La glande sous-maxillaire occupe la région sus-hyoïdienne. Elle est située contre la face interne du maxillaire inférieur, immédiatement au-dessus de la portion moyenne du digastrique, remplissant pour ainsi dire l'espace angulaire que circonscrivent entre eux le ventre antérieur et le ventre postérieur de ce dernier muscle.

Comme la parotide, la glande sous-maxillaire est renfermée dans une loge ostéo-fibreuse, la loge sous-maxillaire, que nous allons tout d'abord décrire.

Loge sous-maxillaire

Nous connaissons déjà la loge sous-maxillaire pour avoir étudié son mode de formation à propos des aponévroses du cou. Nous avons vu, à ce sujet, que l'aponévrose cervicale superficielle, en passant de l'os hyoïde dans la région sus-hyoïdienne, se divise en deux feuillets : un feuillet superficiel, qui se rend directement au bord inférieur du maxillaire ; un feuillet profond, qui, s'écartant du précédent à angle aigu, tapisse la face inférieure des muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien et vient se fixer ensuite sur la ligne oblique interne du maxillaire inférieur. Eh bien, l'espace qui résulte de l'écartement de ces deux feuillets, complété d'autre part en dehors par la face interne du maxillaire inférieur, constitue la loge sous-maxillaire. La figure ci-dessous, toute schématique, nous montre que cette loge est prismatique triangulaire, avec une face externe formée par le maxillaire, une face interne répondant aune nappe musculaire, une face inférieure en rapport avec les téguments. Nous devons ajouter que la loge sous-maxillaire se trouve fermée en avant et en arrière par la rencontre et la fusion des deux feuillets aponévrotiques précités. Cet espace est comblé par la glande sous-maxillaire.

Glande sous-maxillaire proprement dite, son canal excréteur

Couleur

Vue extérieurement ou sur des coupes, la glande sous-maxillaire, au repos, revêt une couleur gris jaunâtre. Cette coloration devient d'un gris rosé, quand la glande fonctionne et passe au rouge plus ou moins foncé dans le cas de stase veineuse.

La loge sous-maxillaire, vue en coupe vertico-transversale [schématique).

1, maxillaire inférieur. — 1" canal dentaire. — 2, os hyoïde. — 3, mylo-hyoïdien. — -4, aponévrose cervicale superficielle, se dédoublant au niveau de l’os hyoïde et formant, 4', un feuillet supérieur ou profond qui tapisse le mylo-hyoïdien ; 4", un feuillet inférieur ou superficiel qui ferme en bas la loge sous-maxillaire. — 5, peaucier du cou. — 6. peau et tissu-cellulaire sous-cutané. — T. loge sous-maxillaire.

(La flèche indique les différents plans qu'il faut traverser pour pénétrer de la région sus-hyoïdienne dans la loge sous-maxillaire.)

2 Poids et volume

Considérée au point de vue de son volume, la glande sous-maxillaire est de la grosseur d'une amande ; elle pèse, en moyenne, 7 ou 8 grammes. Elle est, comme on le voit, bien moins volumineuse que la parotide, son poids ne représentant environ que le quart du poids de cette dernière. En revanche, elle est environ trois fois plus volumineuse que la sublinguale.

La glande sous-maxillaire du côté droit, après dissection, la tête étant dans l'extension et dans la rotation du côté opposé.

1. glande sous-maxillaire. — 2, glande parotide. — 3, bandelette sous-maxillo-parotidienne. — 4, corps de l’os hyoïde, avec 4', sa grande corne. — 5, mylo-hyoïdien. — 6, ventre antérieur du digastrique, avec 6' son ventre postérieur. — 7, stylo-hyoïdien. — 8, masséter. — 9, sterno-cléido-mastoïdien. — 10, artère faciale. — 11, carotide externe. — 12, carotide interne. — 13, veine faciale. — 14, veine jugulaire interne. — 15, artère thyroïdienne supérieure. — 16, artère linguale.

(La croix qui est figurée en noir sur la face externe de la glande indique le point de sa face interne où nait le canal de Wharton ; la ligne de croix (+++) indique la séparation de la face externe et de la face inférieure).

Forme et rapports

La glande sous-maxillaire, comme la parotide, reproduit exactement la forme de la loge ostéo-fibreuse qu'elle occupe et dans laquelle elle est pour ainsi dire moulée. Elle est irrégulièrement prismatique triangulaire, à grand axe dirigé d'arrière en avant et de dehors en dedans, parallèlement au maxillaire lui-même. Nous pouvons donc lui considérer :

  1. trois faces, que l'on distingue en externe, interne, inférieure ;
  2. deux extrémités, qui sont l'une antérieure, l'autre postérieure.

Face externe

La face externe de la glande, légèrement convexe, est en rapport par sa partie postérieure avec le muscle ptérygoïdien interne. Par sa partie antérieure, elle répond à la face interne du corps du maxillaire, qui, à son niveau, s'excave en fossette pour la recevoir {fossette sous-maxillaire., voy. Ostéologie). C'est sur la partie inférieure de cette face, le long du bord inférieur du maxillaire, que cheminent d'arrière en avant l'artère et la veine sous-mentales.

Coupe vertico-transversale de la glande sous-maxillaire (sujet congelé, segment antérieur de la coupe).

1, coupe de la langue. — 2, coupe de la glande sous-maxillaire, avec 2", son prolongement antérieur. — 3, canal de Wharton. — 4, maxillaire inférieur. — 5, os hyoïde, avec 5', sa petite corne. — 6, aponévrose cervicale superficielle. — 7, muscle hyoglosse. — 8, muscles sous-hyoïdiens. — 9, mylo-hyoïdien. — 10, masséter. — 11, buccinateur. — 12, boule graisseuse de Bichat. — 13, nerf lingual. — 14, nerf grand hypoglosse. — 15, artère linguale, avec deux petites veines satellites. — 16, veine linguale. — 17, tendon du digastrique. — 18, peau et tissu cellulaire sous-cutané. — 19, muscle peaucier du cou.

Sur le même point se disposent en une série linéaire six ou sept ganglions lymphatiques : ces ganglions, dits sous-maxillaires, sont constamment situés au-dessous de l'aponévrose et, par conséquent, se trouvent immédiatement en contact avec le tissu glandulaire.

Face interne

La face interne, assez régulièrement plane, est en rapport :

  1. par sa partie inférieure, avec le tendon intermédiaire du digastrique et le tendon terminal du stylo-hyoïdien, qu'elle déborde ordinairement de 6 à 8 millimètres, quelquefois plus ;
  2. par sa partie antérieure, avec le muscle mylo-hyoïdien ;
  3. par sa partie postérieure, avec le stylo -hyoïdien et le ventre postérieur du digastrique ;
  4. par sa partie moyenne, avec le muscle hyo-glosse, dont elle est séparée par le nerf grand hypoglosse et par la veine linguale ; quant à l'artère linguale, elle chemine, comme, on le sait, sur la face profonde de l'hyoglosse et, de ce fait, se trouve séparée de la glande par toute l'épaisseur de ce dernier muscle.

De cette face interne de la glande sous-maxillaire se détachent deux prolongements, l'un antérieur, l'autre postérieur. Le prolongement postérieur est ordinairement peu marqué : il se confond le plus souvent avec l'extrémité postérieure de la glande elle-même. Je l'ai vu cependant, sur plusieurs sujets, s'étendre jusqu'au bord postérieur du muscle ptérygoïdien interne, jusqu'à l’aponévrose parotidienne par conséquent. — Le prolongement antérieur, beaucoup mieux isolé et aussi beaucoup plus long, a la forme d'une languette conoïde, aplatie transversalement. Se portant obliquement d'arrière en avant et un peu de bas en haut, il s'insinue, comme le grand hypoglosse, entre les deux muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien et s'étend, dans la plupart des cas, jusqu'à la partie postérieure de la glande sublinguale. Il est accompagné par le canal de Wharton qui longe son côté supérieur et interne.

Rapports profonds de la glande sous-maxillaire.

1, mylo-hyoïdien. — 2, hyo-glosse. — 3, 3, ventre antérieur et postérieur du digastrique. — 4, stylo-hyoïdien. 5, nerf grand hypoglosse. — 6, veine linguale. — 7, artère linguale. — 8, canal de Wharton et prolongement antérieur de la glande maxillaire. — 9, carotide externe. — 10, jugulaire interne. — 11, corps de l'os hyoïde. — 12, sa grande corne.

(Le contour de la glande est indiqué par un trait pointillé ; la ligne verticale c, x, indique le plan suivant sur lequel est pratiquée la coupe de la figure suivante.)

Face inférieure.

La face inférieure de la sous-maxillaire, la plus étendue des trois, répond à la peau. Elle en est séparée par divers plans qui sont en allant de dedans en dehors :

  1. l'aponévrose cervicale superficielle, qui constitue la paroi inférieure de la loge ;
  2. le muscle peaucier, dont les fibres sont obliques en haut et en avant ;
  3. une nappe cellulo-graisseuse, peu développée chez les sujets amaigris, mais pouvant acquérir chez les sujets doués d'embonpoint une épaisseur considérable.

La face inférieure est encore en rapport avec la veine faciale qui la croise obliquement dans son tiers postérieur et avec quelques fines ramifications nerveuses qui proviennent, soit du facial, soit du plexus cervical superficiel.

C'est par cette face qu'on aborde l'artère linguale, quand on veut en pratiquer la ligature. La figure 103 nous indique nettement quels sont les différents plans que devra traverser l'opérateur pour arriver sur le vaisseau. Il divisera tout d'abord, à égale distance de l'os hyoïde et du bord inférieur du maxillaire, la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, le peaucier et l'aponévrose superficielle. Puis, soulevant la glande sous-maxillaire, il aura sous les yeux une petite région triangulaire, qui est limitée en bas par le tendon du digastrique et, en haut, par le nerf grand hypoglosse. Il incisera le muscle hyo-glosse dans le milieu de ce triangle et trouvera l'artère au fond de l'incision.

Extrémité antérieure

L'extrémité antérieure de la glande sous-maxillaire e tantôt mince et effilée, tantôt arrondie et mousse, regarde le ventre antérieur du digastrique, mais elle ne le recouvre que très rarement. Elle repose sur le mylo-hyoïdien.

Extrémité postérieure

L'extrémité postérieure s'applique contre le, ventre postérieur du digastrique et contre le stylo-hyoïdien. Elle est très rapprochée de la parotide ; comme nous l'avons vu précédemment, les deux formations glandulaires sont séparées l'une de l'autre par une cloison fibreuse, la cloison sous-maxillo parotidienne, qui est une dépendance de l'aponévrose cervicale superficielle et qui s'étend du sterno-cléido-mastoïdien à l'angle de la mâchoire. L'extrémité postérieure de la sous-maxillaire est encore en rapport immédiat avec l'artère faciale qui la croise obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, en se creusant en plein tissu glandulaire, soit une simple empreinte, soit une 

gouttière profonde ou même un canal complet. A ce sujet, nous rappellerons en passant qu'au niveau de l'extrémité postérieure de la sous-maxillaire, les deux vaisseaux homonymes, artère et veine faciale, qui se sont croisés sur le bord du maxillaire, se trouvent séparés maintenant par un certain intervalle : la veine, tout d'abord, est placée en avant de l'artère ; puis, tandis que l'artère est profondément située sur le côté interne de la glande, la veine, relativement superficielle, descend sur le côté externe.

Coupe vertico-transversale de la région sous-maxillaire. La tète étant fortement étendue {demi-schématique).

La flèche en pointillé indique les différents plans que l'on doit traverser pour arriver sur l’artère linguale.)

1, glande sous-maxillaire dans sa loge aponévrotique. — 2, canal de Wharton et prolongement antérieur de la glande. — 3, os hyoïde. — 4, mylo-hyoïdien. — 5, hyo-glosse. — 6, tendon moyen du digastrique. — 7, artère linguale, avec deux petites veines satellites. — 8, nerf grand hypoglosse. — 9, veine linguale. — 10, peaucier, — 11, peau. — 12, ganglion lymphatique. — 13, os maxillaire inférieur.

Canal excréteur

A la glande sous-maxillaire fait suite un canal excréteur, chargé de porter sur le plancher de la bouche la salive sécrétée par elle : c'est le canal de Wharton.

Ce canal, remarquable à la fois par son volume, par la minceur et la résistance de ses parois, mesure 4 ou 5 centimètres de longueur, sur 2 ou 3 millimètres de diamètre.

Il naît de la face interne de la glande, à sa partie moyenne. De là, il se porte obliquement d'arrière en avant, de bas en haut et de dehors en dedans. — Il chemine tout d'abord sur la face externe de l'hyo-glosse, entre ce muscle et le mylo-hyoïdien.— Puis, en quittant l'hyo-glosse, il vient se placer entre la glande sublinguale qui est en dehors et les muscles génio-glosse et lingual inférieur qui sont en dedans. Sur la face interne de la glande sublinguale, il entre en rapport intime avec le nerf lingual et l'artère sublinguale qui le croisent obliquement l'un et l'autre en passant constamment sur son côté externe. — Plus loin, il s'adosse sur la ligne médiane à son homologue du côté opposé et glisse alors immédiatement au-dessous de la muqueuse buccale dans une étendue de 3 ou 4 millimètres. — Finalement, il vient s'ouvrir sur les côtés du frein de la langue, au sommet d'un petit tubercule, par un tout petit pertuis à peine visible à l'œil nu, auquel, depuis Bordeu, on donne le nom d’ostium umbilicale. Cet orifice n'est séparé de celui du côté opposé que par l'épaisseur du frein.

Structure

La glande sous-maxillaire présente au point de vue macroscopique la même structure que la parotide ; c'est une glande en grappe, décomposable en lobules et en acini. Elle diffère cependant de la parotide en ce que ses acini renferment des cellules toutes spéciales qui font défaut dans cette dernière : ce sont des cellules muqueuses. Du reste, au point de vue de la nature cellulaire des éléments qui la composent, la glande sous-maxillaire n'offre pas, dans la série animale, l'homogénéité que présente la glande parotide. En effet, tandis que chez le chien la sous-maxillaire est composée uniquement d'acini muqueux, chez l'homme elle contient à la fois des acini muqueux et des acini séreux ; chez le lapin et le cobaye elle est totalement séreuse.

Coupe horizontale de la face passant, par le canal de Wharton et le prolongement antérieur de la sous-maxillaire (sujet congelé, segment inférieur de la coupe).

1, maxillaire inférieur. — 2, masséter. — 3, ptérygoïdien interne. — 4, digastrique. — 5, hyoglosse. — 6, mylo-hyoïdien. — 7, coupe de la langue. — 8, parotide. — 9, glande sous-maxillaire. — 10, son prolongement antérieur. — 11, canal de Wharton. — 12, pharynx. — 13, peau et tissu cellulaire sous-cutané. — 14, artère carotide externe. — 15, artère et veine faciales.

Les acini muqueux de la sous-maxillaire sont limités par une paroi propre dont les caractères sont analogues à ceux que nous avons décrits dans les glandes séreuses. Ils contiennent deux ordres de cellules : 1° les cellules muqueuses proprement dites ; 2° des cellules marginales, appliquées directement contre la paroi et désignées sous le nom de lunules ou de croissants de Gianuzzi. Ces éléments diffèrent suivant que la glande est à l'état de repos ou d'activité :

Cellules à l'état de repos

A l'état de repos de la glande, les cellules muqueuses sont volumineuses, claires, réfringentes et laissent dans l'acinus une lumière appréciable. Par les colorants, la portion centrale de la cellule se teint à peine, tandis que la partie périphérique prend bien plus vivement la couleur, et l'on aperçoit dans cette dernière partie un noyau ovalaire. Dissociées, les cellules portent à leur extrémité basale un prolongement plus ou moins long qui vient se placer par imbrication entre la cellule voisine et la membrane propre. Les caractères microchimiques montrent que la partie claire de ces cellules est formée dé mucus ou de substance mucigène, d'où le nom de cellules à mucus ou cellules muqueuses donné à ces éléments.

Les croissants de Gianuzzi diffèrent complètement, comme aspect, des cellules muqueuses. Ils sont placés entre ces dernières et la membrane propre, constituant des lunules isolées, surtout au fond des culs-de-sac, chez l'homme et chez le chien, ou bien une couche complète englobant toute la surface de l'acinus, chez le chat notamment. Colorée vivement par les matières tinctoriales, leur masse est granuleuse, dense et formée par des petites cellules, possédant chacune un noyau arrondi. D'après Laserstein, les croissants de Gianuzzi possèdent, dans les cellules à l'état de repos, de fins canalicules, origines des canaux excréteurs.

Cellules à l'état d'activité

Lorsque la glande entre en activité par l'excitation de la corde du tympan (Lawdowski, Heidenhain, Ranvier), on voit se produire des modifications importantes. Suivant Ranvier, les cellules muqueuses restent accolées à la paroi de l'acinus, mais elles perdent leur portion muqueuse : par cela même, elles s'affaissent et la lumière glandulaire s'agrandit. La partie granuleuse de la cellule, qui était reléguée dans la profondeur, se gonfle et se répand dans le reste de l'élément. Le noyau, d'aplati qu'il était, devient arrondi et prend un double contour très net.

A leur tour, les cellules contenues dans les croissants de Gianuzzi se gonflent et deviennent plus distinctes. Il est probable qu'elles vont remplacer les cellules muqueuses qui se desquament quand la sécrétion est très abondante ou trop prolongée. On sait, du reste, que cette desquamation est variable en intensité suivant qu'on excite la corde du tympan ou le grand sympathique : elle est beaucoup plus abondante dans ce dernier cas. 

Coupe de la glande sous-maxillaire du chien.

1, canal infra-lobulaire. — 2, canal intercalaire. — 3, acinus glandulaire. — 4, cellules muqueuses. — 5, croissanls de Gianuzzi. — G, cloison conjonctive séparant les acini.

Conduits excréteurs, canal de Wharton

Les conduits excréteurs de la glande sous-maxillaire ont la même structure que les conduits de la parotide, sauf le canal de Wharton qui présente quelques particularités. Ce dernier canal est constitué, en allant de dehors en dedans :

  1. par une tunique externe, formée de tissu conjonctif fascicule et mêlé de fibres élastiques ;
  2. par une couche de fibres musculaires lisses, couche caractéristique de ce canal (Kolliker) ;
  3. par une couche conjonctive riche en fibres élastiques ;
  4. par une couche épithéliale à deux plans de cellules semblables à celles que nous avons décrites dans le canal de Sténon.

Vaisseaux et nerfs

Les artères

Les artères de la glande sous-maxillaire proviennent de deux sources :

  1. de la faciale, qui lui fournit deux ou trois grosses branches ;
  2. de la sous-mentale, qui, en passant sur sa face externe, lui abandonne toujours un certain nombre de rameaux. Ces vaisseaux pénètrent dans l'épaisseur de la glande, s'y divisent et s'y subdivisent en des rameaux de plus en plus ténus et, finalement, se résolvent en de riches réseaux capillaires dont les mailles entourent les acini, sans jamais traverser la membrane propre. Kowalewsky (1885) distingue dans la sous-maxillaire, et en général dans toutes les glandes salivaires, les artères des acini et celles des canaux excréteurs. Les premières sont plus longues et beaucoup plus résistantes Cette différence de résistance en faveur des artères des acini est due à ce que, sur ces dernières, la tunique musculaire est plus développée et s'étend beaucoup plus loin que sur les artères destinées aux canaux excréteurs.

Les veines

Les veines, issues de ces réseaux, se jettent en partie dans la veine sous-mentale, en partie dans le tronc de la veine faciale.

Les lymphatiques

Les lymphatiques de la sous-maxillaire sont encore mal connus. Ici, comme pour la parotide, ils naissent vraisemblablement (Gianuzzi) dans un système de fentes qui se trouvent dans le tissu conjonctif interstitiel.

Les nerfs

Les nerfs destinés à la glande sous-maxillaire sont fort nombreux. Ils proviennent pour la plupart du lingual mixte (lingual et corde du tympan réunis}, soit directement, soit par l'intermédiaire du ganglion sous-maxillaire, qui s'interpose, comme on le sait, entre le nerf précité et la glande. La glande sous-maxillaire reçoit, en outre, un certain nombre de rameaux nerveux du plexus qui entoure l'artère faciale et qui émane, comme tous les plexus vasculaires, du système sympathique.

Le mode de terminaison des filets nerveux sous-maxillaires n'est pas encore nettement élucidé. Pflüger, depuis longtemps déjà, a émis l’opinion que la plupart d'entre eux se terminaient dans les cellules glandulaires elles-mêmes, les autres se distribuant vraisemblablement aux vaisseaux. L'opinion de Pflüger, basée sur des observations que cherchaient vainement à reproduire les autres histologistes, a toujours été considérée comme hypothétique. En 1876, Paladino, à la suite de nombreuses recherches entreprises sur l'homme, sur le cheval et quelques autres mammifères, est arrivé aux mêmes conclusions que Pflüger. Pour lui, les filets nerveux au sortir du ganglion sous-maxillaire traversent encore plusieurs autres petits ganglions, qui se trouvent disséminés, les uns entre le ganglion sous-maxillaire et la glande de même nom, les autres dans l'épaisseur même de la glande. Puis, ils se résolvent, en plein tissu glandulaire en un riche plexus. De ce plexus, enfin, partent des fibres pâles qui, sans se ramifier, se dirigent vers les cellules glandulaires et pénètrent dans leur intérieur. Plus récemment, chez le chat, Navalichin et Kytmanoff ont vu également se terminer dans le protoplasma des cellules glandulaires des filaments très fins, qu'ils n'hésitent pas à considérer comme étant de nature nerveuse. Ces faits ont été confirmés et complétés depuis par les recherches de Fusari et Panasci et de Ramon y Cajal.

Quelques histologistes ont décrit sur la membrane propre des acini glandulaires des cellules nerveuses étoilées ; il est démontré aujourd'hui (Ranvier) que ces prétendues cellules nerveuses ne sont que des cellules de tissu conjonctif.

D'après Traité d'anatomie humaine par L. Testut.

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