Les tuméfactions cervicales sont : soit chroniques si elles persistent plus de trois semaines, elles impliquent différents traitements et différentes étiologies ; soit aiguës si elles disparaissent avant trois semaines, ce sont souvent des adénopathies infectieuses traitées par antibiotiques.

 

Sur le plan topographique on peut distinguer les tuméfactions cervicales médianes et latérales.

 

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Les tuméfactions médianes

Localisation : entre mandibule et fourchette sternale (médiane et paramédiane).

Tumeur thyroïdienne

Examen clinique

  • Examen de la tumeur : souple ou dure, mobile à la déglutition ou fixée, douloureuse (infections) ou non (une tumeur fixée et non douloureuse est de très mauvais pronostic), goitre ou nodule.
  • Extension clinique : recherche d'adénopathie autour de la thyroïde, important pour un cancer surtout le ganglion sus-claviculaire gauche.

Recherche de signes de dysthyroïdie : exophtalmie, perte des sourcils, œdème.

Examens complémentaires

  • l'examen endolaryngé est systématique.
  • la fibroscopie permet d'apprécier la mobilité des cordes vocales ; exploration du nerf récurent laryngé (atteint en cas de cancer).
  • laryngoscopie indirecte avec miroir.
  • laryngoscopie directe sous anesthésie générale.
  • Bilan biologique T3, T4, TSH.
  • Echographie cervicale.
  • Scintigraphie au technétium et Scanner (TDM) cervical.
Résultats
  • un goitre diffus et une hyperthyroïdie sont les signes d'une maladie de Basedow.
  • un goitre diffus et hypothyroïdie signent une thyroïdite de Hashimoto ou thyroïdite subaiguë.
  • un nodule froid signe un cancer dans 10% des cas.
  • un nodule chaud signe d'un adénome.

Au moindre doute le traitement est chirurgical.

Kyste du tractus thyréoglosse

C'est un résidu d'embryogenèse.

L'examen clinique est médian ou paramédian. Présence d'une petite boule, mobile à la déglutition, souple et sphérique.

L'échographie est l'examen complémentaire de choix. Elle est systématique, pour écarter la possibilité d'une thyroïde qui n'a pas fini de migrer.

En cas d'infection le kyste devient douloureux et augmente de volume.

Le traitement est chirurgical.

Kystes et tumeurs du larynx

Les kystes et tumeurs du larynx sont rares. Elles correspondent à une extension d'un éventuel cancer ou une maladie congénitale bénigne. Le traitement est chirurgical.

Tuméfactions latérales

Différence d'étiologie et de prise en charge en fonction de l'âge de la personne. Pour un enfant il s'agit d'une malformation ou d'une tumeur bénigne. A 20 ans c'est le signe d'une hémopathie, un lymphome, une maladie d'Hodgkin ; en cas de doute, on pratique une cervicotomie. Chez la personne âgée c'est l'expression d'une adénopathie métastatique d'un cancer pharyngolaryngé.

Les adénopathies

Examen clinique

La palpation permet d'évaluer les caractéristiques de l'adénopathie : la mobilité ou la fixité (mauvais), douloureux (infection) ou non, souple ou dur, le nombre.

Il faut faire un schéma de la taille et de la localisation des ganglions en fonction des chaînes ganglionnaires

  • jugulo-carotidienne
  • rétro spinale
  • sous-mandibulaire
  • sus-claviculaire.........

Evoquer l'étiologie en fonction du contexte clinique

  • adénopathie métastatique si contexte alcoolo-tabagique.
  • hémopathie si sujet jeune.

Autres diagnostics possibles

  • tuberculose.
  • mononucléose infectieuse (test PBD).
  • maladie des griffes du chat (mycobactériologie).
  • tularémie (rare).
  • toxoplasmose (rétro spinale et douloureuse +++ = sérologie)
  • sarcoïdose (radio thoracique - prélèvement de l'adénopathie)
  • syphilis ; VIH
  • maladie de Hodgkin.
  • lymphomes non Hodgkiniens (LNH).
  • autres hémopathies

Conduite à tenir pour faire le diagnostic étiologique

Il faut effectuer un bilan biologique et sérologique à la recherche des différents virus et bactéries. Si tout est négatif on pratique une exérèse et un examen anatomopathologique

S'il s'agit d'un sujet âgé la recherche sérologique inutile. La laryngoscopie directe permet une meilleure vision et une bonne biopsie.

Les kystes embryonnaires du cou

Ils touchent l'enfant et correspondent à la persistance des arcs branchiaux :

  • possible communication avec le larynx ; accumulation de salive entraîne augmentation de volume rapide.
  • possible fermeture entrainant une infection.
  • kyste dermoïde (2ème arc).
  • kyste du 4eme arc (sous thyroïdien).

A l'examen clinique il est souple, sans fixation (bénins) à la palpation.

Lymphangiomes kystiques

Les lymphangiomes kystiques touchent l'enfant.

A l'examen clinique il est souple, la palpation est non douloureuse

Le scanner est l'examen complémentaire qui fait le diagnostic.

Traitement, conduite à tenir :

  • surveillance
  • chirurgie
  • sclérothérapie (injection de colle sclérosante)

Lithiase salivaire

La salive s'accumule dans le canal de Wharton et le canal de Sténon et provoque une augmentation de volume des glandes salivaires. « Quand je mange, ça gonfle ».

Le traitement est médical, ou chirurgical pour l'exérèse sous maxillaire ; plus délicat pour la parotide car risque de léser le VII et la veine jugulaire.

Tumeurs parotidiennes ou sous maxillaires

Si plus de trois semaines on pratique une exérèse.

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