Branches musculaires externes du plexus cervical profond

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On compte six sortes de branches externes, ce sont : 1 le nerf du muscle Droit latéral ; 2 le nerf du muscle Sterno-mastoïdien; 3 les nerfs des muscles Scalènes ; 4  les nerfs du muscle Trapèze; 5 le nerf du muscle Angulaire ; 6 le nerf du muscle Rhomboïde.

 

1. Nerf du Droit latéral

Ce nerf très grêle nait sur l'apophyse transverse de l'atlas, de la première anse cervicale, et se dirige en dehors et un peu en haut pour aborder le muscle par sa face postérieure. Il traverse ainsi le petit espace cellulo-graisseux situé en avant de la courbe horizontale de l'artère vertébrale qu'il croise, en passant au-dessus d'elle.

II ne faut pas considérer le nerf du Droit latéral comme un nerf particulier. On sait, en effet, que le muscle droit latéral représente l’intertransversaire postérieur, et que chaque branche antérieure des nerfs rachidiens, en traversant l'espace intertransversaire, fournit un petit filet pour chacun des muscles qui limitent cet espace. Dans ces conditions, le nerf du Droit latéral serait le filet destiné à l’intertransversaire postérieur, et le filet de l'intertransversaire antérieur serait représenté par le nerf du Petit droit antérieur.

2. Nerf du Sterno-mastoïdien

Le nerf du Sterno-mastoïdien est fourni par un petit rameau qui se détache de l'anse de l'axis, et qui pénètre presque aussitôt dans ce muscle entre les faisceaux sterno- et cléido-occipitaux en décrivant une courbe dont la concavité regarde en haut et un peu en arrière. II se porte ainsi à la rencontre d'un rameau analogue émané de la branche externe du spinal. L'union de ces deux nerfs se fait tantôt à angle aigu, tantôt sous la forme d'une anse à concavité supérieure qui se trouve placée, le plus souvent, à l'union du tiers supérieur et du tiers moyen du sterno-mastoïdien.

2.1. Anse anastomotique avec le spinal.

Une question qui a préoccupé assez longtemps les anatomistes et les cliniciens, c’est l’étude de la part contributive du spinal et des nerfs cervicaux à l'innervation du sterno-mastoïdien. Elle fut résolue en 1858, au point de vue fonctionnel, par Claude Bernard, qui, après avoir sectionné la brandie externe du spinal, a constaté que le sterno-mastoîdien ne se contractait plus comme muscle de l'orientation et agissait seulement dans les inspirations profondes. Cl. Bernard en conclut que le plexus cervical ne fournissait au sterno-mastoïdien que des fibres respiratoires. Au point de vue anatomique, Bischoff (1832), Mayer, Valentin (184:3), ont décrit et figuré les anastomoses des deux nerfs à l'intérieur du muscle, et .Maubrac (Th. de Bordeaux, 1883), serrant de plus près le problème, a essayé d'établir la distribution nerveuse pour chacun des faisceaux du sterno-mastoïdien. Pour cet auteur, le spinal se place entre le cléido- et le sterno-mastoïdien, et rampe à la face postérieure du cléido- et du sterno-occipital, contre lesquels la branche cervicale, provenant uniquement de la 3ème  paire ou augmentée d'un filet de la 2ème paire rachidienne, vient s'anastomoser en une arcade d'où part un bouquet de fibrilles placées entre le sterno- et le cléido-mastoïdien. Chaque faisceau musculaire a ses filets nerveux particuliers : 1 Le cléido-mastoïdien reçoit des fibres venant directement du spinal, qui se détachent quelquefois au niveau de l'anastomose; 2 le sterno-mastoïdien est innervé par l'anastomose seule; 3 le cléido- et le sterno-occipital tirent, en général, leurs nerfs de l’anastomose ; dans certains cas, ils possèdent en outre des fibres venues directe- ment de la 3ème branche cervicale. -Nous avons souvent retrouvé la disposition décrite par Maubrac ; dans quelques cas spéciaux, il nous a été possible de disséquer l'anse anastomotique et de nous convaincre qu'en définitive chacune îles portions du sterno-mastoïdien reçoit une part sensiblement égale des fibres du spinal et des nerfs cervicaux. Les filets nerveux ne naissent pas exclusivement de l'anse, le rameau cervical en fournit quelques-uns avant de s'anastomoser avec la branche externe du spinal qui continue à donner quelques ramuscules au-delà de l’arcade anastomotique par le tronc qui se rend au trapèze. Les recherches récentes (16ème congrès allem. de méd. int. 1898) de Sternberg ne concordant pas avec les faits précédents. Pour cet auteur le sterno-mastoïdien reçoit ses fibres motrices uniquement du spinal, et les nerfs cervicaux fournissent seulement à ce muscle des fibres sensitives.

3. Nerfs des Scalènes

Le plexus cervical donne en général trois rameaux nerveux aux muscles scalènes. Le premier se détache de la 3ème branche antérieure et se perd dans les chefs d'insertion du scalène moyen aux apophyses transverses de l'axis et de la 3ème vertèbre cervicale. Les deux autres naissent de la 4ème branche cervicale à son point d’émergence entre les scalènes moyen et antérieur, de chaque côté de l'anastomose qui l’unit à la 5ème branche ; l'un filet antérieur, va innerver les faisceaux du scalène antérieur qui s'attachent aux 3ème et 4ème apophyses transverses, et l'autre, filet postérieur, aboutit aux faisceaux correspondants du scalène moyen.

4. Nerfs du Trapèze

Le trapèze, comme le sterno-mastoïdien, possède une double innervation, provenant du plexus cervical et de la branche externe du spinal; cette dernière se termine dans sa portion acromiale et sus-claviculaire. Aussi, la plupart des observations faites au sujet des nerfs du sterno-mastoïdien s'appliquent-elles à ceux du trapèze. Le nerf du trapèze tire son origine de la 3ème branche antérieure, et apparaît au-dessus de l’aponévrose moyenne, vers le sommet du triangle sus-claviculaire qu'il traverse obliquement de dedans en dehors et de haut en bas. Sa direction est parallèle à celle de la branche externe du spinal, les rameaux sus-acromiaux de la branche sus-claviculaire passent au-devant de lui et le croisent de dedans en dehors. Il pénètre ensuite sous le bord externe du trapèze, et s'anastomose avec le spinal. C'est de cette arcade anastomotique, quelquefois formée par un simple accolement de fibres, que partent les filets qui se distribuent dans le muscle. Le trapèze, d'après Sternberg, reçoit des filets moteurs du spinal et des nerfs cervicaux ; un cas de paralysie observé par cet auteur lui permet de confirmer l’hypothèse de Remak d'après laquelle la portion acromiale du trapèze est innervée par les branches cervicales.

5. Nerf de l'Angulaire

Ce nerf procède souvent d'une double origine et vient alors de la 3ème et la 4ème branche antérieure ; lorsqu'il nait d'un tronc unique, celui-ci se détache de la 3ème anse cervicale. Il traverse d'abord, accolé au scalène postérieur, la partie supérieure de la fosse sus-claviculaire, en restant toujours au-dessous du muscle omohyoïdien ; il passe ainsi sous le nerf du trapèze et sous la branche externe du spinal dont le sépare l'aponévrose cervicale moyenne, et il s'engage sous le bord externe du trapèze. Le nerf de l'angulaire décrit alors, pour aboutir à la région sus-scapulaire une anse qui embrasse le bord externe du scalène postérieur, derrière le lequel il pénètre, dans l'angulaire à une faible distance de son insertion à l’omoplate.

6. Nerf du Rhomboïde

La direction et les rapports de ce nerf sont à peu près les mêmes que pour le précédent, leur origine diffère quelquefois, car le plus souvent, le nerf du rhomboïde provient uniquement de la quatrième cervicale ou de l'anastomose qui unit celle-ci à la cinquième. Il chemine parallèlement au nerf de l'angulaire à quelques millimètres au-dessous de lui, affectant avec les organes voisins des relations identiques jusque dans la région sus-scapulaire. Là, il s'insinue entre le scalène postérieur et ‘angulaire dont il croise transversalement la face antérieure, et aborde le rhomboïde par son bord supérieur. Quelques filets se distribuent au petit rhomboïde ; d'autres, les plus nombreux, passent en écharpe en avant de ce faisceau musculaire, et se perdent dans la portion principale du muscle.

D’après Traité d’Anatomie humaine par P. Poirier.