Dans quelques cas l'ischémie peut être généralisée à l'ensemble des viscères. Il s'agit toujours d'une insuffisance du débit cardiaque voire d'un arrêt cardiaque. Cette ischémie généralisée va d'abord retentir sur le cerveau et au-delà de 15 secondes entraine une perte de la conscience. Si elle dépasse 4 minutes, l'ischémie provoque des dégâts irréversibles dans le parenchyme [4] cérébral [5] et après 8 minutes la mort est inévitable.
Bien plus intéressantes sont les causes locales d'ischémie. Elles peuvent être dues à une obstruction de la circulation [6] artérielle, veineuse ou capillaire [7].
Elle peut être due soit à une thrombose [8] formée localement sur une plaque d'athérome [9], soit à une embolie [10] (Ex. : coeur [11], Poumon [12]). La fréquence [13] de ces deux mécanismes varie d'un organe à l'autre. Plus rarement, il s'agit d'un spasme [14] artériel par vasoconstriction. Il est possible qu'une volumineuse lésion athéromateuse entraîne une obstruction très importante de la lumière vasculaire [15] dans les artères de petit ou moyen calibre. Cela se voit en particulier dans les artères coronaires.
Plus rarement, l'obstruction artérielle peut être due à une cause extrinsèque, c'est-à-dire à une compression : par une tumeur ou un garrot. Un plâtre trop serré au niveau du membre supérieur peut entraîner une ischémie responsable d'un syndrome [16] de Volkmann. Il s'agit d'une nécrose [17] d'un muscle [18] squelettique [19] secondaire [20] à une occlusion [21] artérielle due soit au plâtre trop serré, soit à un hématome [22] (le plus souvent ces deux facteurs sont impliqués).
Un arrêt dans la circulation veineuse peut conduire à un engorgement des tissus drainés par les veines lésées. Cet engorgement peut être si intense qu'il entrave le flux sanguin et une ischémie peut en résulter. Cet arrêt de la circulation veineuse peut être dû à une thrombose [23] (thrombose veineuse mésentérique [24] conduisant à un infarcissement intestinal). Elle peut également être due à une compression, c'est le cas lorsqu'une hernie [25] s'étrangle. La compression du pédicule herniaire écrase la veine [26] qui est l'élément le plus déformable, entraînant ainsi une stase [27] puis un oedème [28] de l'anse herniée. Cette augmentation de pression va conduire à un arrêt de la circulation. Un mécanisme analogue survient dans le cas de volvulus où une anse grêle est transformée en une sorte de boudin turgescent et de teinte noirâtre. La torsion du testicule [29] chez l'enfant a les mêmes conséquences.
Elle est toujours due à un matériel essentiellement fibrineux et plaquettaire et témoigne le plus souvent d'un trouble grave de la coagulation [30]. Il s'agit alors d'une coagulation intra-vasculaire disséminée.