A. cubitalis, Ellenbogen pulsader, cubital artery.

 

Branche de bifurcation interne de l'humérale, la cubitale s'étend du pli du coude (plus exactement deux centimètres au-dessous) à la paume ou elle se termine par une arcade ou crosse à concavité supérieure, l'arcade palmaire supérieure.

 

Volume, direction, trajet

 

Plus volumineuse que la radiale, elle naît au milieu du coude; pour gagnée. le côte interne de l'avant-bras, qu'elle va suivre jusqu'au poignet, la cubitale s'engage sous la masse des muscles epitrochléens: par ce trajet oblique, elle atteint la face antérieure du cubitus, recouverte par le fléchisseur commun profond et descend verticalement sur cette face jusqu'au poignet, là, elle s'engage en dehors du pisiforme, dans l'épaisseur du ligament annulaire, et arrive à la paume, où elle se dirige en bas et en dehors, en décrivant une courbe à concavité supérieure et externe, l'arcade palmaire superficielle

 

Le point ou la cubitale se termine est difficile à préciser. Lorsque les artères de la main affectent leur disposition type, la cubitale parait se continuer sans ligne de démarcation aucune avec la quatrième digitale et on pourrait, en bonne logique, la conduire jusqu'à la partie supérieure de' l'espace interdigital, où elle se bifurquerait pour donner naissance à la collatérale externe du médius et à la collatérale interne de l'index. Mais au point de vue de la nomenclature, ce mode de description ne serait pas sans inconvénient. On peut considérer comme formant la limite inférieure de la cubitale le point où elle reçoit la radio-palmaire. J'insiste dès à présent sur ce mode de terminaison, ne pouvant consentir à répéter avec tous que la cubitale se termine en s'anastomosant à plein canal avec la radio-palmaire, ce qui est l'exception.

 

Rapports

 

Portion antibrachiale

 

Dans le tiers supérieur de cette portion, la cubitale, oblique en bas et en dedans, répond : en avant, au médian qui croise sa face antérieure et aux muscles épitrochléens (rond pronateur, grand et petit palmaires, fléchisseur commun superficiel) ; en arrière, elle croise le tendon du brachial antérieur et repose sur le fléchisseur commun profond, sur lequel l'applique-une couche aponévrotique, mince d'abord, plus épaisse ensuite.

 

Dans ses deux tiers inferieurs, devenue verticale, elle répond en avant, au muscle cubital antérieur, puis à l'interstice de ce muscle et du faisceau interne du fléchisseur sublime : tout en bas, au-dessus du poignet, l'artère repose sur le carré pronateur. Elle est toujours séparée de la peau par deux feuillets aponévrotiques l'un représente la continuation de l'aponévrose superficielle, l'autre la couche celluleuse qui tapisse le fléchisseur profond.

 

Le bord externe du tendon cubital tend à recouvrir la cubitale. En somme, dans les deux tiers inférieurs de l'avant-bras le cubital peut être dit muscle satellite et c'est lui qui marque la ligne épitrochléo-pisiformienne, ligne d'opération de la cubitale.

 

Portion carpienne

 

Au niveau du carpe, l'artère repose sur la face antérieure du ligament annulaire antérieur, immédiatement en dehors de la saillie du pisiforme; elle est recouverte à ce niveau par la terminaison des fibres du ligament annulaire dorsal du poignet.

 

Je rappelle qu'au niveau du bord cubital du poignet les fibres inférieures du ligament s'arrêtent sur le pisiforme. Les supérieures au contraire viennent se perdre sur la face antérieure du ligament antérieur; elles forment là, au-devant de l'artère cubitale, un trousseau fibreux très net au-dessous duquel passe l'artère.

 

Entre ces deux couches fibreuses, l'artère, ordinairement flexueuse, se meut dans une atmosphère séreuse de gros pelotons adipeux, très mobiles favorisent les mouvements de l'artère dans cette logette fibreuse.

 

Appuyez fortement avec la pulpe du pouce sur la base de votre éminence thénar et vous verrez sourdre au poignet, immédiatement au-dessus du pli qui limite en haut le talon de la main, ces pelotons adipeux, sous l'aspect de petites masses arrondies, faussement fluctuantes et jouant le kyste séreux. C'est par cet artifice que l'artère échappe à la compression, quand le talon de la main s'appuie fortement sur un corps dur.

 

Portion palmaire

 

Plus bas, l'artère est recouverte par le palmaire cutané; à la paume elle est entre le plan tendineux et l'aponévrose, accolée a la face profonde de cette dernière, en rapport avec les branches du nerf médian et du nerf cubital, croise par l'anastomose entre ces deux nerfs.

 

Dans tout son trajet, la cubitale est accompagnée par deux veines, veines cubitales profondes, et par des lymphatiques profonds. Le nerf cubital, qui descend a la partie postérieure de l'avant-bras par la gouttière rétro-épi trochléenne, est d'abord séparé de l'artère par un espace angulaire à sommet inférieur. Il s'en rapproche de plus en plus et vient se mettre en contact avec elle à la jonction du tiers supérieur et des deux tiers Inférieurs de l'avant-bras. Il l'accompagne ensuite, toujours place en dedans du vaisseau.

 

Branches collatérales.

 

Portion antibrachiale

 

Dans son trajet autibrachial, la cubitale fournit un grand nombre de branches aux muscles avec lesquels elle entre en rapport. La plupart, de ces branches peu volumineuses n'ont reçu aucun nom. D'autres, plus importantes, méritent une mention spéciale. Ce sont : la récurrente cubitale antérieure, la récurrente cubitale postérieure, le tronc commun des interosseuses, la dorsale du carpe et la transverse antérieure du carpe.

 

Récurrente cubitale antérieure

 

La récurrente cubitale antérieure se détache de la partie supérieure de la cubitale. Dans la moitié des cas environ, elle naît d'un tronc commun avec la récurrente cubitale postérieure, tronc commun des récurrentes cubitales. Ordinairement assez grêle, elle se dirige en haut et en dedans, cheminant dans l'interstice du brachial antérieur et du rond pronateur. Elle se termine au niveau de l'épitrochlée en s'anastomosant avec la collatérale interne inférieure de l'humérale. Dans son trajet, elle fournit des rameaux musculaires au brachial antérieur, au rond pronateur, au grand palmaire et au chef épitrochléen du fléchisseur commun superficiel; des rameaux articulaires à la partie antérieure de la capsule de l'articulation du coude.

 

Récurrente cubitale postérieure

 

Elle se détache de la cubitale soit immédiatement au-dessous de la précédente, soit par un tronc qui lui est commun avec celle-ci. Beaucoup plus volumineuse, elle se dirige d'abord horizontalement en arrière et en dedans, contourne l'extrémité supérieure du cubitus au-dessous des muscles épitrochléens, puis se recourbe en haut, monte dans la gouttière olécrânienne interne, longeant le nerf cubital, et passant, comme lui, sous l'arcade d'insertion du cubital antérieur. Elle se termine au niveau de la face postérieure de l'épitrochlée, en s'anastomosant avec le rameau postérieur de la collatérale inférieure et interne de l'humérale. La récurrente cubitale postérieure fournit des rameaux musculaires aux muscles voisins (grand et petit palmaires, fléchisseur commun superficiel et fléchisseur commun profond, cubital antérieur, vaste interne); des rameaux articulaires (partie postéro-interne de l'articulation du coude); des rameaux cutanés (téguments de la partie postérieure de la région du coude).

 

Tronc commun des interosseuses (A introssea antibrachii communis)

 

Ce tronc se détache de la partie postérieure de la cubitale, un peu au-dessous du précédent. Il est d'ordinaire si volumineux qu'un grand nombre d'anatomistes le considèrent comme une branche de bifurcation. Ce tronc se dirige en bas, en arrière et un peu en dehors, gagnant ainsi l'extrémité supérieure de l'espace interosseux ou il se divise en deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure. La longueur du tronc commun des interosseuses est variable tantôt il n'existe pour ainsi dire pas et se divise presque Immédiatement en ses deux branches terminales tantôt il atteint une longueur de 1 centimètre et demi à 2 centimètres. Ses deux branches de terminaison constituent les artères interosseuses antérieure et postérieure.

 
Interosseuse postérieure (interossea externa, s. posterior, perforans suprema)
 

Dès son origine, l'interosseuse postérieure se dirige directement en arrière et s'engage dans l'orifice ménagé entre les os de l'avant-bras et le bord supérieur, concave, du ligament interosseux, à 5 centimètres environ au-dessous de l'Interligne de l'articulation huméro-cubitale. Arrivée dans la loge postérieure de l'avant-bras, elle change brusquement de direction, descend entre le court supinateur et le long abducteur du pouce, puis entre la couche superficielle et la couche profonde des muscles de la région postérieure de l'avant-bras et se termine au niveau de l'interligne radio-carpien, en prenant part à la constitution du réseau carpien dorsal (rete carpeum dorsale).

 

L'interosseuse postérieure fournit de nombreux rameaux innommés aux muscles de la région postérieure et une branche importante, la récurrente radiale postérieure.

 
La récurrente radiale postérieure
 

La récurrente radiale postérieure est considérée par quelques auteurs comme une branche de bifurcation de l'interosseuse postérieure. Des son origine, elle monte entre l'anconé qui la recouvre et le court supinateur sur lequel elle repose et se termine au niveau de la gouttière rétro- épicondylienne, en s'anastomosant avec les autres branches qui prennent part à la constitution du réseau péri-articulaire du coude.

 

Elle fournit des rameaux musculaires (anconé, court supinateur, cubital postérieur, vaste interne), des rameaux articulaires et des rameaux cutanés.

 
Interosseuse antérieure
 

L'interosseuse antérieure est plus volumineuse que la postérieure. Elle descend, appliquée- sur le ligament interosseux, dans le sillon qui sépare les origines ligamenteuses du long fléchisseur propre du pouce et du fléchisseur commun profond et s'engage plus bas sous la face profonde du carré pronateur. A 4 centimètres environ de l'interligne radio-carpien, elle traverse obliquement le ligament interosseux par un canal fibreux que j'ai décrit et représenté, et se termine, comme l'interosseuse postérieure, dans le réseau carpien postérieur.

 

Dans son trajet, elle fournit un nombre considérable de rameaux que l'on distingue en antérieurs, postérieurs et latéraux. Les antérieurs se distribuent au cubital antérieur, au fléchisseur commun superficiel, au carré pronateur et a la peau (TheiIe). Le plus important de ces rameaux antérieurs est le rameau du nerf médian. Ce rameau pénètre dans les fibres du médian et chemine dans l'épaisseur du tronc nerveux: ordinairement très grêle, il est Intéressant surtout par la longueur de son trajet, par sa constance et, enfin, par les anomalies qu'il peut présenter nous étudierons ces anomalies plus loin. Notons seulement ici que très souvent (dans la moitié des cas d'après Theile) le rameau du médian provient directement de la cubitale. Les rameaux postérieurs traversent le ligament interosseux, s'anastomosent avec les rameaux de l'interosseuse postérieure et, comme ceux-ci, viennent se distribuer aux muscles de la couche profonde de la région postérieure de l'avant-bras. Les rameaux internes se distribuent au fléchisseur commun profond; le plus important est l'artère nourricière du cubitus qui pénètre dans la diaphyse cubitale au niveau de la face antérieure de celle-ci, à la jonction du tiers supérieur de l'os avec ses deux tiers inférieurs. Les rameaux externes se distribuent au long fléchisseur propre du pouce. Citons parmi eux l'artère nourricière du radius qui pénètre dans la face antérieure de la diaphyse radiale.

 
Artère dorsale du carpe, cubito-dorsale (Carpea dorsalis, arteria s. ramus dorsalis)
 

Ordinairement très grêle, cette branche naît a environ 4 centimètres de l'interligne radio-carpien. Elle contourne la partie inférieure du cubitus en passant sous le cubital antérieur, et gagne ainsi la face dorsale du poignet, sur laquelle elle se jette dans le réseau carpien postérieur. ou bien elle s'anastomose avec la dorsale du carpe fournie par la radiale pour former l'arcade dorsale. Elle fournit, des rameaux au cubital antérieur, au carré pronateur, au périoste cubital et aux téguments du bord interne du poignet.

 
Artère transverse antérieure du carpe
 

On décrit, sous le nom de transverse antérieure du carpe, un rameau qui se détacherait de la cubitale au niveau du bord inférieur du carré pronateur et irait se perdre dans le réseau carpien antérieur, s'anastomosant avec la branche homologue de la radiale. En réalité, il n'existe le plus souvent à ce niveau que deux ou trois ramuscules presque insignifiants qui méritent à peine de recevoir un nom spécial.

 

Portion carpienne. Dans sa portion carpienne, la cubitale fournit quelques rameaux à la peau et au palmaire cutané elle donne surtout une branche beaucoup plus importante, la cubito-palmaire.

 

Cubito-palmaire, La cubito-palmaire, dont le volume est en raison directe de celui de l'arcade palmaire profonde, arcade radiale, se détache de la partie postérieure de la portion carpienne de la cubitale à un niveau assez variable. Tantôt, l'origine se fait Immédiatement au-dessous du pisiforme, 'dans ce cas, l'artère s'enfonce dans la profondeur, en passant au-dessus du bord supérieur du court fléchisseur et de l'opposant tantôt, elle naît plus bas, au-dessous de l'os crochu, et contourne alors le bord inférieur ou externe de ces muscles; dans le premier cas, elle est satellite de la branche profonde du nerf cubital; dans le deuxième, nerf et artère suivent un trajet différent. La cubito-palmaire abandonne quelques branches aux muscles de l'éminence hypothénar et se termine en s'anastomosant avec la portion palmaire de la radiale.

 

Portion palmaire

 

Dans sa portion palmaire, la cubitale fournit quatre troncs qui donnent les collatérales digitales du petit doigt, de l'annulaire, du médius et la collatérale interne de l'index, et deux branches anastomotiques dont l'une va se jeter dans le tronc commun de la collatérale externe de l'index et de la collatérale interne du pouce, l'autre, dans la collatérale externe de ce doigt. Je ne fais que mentionner ici les branches palmaires de la cubitale sur lesquelles je vais revenir plus longuement en étudiant les artères de la main.

 

Variétés des artères de l'avant-bras. Je serai bref sur les variétés des artères de l'avant-bras, n'ayant pas à indiquer ici les anomalies d'origine, qui ont été étudiées avec l'artère humérale, ni les anomalies de terminaison, qui seront étudiées avec les artères de la main.

 

D'après Traité d'anatomie humaine P. Poirier

­

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion