
De la formation d'un cancer à son éventuelle prise eu charge, ou peut décrire différentes phases.
Après la cancérogénèse, les divisions de cellules malignes aboutissent à des tumeurs de plus en plus volumineuses, mais insuffisantes pour être symptomatiques ou dépistables. La longueur de cette vie silencieuse est d'autant plus grande que le rythme de croissance est faible.
Dans cette phase, les métastases peuvent se produire ; elles croissent alors au même rythme que la tumeur primitive, ou à un rythme différent selon le milieu dans lequel elles s'arrêtent. Elles possèdent également leur seuil de diagnostic qui n'est pas obligatoirement le même que celui du cancer primitif.
L'avenir des cancéreux est conditionné par les événements de la phase préclinique, tant pour le rythme de croissance que l'existenee ou non de métastases infra-cliniques.
Plus on agit tôt dans la découverte des cancers, meilleures sont les chances de guérison. En effet, le traitement risque alors d'intervenir avant la production de métastases, et aussi, lorsqu'il s'adresse à de petites tumeurs, il est toujours plus facile et laisse moins de séquelles.
C'est le moment de l'histoire du cancer ou il devient perceptible soit :
Ce seuil volumétrique d'émergence est variable selon le siège du cancer et les organes atteints,
Une tumeur du revêtement cutané pouvant être dépistée à partir de quelques millimètres, a un seuil d'émergence très bas et est donc découverte tôt.
Par contre un cancer viscéral profond comme celui du rein qui est caché par le squelette et la paroi abdominale, est presque toujours volumineux au moment du diagnostic ; son seuil est élevé et le pronostic s'en ressent.
Un cancer de l'œsophage, survenant sur un conduit étroit, se manifeste plus rapidement qu'un cancer se développant dans le réservoir gastrique où sa présence est plus facilement tolérée.
Un cancer des voies excrétrices du rein se traduit vite par une hématurie ou des coliques néphrétiques alors qu'un néphro-épithéliome à volume égal n'a aucune traduction fonctionnelle.
C'est la partie observable de l'histoire des cancers ; elle comprend le moment du diagnostic st du bilan, le temps du traitement, l'évolution post-thérapeutique jusqu'à La guérison ou à la mort.
La tumeur primitive est devenue accessible aux moyens actuels de diagnostic. Le bilan pré-thérapeutique recherche l'existence de métastases lymphatiques ou à distances. Ainsi se trouvent séparées trois catégories de patients :
La maladie semble débuter par une adénopathie maligne, ou une métastase à distance. En fait, il existe un cancer primitif qu'il convient de rechercher. Cette precession du cancer primitif par l'émergence de l'adénopathie a deux explications possibles :
En dehors de très rares cas de guérison spontanée, l'évolution des cancers se fait vers la mort du malade(en dehors de tout traitement). La durée totale de cette évolution est très variable et dépend de l'évolutivité du néoplasme.
De manière schématique, on peut opposer deux types d'évolution :
Le fait de trouver une grande ou une petite tumeur n'influe pas forcément sur le pronostic. En effet, à volume égal, il peut s'agir d'une tumeur peu ou très évolutive.
Seule est objective l'augmentation de volume dans la même période de temps, ou temps de doublement tumoral. Cependant, il est rare, en carcinologie humaine, sauf par les métastases, que l'on puisse effectuer deux mesures "fiables" avec un intervalle de temps assez long (minimum un mois). Le délai pré-thérapeutique est le temps passé entre la découverte de la tumeur par le malade et la première consultation. Il pourrait constituer un indice de l'évolutivité si les malades étaient capables d'objectivité dans l'appréciation des volumes tumoraux. En fait, c'est rarement le cas.
Les traitements cancérologiques ont pour but l'éradication de la tumeur, c'est à dire la destruction des cellules tumorales. Si cet objectif se réalise, l'évolution est favorable. Mais le cancer est souvent une maladie à rebondissements, car il persiste des îlots néoplasiques résiduels qui sont la source de récidive. Enfin, un deuxième cancer est toujours possible si les conditions requises à son développement persistent. La surveillance des cancéreux traités est donc une nécessité
Le cancer primitif et éventuellement des métastases ganglionnaires proches ont été détruits par l'acte thérapeutique. L'éradication est complète. Le cancer est guéri et seul persiste le risque d'un deuxième néoplasme.
Il est possible, mais non prouvé que la guérison puisse être obtenue même s'il persiste des îlots métastatiques. En effet, si le nombre des cellules résiduelles est très faible, les défenses naturelles du malade pourraient les éradiquer dans un deuxième temps.
Le traitement laisse en place des cellules néoplasiques, soit par exérèse incomplète, soit par radiothérapie non éradicatrice. Ces cellules résiduelles croissent à nouveau au même rythme. Ce sont les récidives locales après traitement. En fait il s'agit d'une continuation d'évolution plus que d'une récidive véritable qui supposerait la maladie momentanément guérie.
Le traitement s'est adressé au cancer primitif seul et a négligé les aires ganglionnaires satellites qui ne paraissaient pas envahies. La maladie récidive sous forme d'adénopathies secondaires. La connaissance des métastases ganglionnaires infra-cliniques dans les cancers lymphophiles incite à traiter les voies lymphatiques, même lorsqu'elles paraissent indemnes (faux positif). Par exemple : évidement ganglionnaire du cou de principe dans les cancers de la langue ou du plancher de la bouche.
Après le traitement d'un cancer, des métastases à distance peuvent apparaître secondairement alors que le bilan pré-thérapeutique était négatif. L'intervalle; libre entre le primo-traitement et l'apparition de la métastase est variable et peu atteindre plusieurs années.
L'existence de ces foyers néoplasiques non décelables par les moyens actuels de diagnostic est la maladie résiduelle.
Les moyens thérapeutiques actuels ne peuvent éradiquer les cancers métastatiques. Le traitement sot palliatif et il a pour but, soit de soulager les malades par une action locale (chirurgie de propreté, irradiation antalgique), soit de ralentir l'évolution par destruction la plus complète possible de la masse tumorale (chimiothérapie). Sauf cas exceptionnels (chorio-épithéliome, tumeur de Burkitt), la destruction totale du tissu néoplasique n'est pas obtenue. Les cellules résiduelles reprennent leur croissance au même rythme entre chaque séance thérapeutique. L'évolution dépend alors du rapport entre le nombre de cellules cancéreuses détruites (volume détruit) et le nombre de cellules se reproduisant entre chaque séance (volume reproduit).