Ainsi entendu, le ligament de Gimbernat revêt la forme d'un triangle, a base dirigée en dehors. Nous pouvons donc lui considérer : un sommet ; deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure ; trois bords, que l'on distingue en antérieur, postérieur et externe. Son sommet, constituant [3] la partie la plus interne du ligament, répond à l'épine du pubis, autrement dit, l'angle d'union de l'arcade crurale avec la crête pectinéale. Sa face supérieure ou abdominale regarde l'abdomen [4]. Sur elle s'étale, comme pour renforcer le ligament, un prolongement du fascia transversalis et un certain nombre de fibres provenant du ligament de Colles.
Elle répond aux viscères abdominaux. Sa face inferieure ou crurale regarde la cuisse. Elle repose sur la face antérieure du muscle [5] pectiné, à laquelle elle est unie seulement par une couche de tissu cellulaire tache, facile à enlever. Son bord antérieur répond à l'arcade crurale, dont le ligament de Gimbernat n'est que la continuation. Son bord postérieur s'étend depuis l'épine du pubis jusqu'à 15 ou 18 millimètres en dehors de cette épine. Il se fixe à la fois sur la crête pectinéale et sur l'aponévrose du pectiné. Son bord externe (base du ligament), libre, tranchant, affecte la forme d'un croissant dont la concavité est dirigée en dehors. Il forme le coté interne de l'anneau crural [6] a ce titre [7], il répond aux vaisseaux fémoraux et plus spécialement aux lymphatiques. Un ganglion [8], le ganglion de Cloquet, est à cheval sur ce bord.
Le ligament de Gimbernat, comme l'aponévrose du grand oblique, dont il n'est qu'une dépendance [9], est formé par une série de petites bandelettes tendineuses juxtaposées par leurs bords. Il est très dense, très résistant. Il nous présente parfois, principalement au voisinage de son bord externe, quelques éraillures à travers lesquelles peut s'échapper l'intestin [10] pour former hernie [11].