
En dehors de l'action des traitements, l'évolution d'ensemble des cancers de l'homme dépend de trois facteurs :
Ces trois protagonistes interviennent de manière très variable et de ce fait, il n'existe pas d'évolution stéréotypée.
De manière générale, les cancers sont des proliférations de cellules tumorales qui n'obéissent plus au mécanisme régulateur régissant la prolifération des cellules normales. Outre cette croissance incontrôlée, les cancers ont tendance à perdre leur cohésion géométrique et à essaimer à distance des colonies cellulaires ayant les mêmes propriétés. Croissance cellulaire et aptitude métastatique sont donc les caractères primordiaux des cancers.
Outre une armature fibreuse et des vaisseaux sanguins néoformes, la population cellulaire des tumeurs malignes comprend trois catégories :
- Le compartiment (M) de cellules en division active, c'est à dire se divisant en des intervalles réguliers. Le pourcentage de leur augmentation constitue le coefficient de prolifération.
- Le compartiment (Go) de cellules quiescentes c'est à dire ne se divisant pas, mais susceptibles de le faire.
- Le compartiment (ID) de cellules définitivement incapables de se diviser.
Un certain nombre de cellules disparaissent de la tumeur, soit parce qu'elles meurent ou desquament, soit pour former des métastases. Leur ensemble constitue les pertes cellulaires.
Lorsqu'il n'y a de pertes cellulaires, la croissance s'effectue sur un mode exponentiel. Sa représentation graphique est une droite en coordonnée semi-logarithmique. La population cellulaire double dans des intervalles de temps réguliers.
La perte cellulaire s'accroit avec le temps et le volume tumoral en raison des pressions exercées par 1'environnement sur les grosses tumeurs, et de l'ischémie vasculaire centrotumorale. En conséquence, la croissance ralentit et au niveau graphique, la droite se transforme en courbe. C'est la courbe de Gompertz.
La vitesse de croissance des tumeurs s'exprime par le temps de doublement tumoral (TDT). C'est le temps exprimé en jours nécessaire pour que la tumeur double de volume. Le temps de doublement dépend de trois facteurs :
Temps moyen de doublement des tumeurs humaines exprimé en jours :
| Tumeurs très proliférantes | TDT < 50 jours |
T. embryonnaires : 27 jours. Hémato-sarcomes : 29 jours. Sarcomes : 41 jours. |
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Tumeurs de prolifération moyenne |
50 <TDT <100 jours | Epithélioma épidermoïde : 82 jours. |
| Tumeur peu proliférante | Adénocarcinome : 166 jours. |
Elle caractérise les tumeurs malignes et survient environ dans la moitié du nombre total des cancers. Lorsqu'elles rencontrent un milieu aussi favorable que celui du cancer primitif, les métastases se développent selon le même rythme de croissance.
Sur une représentation graphique, elles sont représentées sous forme de droites décalées dans le temps.
L'organisme exerce des contraintes sur la croissance tumorale et en fait, celle-ci n'est que la traduction du rapport entre l'agressivité de la tumeur et la résistance du malade ou "hôte". Les moyens de résistance sont multiples : défenses immunitaires, action hormonale et de substances inhibitrices appelées chalones.
En thérapeutique humaine, il est primordial de stimuler les défenses naturelles et d'utiliser les facteurs inhibiteurs connus.