La glande sublinguale est située sur le plancher de la bouche, immédiatement en dedans du corps du maxillaire, de chaque côté de la symphyse mentonnière et du frein de la langue.

Poids et volume

Elle pèse 3 grammes en moyenne. C'est donc la plus petite des trois glandes salivaires. Son volume ne présente que le tiers de celui de la glande sous-maxillaire, la dixième partie seulement de celui de la parotide.

Forme et dimensions

La glande sublinguale a la forme d'une olive, un peu aplatie dans le sens transversal et disposée de telle façon que son grand axe se dirige parallèlement au corps du maxillaire, c'est-à-dire d'arrière en avant et de dehors en dedans. Sa longueur, qui répond à son grand axe, mesure de 25 à 30 millimètres. Sa largeur, représentée par son diamètre vertical, est de 10 à 12 millimètres. Son épaisseur, enfin, est de 6 à 8 millimètres.

Rapports

Ainsi configurée, la glande sublinguale nous présente :

  1. deux faces, l'une externe, l'autre interne ;
  2. deux bords, que l'on distingue en supérieur et inférieur;
  3. deux extrémités, qui sont l'une antérieure, l'autre postérieure.

La face externe, convexe, est en rapport avec la face interne du maxillaire, qui, se moulant exactement sur elle, présente à son niveau une légère excavation, déjà étudiée en ostéologie sous le nom de fossette sublinguale.

Face latérale droite de la langue.

A. face dorsale de la langue, érignée en haut et en avant. — B, sa pointe. — C, sa base. — D, épiglotte. — E, luette. — F, amygdale gauche. — G, voile du palais. — H. son pilier antérieur. — H’, son pilier postérieur. — K, maxillaire inférieur, — L, grande corne de l'os hyoïde.

1, branche droite du V lingual. — 2, follicules de la base de la langue. — 3, repli glosso-épiglottique médian. — 4, glande de Weber. — 4’ muqueuse de la langue, réséquée sur le bord droit pour découvrir la glande. — 5, bord gauche de la langue avec ses replis foliés. — 6, coupe du stylo-glosse. — 7, hyoglosse. — S, génio-glosse. — 9, génio-hyoïdien. — 10, mylo-hyoïdien, coupé et érigné en bas. — 11, nerf grand hypoglosse. — 12, canal de Wharton, avec 13, son orifice sur le plancher de la bouche. — 14, nerf lingual. — 15, glande sublinguale, avec 16, l’un de ses canaux excréteurs.

 

La face interne répond aux deux muscles, lingual inférieur et génio-glosse. Elle est séparée de ces deux muscles par le canal de Wharton, le nerf lingual et la veine ranine, qui la croisent plus ou moins obliquement.

Le bord inférieur relativement mince, repose dans l'espace angulaire que forment en s'écartant l'un de l'autre les deux muscles, mylo-hyoïdien et génioglosse.

Le bord supérieur, plus épais, répond dans toute son étendue à la muqueuse du plancher de la bouche. C'est lui qui, en soulevant la muqueuse, détermine de chaque côté du frein ces deux saillies oblongues qui ont naturellement la même orientation que la glande et que nous avons déjà décrites sous le nom de caroncules sublinguales.

L'extrémité postérieure répond au prolongement antérieur de la glande sous-maxillaire et souvent même paraît se continuer avec lui.

L’extrémité antérieure est en rapport avec les apophyses géni et avec les quatre tendons ou muscles qui s'en détachent. Au-dessus de ces tendons, les deux glandes sublinguales, la gauche et la droite, arrivent au contact l'une de l'autre derrière la symphyse mentonnière.

La glande sublinguale n'est pas contenue, comme la parotide et la sous-maxillaire, dans une loge ostéo-aponévrotique plus ou moins fermée. Elle baigne tout simplement dans une atmosphère de tissu conjonctif lâche, qui, d'une part s'insinue entre les différents lobules de la masse glandulaire, d'autre part se continue avec le tissu conjonctif du voisinage.

Canaux excréteurs

La salive sécrétée par la glande sublinguale est apportée sur le plancher de la bouche par des conduits toujours multiples ; mais les auteurs sont loin d'être d'accord sur leur nombre et leur disposition anatomique. Les recherches anciennes de Rivinus, de Bartholin et de Walther, les travaux les plus récents de Sappey, de Tillaux, de Guyon, de Suzanne, tout en faisant la lumière sur certains points controversés, n'ont pu encore réussir à faire disparaître toutes les divergences. Ces divergences, disons-le tout de suite, ont leur origine, non pas dans un vice quelconque de la méthode dont s'est servi l'observateur, mais plutôt dans les nombreuses variations individuelles que présente la disposition anatomique observée : c'est assez dire qu'elles dureront autant que les variations elles-mêmes, qu'elles ne disparaîtront jamais.

Comme dans toutes les dispositions anatomiques qui varient à l'infini, la description ne doit être ici qu'une moyenne, convenant à la majorité des cas, non à tous. En utilisant à la fois les recherches des anatomistes précités et nos propres dissections, je crois devoir indiquer, comme se rencontrant le plus souvent, la disposition suivante :

La masse glandulaire sublinguale se compose en réalité, non pas d'une seule glande, mais de glandes multiples. De ces glandes, l'une, relativement plus volumineuse, constitue ce que nous appellerons la glande principale ; les autres, beaucoup plus petites, forment les glandes accessoires. — La glande sublinguale principale donne naissance à un canal unique, canal principal, que l'on doit appeler indistinctement canal de Rivinus ou canal de Bartholin, ce canal ayant été signalé pour la première fois par Rivinus, en 1679, et ayant été bien décrit par Bartholin cinq ans plus tard, en 1684. Le canal de Rivinus, né de la partie postérieure de la glande, se porte obliquement en avant et en dedans, s'accole au côté externe du canal de Wharton et finalement va s'ouvrir sur le plancher buccal, tout à côté de ce dernier, un peu en dehors de l'ostium umbilicale. — Les glandes sublinguales accessoires sont de simples grains glandulaires qui se disposent irrégulièrement autour de la glande principale. Chacune d'elles possède un canal excréteur particulier, qui vient s'ouvrir isolément sur le plancher buccal au niveau de la caroncule sublinguale ou un peu en dedans de cette saillie. Ces canaux excréteurs des glandes sublinguales accessoires, nous les appellerons canaux de Walther, du nom de l'anatomiste qui le premier, en 1724, les a observés chez l'homme. Les canaux de Walther présentent les plus grandes variétés dans leur disposition : tantôt leurs orifices se disposent en une série linéaire qui suit la même direction que le bord supérieur de la glande ; tantôt ils se disséminent, sans ordre aucun, sur la caroncule ou dans son voisinage. Leur nombre n'est pas moins variable : tandis que Walther n'en admettait que quatre et Sappey quatre ou cinq, Tillaux estime qu'ils sont en moyenne au nombre de 15 ou 20 et peuvent même atteindre le chiffre de 25 ou 30.

Nous ajouterons qu'il n'est pas extrêmement rare de voir un ou plusieurs canaux accessoires, parfois même le canal principal, s'ouvrir dans le canal de Warthon un peu avant sa terminaison. Cette union de la glande sublinguale avec le canal excréteur de la glande sous-maxillaire permet de supposer que, suivant la judicieuse remarque de Gegenbaur, ces deux glandes ne sont que des différenciations d'une glande primitivement unique.

Structure

La glande sublinguale présente la même structure chez toutes les espèces animales qui la possèdent: c'est une glande muqueuse. Elle est donc formée d'acini semblables aux acini muqueux de la sous-maxillaire.

Coupe vertico-médiane de la face pratiquée en arrière de la canine supérieure (sujet congelé). (Les conduits excréteurs de la glaude sublinguale sont figurés d'une manière demi-schématique.)

A, maxillaire inférieur, scié au niveau de l'alvéole de la première prémolaire (a). — B, maxillaire supérieur.

1, glande sublinguale, avec 1', le canal de Bartholin et 1", ses conduits excréteurs accessoires. — 2, canal de Wharton. — 3, langue. — 4, artère et veines ranines. — 5, artère linguale. — 6, génio-glosse. — 7, mylo-hyoïdien. — 8, digastrique. — 9, peaucier. — 10, carré du menton. — 11, buccinato-labial. — 12, tissu cellulo-graisseux de la joue. — 13, peau. — 14, muqueuse buccale. — 15, couche glandulaire de la voûte palatine. — 16, sillon gingivo-labial.

Ses canaux excréteurs, canal de Rivinus et canaux de Walther, ont la même structure que dans les autres glandes salivaires Ils ne contiennent pas de fibres musculaires lisses. Leurs parois sont formées par un tissu conjonctif lâche, mêlé de fibres élastiques et revêtu en dedans d'un épithélium cylindro-conique.

Vaisseaux et nerfs

Les artères destinées à la glande sublinguale sont fournies, en partie par la linguale, branche de la carotide externe, en partie par la sous-mentale, branche de la faciale. — Les veines se jettent dans la veine ranine et, de là, dans la jugulaire externe. — Quant aux nerfs, ils proviennent à la fois, comme pour la sous-maxillaire, du lingual mixte (lingual et corde du tympan réunis) et du grand sympathique.

D'après Traité d'anatomie humaine par L. Testut.

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