Situé immédiatement en dehors de la ligne médiane, le grand droit de l'abdomen est un muscle ruban plus large et plus mince en haut qu'en bas, qui s'étend du pubis au sternum et aux cotes moyennes.
Il prend naissance, en bas, sur le corps du pubis, dans tout l'intervalle compris entre l'épine et l'angle. Cette insertion se fait a l'aide d'un tendon aplati et quadrilatère, large de 25 a 30 millimètres, d'une hauteur a peu près égale qui se fixe exactement sur la lèvre antérieure du bord supérieur du pubis, souvent même (surtout quand le pyramidal n'existe pas) sur sa face antérieure. Il est ordinairement divisé en deux languettes, dont l'externe est toujours plus large et plus importante que l'interne.
Du bord supérieur du tendon pubien, les fibres constitutives du muscle grand droit se portent de bas en haut, les internes verticalement, les externes en obliquant un peu en dehors, et forment par leur ensemble un faisceau aplati, qui s'élargit graduellement au fur et à mesure qu'il s'élève. Arrive au thorax, il se divise en trois languettes terminales, qui viennent se fixer : la languette externe, la plus large des trois, sur le bord inférieur du cartilage costal de la cinquième cote; la languette moyenne, sur le bord inférieur du cartilage de la sixième; la languette interne, sur le bord inférieur du cartilage de la septième cote et sur le ligament costo-xiphoïdien, quelquefois même sur l'appendice xiphoïde lui-même.
Le muscle droit de l'abdomen est interrompu, de distance en distance, par des coupures ou intersections aponévrotiques, dont le seul caractère constant est l'irrégularité. On en compte généralement trois ou quatre une au niveau de l'ombilic, deux au-dessus et une au-dessous. Du reste, elles peuvent occuper toute la largeur du muscle ou une partie seulement, être rectilignes ou en zigzag, affecter une direction transversale ou une direction plus ou moins oblique. Homologues des cotes, les intersections aponévrotiques du grand droit tout comme les intersections analogues que l'on rencontre au cou sur le sterno-hyoïdien et le sterno-thyroïdien, doivent être considérées comme les représentants, dans le voisinage de la ligne médiane antérieure, des coupures transversales du corps humain (métamérie), coupures qui sont marquées en arrière par les articulations des vertèbres entre elles, sue les côtés par les côtes et, en avant, par les articulations réciproques des différentes pièces sternales.
Le grand droit de l'abdomen est renfermé dans une gaine fibreuse très résistante, que lui forment, les aponévroses d'insertion des trois muscles, grand oblique, petit oblique et transverse.
Par l'intermédiaire de cette gaine, la face antérieure du grand droit répond au muscle pyramidal et a la peau.
Sa face postérieure est en rapport avec le fascia transversalis, le tissu cellulaire sous-péritonéal, le péritoine et les viscères abdominaux. C'est encore sur la face postérieure du muscle grand droit, mais dans l'intérieur de sa gaine, que cheminent et s'anastomosent deux artères importantes l'une ascendante, l'artère épigastrique l'autre descendante, l'artère mammaire interne.
Son bord externe répond à l'angle de réunion des deux lames, qui constituent sa gaine fibreuse. Son bord interne est séparé de celui du coté opposé par un raphé fibreux, appelé ligne blanche.
Dans l'intérieur même de sa gaine, le muscle grand droit présente, avec les parois de cette gaine des rapports importants.
Le muscle grand droit de l'abdomen est innervé a sa partie supérieure et moyenne, par les six ou sept derniers nerfs intercostaux et a sa partie inférieure, par les deux nerfs abdomino-génitaux, branches collatérales du plexus lombaire.
Ce muscle, prenant son point, fixe sur le pubis, abaisse les cotes et fléchit le thorax sur le bassin : il est donc expirateur et fléchisseur du thorax.
Exceptionnellement, il prend son point fixe sur les côtes et fléchit alors le bassin sur le thorax.
Le muscle grand droit décrit, chez le plus grand nombre de sujets, un trajet curviligne a concavité dirigée en arrière- La contraction, redressant cette courbure, a pour résultat de comprimer les viscères et de favoriser ainsi l'expulsion des urines (miction), des matières fécales (défécation), du contenu de t'estomac (vomissement), du contenu de l'utérus (parturition).
La duplicité du muscle est signalée. Le muscle grand droit peut s'étendre, sur le thorax, jusqu'a la quatrième côte (disposition qui est loin d être rare), jusqu'a la troisième, jusqu'à la deuxième, jusqu'à la clavicule. Le grand droit atteint normalement la première côte chez un grand nombre de singes, notamment chez le papion et chez le magol.
On a confondu, selon nous, sous ce nom générique de muscle supra costal des bandelettes musculaires fort variables dans leur forme, leur étendue, leur signification anatomique et réunies par un seul caractère commun celui de reposer directement sur les cottes dans la région antérolatérale du thorax. En tenant compte avant tout des homologies de ces muscles surnuméraires, nous croyons qu'il convient de les diviser en trois groupes distincts et d'admettre
.des muscles supra-costaux provenant de l'extension aux premières cotes du muscle droit de l'abdomen.
.des muscles supra costaux reproduisant chez l'homme, le petit muscle sterno-costal des mammifères.
.des muscles supra-costaux, se rattachant manifestement au système des muscles scalènes.
Le pyramidal de l'abdomen, est un petit muscle, aplati et allongé, situé de chaque coté de la ligne médiane, a la partie antérieure et inférieure de l'abdomen, immédiatement en avant du grand droit. Il revêt, comme son nom l'indique, la forme d'un triangle, dont la base est dirigée en bas, le sommet en haut.
Ce muscle s'insère, en bas, au-devant du pubis, entre la symphyse et l'épine. Cette insertion, qui mesure, suivant les cas, 2 ou 3 centimètres de largeur sur 3 ou 5 millimètres d'épaisseur, se fait par de courtes fibres tendineuses.
Du corps du pubis, le pyramidal se porte en haut et en dedans, en se rétrécissant graduellement, et vient se terminer, par une extrémité effilée, sur la ligne blanche, en un point qui est également distant de la symphyse pubienne et de l'ombilic. Cette insertion supérieure du muscle se fait a l'aide d'une série de petites languettes tendineuses, qui se détachent de son bord interne, dans toute l'étendue de son tiers supérieur, et se fixent, presque immédiatement après, sur la face latérale de la ligne blanche.
Le pyramidal est contenu dans ta gaine du grand droit. Sa face postérieure repose sur ce muscle, dont il n'est sépare que par une simple lame fibreuse ou conjonctive, extrêmement mince. Sa face antérieure est, au contraire, séparée de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané par un plan fibreux très résistant, qui n'est autre que le feuillet antérieur de la gaine du muscle grand droit. A sa partie tout inférieure, cette face est croisée obliquement par le pilier interne du canal inguinal et, en dehors de lui, par le cordon inguinal lui-même.
Il est innerve, en haut par le dernier ou par les deux derniers nerfs intercostaux ; et bas par les deux derniers nerfs abdomino-génitaux branches du plexus lombaire.
Le pyramidal représente chez l'homme, a un état d'atrophie considérable, un muscle que l'on trouve très développé chez les didelphiens : il s'attache en haut, chez quelques espèces jusque sur le thorax, et se fixe, en bas sur l'os marsupial, qu'il rapproche de la ligne médiane. Le pyramidal de l'abdomen, n'est donc chez nous qu'un organe rudimentaire, et comme tel il n'a aucune fonction active. Je n'ai jamais compris, le rôle que lui attribue certains auteurs de tendre la ligne blanche : car je vois pas dans quelles circonstances, la ligne blanche aurait réellement besoin d'être tendue.
Le muscle pyramidal est excessivement variable, comme tous les organes rudimentaires. Il peut manquer d'un seul coté ou des deux cotés à la fois : son absence constitue une disposition normale chez certains mammifères. Par contre on a observé, trois et même quatre pyramidaux. On l'a vu s'insérer au-dessous de son point ordinaire, tout près du pubis, au dessus de ce point, dans le voisinage de l'ombilic et même sur l'ombilic. On a même vu le pyramidal présenter, comme le grand droit une insertion aponévrotique.
D'après Traité d'anatomie humaine L. Testut.


Rien n’est la proie de la mort, tout est la proie de la vie
-- Antoine Béchamp