénale qui englobe dans sa concavité son extrémité droite.

Toutes les portions du pancréas ne sont pas également fixes. Son extrémité droite est intimement unie à la deuxième portion du duodénum par des brides conjonctives, par des vaisseaux et surtout par les canaux excréteurs de la glande ; or, comme cette deuxième portion du duodénum est solidement appliquée par le péritoine contre la paroi postérieure de l'abdomen, la partie du pancréas qui lui correspond est, comme elle, à peu près immobile. Il n'en est pas de même de sa partie moyenne et surtout de son extrémité gauche : celles-ci, reliées par les vaisseaux spléniques à un organe qui est essentiellement mobile, la rate, se meuvent tout naturellement avec cette dernière et la suivent dans ses déplacements.

Direction

Le pancréas, avons-nous dit plus haut, est couché transversalement au-devant de la colonne vertébrale. Il convient d'ajouter que sa direction n'est pas exactement rectiligne : tandis que sa moitié droite est horizontale, son extrémité gauche est légèrement oblique de dedans en dehors et de bas en haut, de telle façon que les deux portions, en se réunissant l'une à l'autre, forment un angle fortement obtus à sinus dirigé en haut et à droite. De plus, tandis que la portion moyenne de la glande est refoulée en avant par la colonne vertébrale et par les gros vaisseaux qui croisent sa face postérieure, ses deux extrémités, la gauche surtout, s'enfoncent plus ou moins dans les hypochondres. Il en résulte que, dans le plan horizontal, le pancréas décrit dans son ensemble une courbe dont la concavité regarde en arrière.

Volume

Envisagé au point de vue de ses dimensions, le pancréas présente, comme la plupart des viscères, des variations individuelles souvent fort étendues. Sa longueur, mesurée de son extrémité gauche à son extrémité droite, varie de 16 à 20 centimètres ; sa hauteur est en moyenne de 4 à 5 centimètres ; son épaisseur, de 2 à 3 centimètres. L'observation démontre que le pancréas est ordinairement plus développé chez l'homme que chez la femme.

D'après les recherches de Assmann, la glande pancréatique s'accroît très vite, beaucoup plus vite que le foie, pendant l'enfance et la première jeunesse. Son volume augmente graduellement jusqu'à l'âge de quarante ans, pour diminuer ensuite à partir de cinquante ans et subir alors, plus ou moins rapidement, l'atrophie sénile.

Poids

Son poids moyen est de 70 grammes chez l'homme, de 66 grammes chez la femme. Mais ces chiffres se trouveront en défaut sur bien des sujets. On peut en effet, en dehors de toute influence pathologique, rencontrer des pancréas beaucoup plus petits, dont le poids n'excède pas 30 à 35 grammes ; d'autre part, on peut en observer de plus volumineux, qui pèsent jusqu'à 100 à 150 grammes. Si nous nous en rapportons aux assertions de Sœmmering et de Meckel, on rencontrerait même, et cela dans des cas qui seraient loin d'être rares, des pancréas de 180 grammes.

Le poids spécifique du pancréas varie de 1,040 à 1,050 (Assmann).

Couleur

A l'état de repos, la glande pancréatique a une coloration d'un blanc grisâtre. Elle se congestionne, comme les glandes salivaires, pendant le travail digestif et revêt alors une teinte plus ou moins rosée.

Conformation extérieure et rapports

Le pancréas a une forme très irrégulière : on l'a comparé tour à tour à un crochet, à un marteau, à une langue de chien. Laissant de côté ces différentes comparaisons, toutes aussi grossières que peu exactes, nous dirons que le pancréas est allongé dans le sens transversal, aplati d'avant en arrière, fortement renflé à son extrémité droite, mince et comme effilé à son extrémité gauche. On lui distingue trois parties : une télé, un corps et une queue. Aucune ligne de démarcation extérieure ou intérieure ne sépare l'une de l'autre ces deux dernières parties. Mais il n'en est pas de même des deux premières : entre le corps et la tète se trouve, sur la face postérieure de la glande, une gouttière plus ou moins profonde qui livre passage au tronc de la veine porte et aux vaisseaux mésentériques supérieurs. Au niveau de cette gouttière, qui se termine en bas par une encoche ordinairement très visible sur le bord inférieur de la glande, le pancréas est naturelle

Le duodénum et le pancréas, vus en place après l'ablation de la plus grande partie de l'estomac.

A, face inférieure du foie. — B, rein droit. — C, C, capsules surrénales. — D, rein gauche. — E. pancréas. — F, partie supérieure de l'estomac. — G, rate. — H, duodénum, avec : a, sa première portion ; b, sa portion descendante ; c, sa portion horizontale ; d, sa portion ascendante. — I, jéjunum. — K, angle duodénojéjunal.

1. cardia. — 2, pylore. — 3, tronc cœliaque. — 4, artère coronaire stomachique. — 3, artère hépatique, dont la concavité embrasse le lobe do Spigel 6, — 7, 7' vaisseaux spléniques. — 8, artère gastro-épiploïque gauche. — 9, artère gastro-épiploïque droite, coupée au niveau de son entrée dans la base du grand épiploon. — 10, vaisseaux mésentériques supérieurs. — 11, veine porte. — 12, canal hépatique. — 13, canal cystique. — 14, vésicule biliaire. — 15, pilier gauche du diaphragme. — 16, aorte. — 17, veine cave inférieure. — 18, artère mésentérique inférieure. — 19, 19', vaisseaux spermatiques.

ment rétréci et comme étranglé : cette région, limite respective de la tête et du corps, a reçu le nom de col.

Ainsi configuré, le pancréas nous présente : 1° deux faces, Fune antérieure, l'autre postérieure ; 2° deux bords, que l’on distingue en supérieur et inférieur ; 3° deux extrémités, l'une droite, l'autre gauche.

Face antérieure

La face antérieure, plane ou légèrement convexe, est recouverte par le péritoine, qui se continue en haut avec le péritoine diaphragmatique, en bas avec le feuillet supérieur du mésocôlon transverse. Cette face est croisée obliquement par la portion ascendante du duodénum, qui remonte plus ou moins haut pour former l'angle duodénojéjunal (K). Sur tous ses autres points, elle répond à la face postérieure de l'estomac, dont elle n'est séparée que par l'arrière-cavité des épiploons.

2° Face postérieure

La face postérieure du pancréas répond successivement, en allant de droite à gauche : 1° à la partie la plus interne de la veine rénale droite ; 2° au tronc de la veine porte et de la veine cave inférieure ; 3° à la veine mésentérique supérieure, qui suit un trajet oblique en haut et en dehors ; 4° à l'artère mésentérique supérieure et à l'aorte abdominale dont elle émane ; 5° à la veine mésentérique inférieure, qui rejoint la supérieure en arrière de la tête du pancréas ; 6° à la capsule surrénale et au rein du côté gauche.

Par l'intermédiaire de ces différents organes, le pancréas est en rapport avec le diaphragme et, par l'intermédiaire du diaphragme, avec la colonne lombaire Nous signalerons, enfin, l'existence, sur la face postérieure du pancréas, d'un grand nombre de ganglions lymphatiques.

Bord supérieur

Le bord supérieur est remarquable par son épaisseur, d'oîi le nom de face supérieure que lui donnent quelques auteurs. — Il répond tout d'abord, au niveau du col, au tronc cœliaque et au plexus solaire. — A droite du col, il est en rapport avec la première portion du duodénum et avec le lobule de Spigel. — A gauche du col, il est longé par les vaisseaux spléniques et présente à cet effet une gouttière plus ou moins accusée destinée à les recevoir. La veine, rectiligne et plus profondément située, se loge ordinairement dans cette gouttière, laquelle se transforme parfois dans une étendue plus ou moins grande en un canal complet. L'artère, flexueuse et un peu plus élevée que la veine, présente naturellement avec la glande des rapports moins intimes : alternativement elle s'en rapproche et s'en éloigne en décrivant ainsi de nombreuses courbures (4). Le long du bord supérieur et des vaisseaux spléniques se disposent, comme sur la face antérieure, de nombreux ganglions lymphatiques.

Bord inférieur

Le bord inférieur du pancréas, beaucoup moins épais que le précédent, repose sur le feuillet inférieur du mésocôlon transverse. Il répond successivement, en allant de droite à gauche : 1° à la troisième portion du duodénum, qui lui est parallèle ; 2° aux vaisseaux mésentériques supérieurs et à la veine mésentérique inférieure, qui le croisent de bas en haut.

Extrémité droite

L'extrémité droite ou tête (portion verticale de quelques auteurs) se trouve enclavée dans l'espèce de fer à cheval que forment dans leur ensemble les trois premières portions du duodénum. La masse glandulaire ne se contente pas de prendre contact avec le duodénum : suivant la remarque très juste de Verneuil, elle l'embrasse, la portion descendante surtout, comme la parotide embrasse le bord postérieur du masséter, c'est-à-dire qu'elle se prolonge en avant et en arrière de façon à recouvrir le tiers ou la moitié interne du cylindre que représente l'intestin. Ce rapport entre le duodénum et le pancréas est intime. On voit même, dans la plupart des cas, un certain nombre de grains glandulaires s'engager dans l'épaisseur de la paroi intestinale : il y alors non pas seulement contact entre les deux organes, mais pénétration de l'un par l'autre.

La tête du pancréas est en rapport à sa partie postérieure avec la portion terminale du canal cholédoque, qui, comme nous l'avons vu (voy. Foie, p. 222), tantôt se contente de frôler la substance glandulaire, tantôt se creuse dans cette substance une gouttière ou même un canal complet.

Extrémité gauche

L'extrémité gauche, plus connue sous le nom de queue du pancréas, est tantôt aplatie, mince et comme effilée; tantôt, au contraire, elle est arrondie et mousse ou même légèrement renflée en massue.

Ses rapports ne sont pas moins variables : tantôt elle est en contact immédiat avec la face interne de la rate ; tantôt elle en est séparée par un intervalle, qui varie ordinairement de 1 à 4 centimètres, mais qui peut être beaucoup plus considérable. Dans tous les cas, la queue du pancréas est reliée à la rate par un repli du péritoine, connu sous le nom d’épiploon pancréatico-splénique (10). L'épiploon pancréatico-splénique se compose comme tous les épiploons de deux feuillets, entre lesquels se disposent constamment quelques ganglions lymphatiques.

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion